Du 13 au 29 mars 2021


23e Printemps des poètes,


Le Désir



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« Une force irrépressible » :


Figures du désir en Grèce,

« Pour les Grecs, rappelle Jean Rudhardt, « l’amour touche au divin…. La passion et l’aventure amoureuse sont vécus comme un produit d’activités divines… Plus encore, l’amour peut donner à l’homme le sentiment de participer à la vie divine du cosmos et à ses rythmes ».

Dans le domaine de la passion amoureuse, plusieurs divinités œuvrent. En premier lieu, Aphrodite, déesse de la beauté, de l’amour, de la fécondité, née suivant La Théogonie d’Hésiode, de la semence d’Ouranos, jetée par son fils Kronos dans l’ Océan.

Chez Homère, la déesse est la fille de Zeus et de Dionè. Aphrodite ne préside pas seulement à l’amour physique. La tendresse, philotès, fait partie de son domaine. A ses côtés, œuvre Eros, né après la déesse de Chypre et considéré comme son fils, suivant une des traditions mythologiques les plus courantes. Eros incarne le Désir dans toute sa force et sa violence. Il est « le dieu qui me brise, me tourmente de nouveau, amer et doux », confesse Sappho, la grande poétesse de Lesbos. L’impitoyable dieu est représenté sous les traits d’un bel adolescent ailé aux formes graciles ou d’un enfant potelé, au visage souriant.

Dans le cortège d’Aphrodite et d’Eros, figurent également deux allégories : Himéros, la Langueur amoureuse et Pothos, l’aiguillon du Désir. Une statue gréco-romaine abritée à la Galerie des Offices a été interprétée comme une représentation inhabituelle de Pothos. Le fragment d’une pièce perdue de Sophocle, met l’accent sur la puissance des attributions de la déesse, née suivant un récit mythologique, à Chypre.

Odile CAVALIER,

Conservateur du musée Calvet

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Art romain,

Début de l’impériale,

Musée Des Offices, Florence, Italie,

Sculpture,

Marbre grec,

179 cm (hauteur),

Inv. 1914 no 165.


« L’amour ô doux enfants, n’est pas rien que l’Amour

On l’adore partout sous mille noms divers.

Il est la Mort, il est la Force impérissable,

Et la Démence, et le Désir inguérissable.

Il est la Plainte. Il est activé et calme,

Et violence…Et en tout lieu dans l’univers,

L’âme vivante et respirante le reçoit

Et se soumet, aussi bien le poisson qui erre

Dans l’océan, que le quadrupède sur terre ;

Pour les oiseaux et pour la bête carnassière,

Pour l’homme, pour les dieux immortels, il est Loi.

Quel lutteur devant lui a mordu la poussière,

Fût-il divin ? S’il est permis, comme il se doit,

De dire ce qui est, il dompte Zeus lui-même,

Sans se servir de glaive. A chaque stratagème

De l’homme, à chaque plan des dieux, il fait échec,

Et Cypris règne seule… »


(Sophocle dans Stobée, Florilège, 63,6).


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Expositions, conférences, lectures : une bonne vingtaine de rendez-vous est programmée à Avignon pendant le mois de mars, pour le "Printemps des poètes".



Le coup d'envoi de la manifestation a été donné samedi depuis le Palais des Papes, par des lectures enregistrées par la comédienne Marina Hands.

Le Printemps des poètes éclot à Avignon, avec 21 événements programmés jusqu'au 29 mars.

Le coup d'envoi a été donné à Avignon samedi 13 mars, par la marraine de l'édition 2021, Marina Hands. La comédienne a enregistré des lectures dans le Palais des Papes. Elle parle de désir, puisque c'est le thème du Printemps des poètes, cette année : désir de l'autre, mais aussi - en ces temps de crise - désir d'art, de liberté et de retrouvailles.

Les amoureux des beaux mots ont l'embarras du choix pour goûter leur plaisir : il y a des rendez-vous partout en ville :

• sur la place du Palais des Papes, avec des affiches reprenant les phrases du Conseil municipal des enfants

• à l'hôtel de ville, avec une exposition de l'artiste Sophie Mangin

• à la Maison de la poésie - rue Figuière avec un cycle de conférences et de rencontres

• au centre social de la Croix des Oiseaux et dans toutes les médiathèques intra et extra-muros.

Vous trouverez tout le programme sur le site de la mairie d'Avignon.

« Je ne me suis jamais trompée de désir »

Marina Hands de la Comédie-Française dit La Langue d’Anna de Bernard Noël (Éditions P.O.L).

Palais des Papes et Cour d’honneur.

Un court métrage de Priscilla Telmon et Mathieu Moon Saura.

Sur une idée de Sophie Nauleau.

« Va, je ne te hais point ! »

Court métrage poétique de Priscilla Telmon et Mathieu Moon Saura.

Avec Gérard Philipe & Marina Hands de la Comédie-Française.

Et la voix de Silvia Monfort aux premières répliques de Chimène.

Dans une mise en scène du Cid de Pierre Corneille par Jean Vilar.

Direction musicale de Maurice Jarre.

Palais des Papes.

« Les Animaux malades de la peste »

Fable de Jean de la Fontaine par Marina Hands de la Comédie-Française.

Avec la participation amicale de Miki.

Cloître Benoît XII / Palais des Papes.

Un court métrage de Priscilla Telmon et Mathieu Moon Saura.

« Ligne de Vie »

Une ascension poétique menée par Stéphanie Bodet et Antoine le Ménestrel à l’aplomb du puits de la cour d’honneur dénudée des gradins du festival, par la façade sud et sa célèbre loggia de l’indulgence.

Palais des Papes.

Un court métrage de Priscilla Telmon et Mathieu Moon Saura. Sur une idée de Sophie Nauleau.

Notre Planète #8


Haute mer



Découvrez la beauté naturelle de notre planète et examinez comment le changement climatique affecte toutes les créatures vivantes.

Aventurez-vous dans les océans profonds, sombres et désolés qui abritent une abondance de belles et étranges créatures.



Notre Planète #7


Les Forêts



Découvrez la beauté naturelle de notre planète et examinez comment le changement climatique affecte toutes les créatures vivantes.

Examiner la fragile interdépendance qui existe entre la grande variété de résidents des forêts, y compris les pygargues à tête blanche, les chiens de chasse et les tigres de Sibérie.

Notre Planète #6


L'Eau douce



Découvrez la beauté naturelle de notre planète et examinez comment le changement climatique affecte toutes les créatures vivantes.

Le besoin d’eau douce est plus fort que jamais. Cependant, l’approvisionnement devient de plus en plus imprévisible pour toutes sortes d’espèces.

Notre Planète #5


Des Déserts aux prairies



Découvrez la beauté naturelle de notre planète et examinez comment le changement climatique affecte toutes les créatures vivantes.

Les caméras suivent les éléphants du désert à la recherche de nourriture, les bisons parcourant les prairies nord-américaines et les chenilles vivant sous terre.

Notre Planète #4


Les Mers côtières



Découvrez la beauté naturelle de notre planète et examinez comment le changement climatique affecte toutes les créatures vivantes.

Des requins redoutables aux petits oursins, 90% des créatures marines vivent dans les eaux côtières. La protection de ces habitats est une bataille que l’humanité doit gagner.

Visite de l'exposition


Matisse Centre Pompidou



En attendant sa réouverture, découvrez en exclusivité l'exposition « Matisse, comme un roman » !



Suivez avec Aurélie Verdier, commissaire de l’exposition, un parcours qui célèbre le 150ème anniversaire de cet immense artiste moderne, à travers dix œuvres phares, choisies parmi les 230 œuvres et 70 documents et archives présentés.


L’Autoportrait peint par l’artiste en 1906, l’emblématique Blouse roumaine (1940), ou encore le grand papier découpé La Tristesse du roi (1952) jalonnent ce parcours retraçant la trajectoire de Matisse sur plus de cinq décennies.

Notre Planète #3


La Jungle



Découvrez la beauté naturelle de notre planète et examinez comment le changement climatique affecte toutes les créatures vivantes.

Les jungles et les forêts tropicales abritent une incroyable variété d’espèces comme les oiseaux reproducteurs, les orangs-outans intelligents et les fourmis remarquablement ambitieuses.

Notre Planète #2


Les Mondes gelés



Découvrez la beauté naturelle de notre planète et examinez comment le changement climatique affecte toutes les créatures vivantes.

Sur la frontière impitoyable du changement climatique, les ours polaires, les morses, les phoques et les manchots trouvent leurs Edens glacés en péril.

Notre Planète #1



Découvrez la beauté naturelle de notre planète et examinez comment le changement climatique affecte toutes les créatures vivantes.

Assistez à la diversité à couper le souffle de la planète, des oiseaux de mer en train de bombarder l’océan aux gnous fuyant les chiens sauvages du Serengeti.



Visite exclusive de l'exposition "Picasso Baigneuses et baigneurs"



Musée des Beaux-Arts de Lyon


Initialement programmée jusqu’au 3 janvier 2021, l’exposition n'a pu rouvrir ses portes au public.



Sylvie Ramond, directeur du musée, vous invite à une visite de l’exposition qu'elle a conçue autour du thème de la baigneuse dans l’œuvre de Picasso.



Au plus près du travail de l’artiste au gré d’une déambulation entre peintures, dessins, sculptures, photos et archives, elle partage avec vous ses coups de cœur au gré de la carrière et de la vie de Picasso.


Des artistes du passé aux créations les plus contemporaines inspirées par le maître, la figure de Picasso et sa fascination d’homme et d’artiste pour la plage et la figure de la baigneuse prennent vie au gré de ce parcours.


Bonne visite !



L'once ou panthère des neiges

La panthère des neiges vit recluse dans les montagnes, il est donc très difficile de l'observer. Récemment des images exceptionnelles ont été filmées de cet animal que l'on appelle le "fantôme des montagnes".


Extrait de l'émission : Les secrets de la vie sauvage, monde perdus, une émission diffusée sur la chaîne Nat Géo Wild.



L'ourson polaire

Cette petite oursonne est née il y a deux mois. C'est la première fois qu'elle pointe le nez hors du terrier et fait ses premiers pas. Extrait du documentaire "Bébés du froid" réalisé par Lucinda Axelsson et diffusé sur France 5.



Petits contes d'hiver


Le festin de la comtesse

Connaissez-vous l'histoire du festin de la comtesse ? Suivez-nous au cœur des collections de peintures du Louvre et laissez-vous conter l'invention d'un délicieux petit gâteau...



Le renard polaire

Ce petit renard polaire doit très vite apprendre à survivre seul. Extrait du documentaire "Le voyage de la vie - Vers l'indépendance", réalisé par Ian Gray et diffusé sur France 5 (production BBC).

L'extraordinaire photographe animalier Vincent Munier

Capable de tisser un lien entre l’homme et le vivant, Vincent nous transmet avec une subtilité toute particulière ses émotions les plus intimes. Mais le pape de la photographie animalière en est convaincu : montrer la beauté ne suffit plus.


C’est un choc, une sorte de révolution culturelle que nous devons désormais opérer si nous voulons préserver – pour ne pas dire sauver - le monde que nous laisserons à nos enfants.

Dans la taïga, sur les traces

du tigre de l'amour

Dans le froid glacial de la taïga, aux confins de la Chine, vit le puissant tigre de Sibérie, le plus grand de son espèce. Grâce à un programme étatique de protection, sa population, autrefois décimée par la chasse, compte aujourd’hui quelque 560 individus...



Le grand félin reste néanmoins en danger, les espèces dont il se nourrit, comme les sangliers, étant elles-mêmes menacées par la déforestation. Certains tigres affamés pénètrent dans les villages, avec des conséquences parfois dramatiques.


GEO Reportage a suivi le biologiste Alexander Batalow, qui se consacre à la défense du félin depuis trois décennies.


ARTE, Reportage de Galina Kirsunowa

(Allemagne, 2018, 44mn)

Seul(e) au musée


Visitez des musées prestigieux

depuis chez vous

Des conservateurs et conservatrices nous ouvrent les portes de leurs prestigieux musées et nous invitent à une visite privée. Une proposition en ligne pour se consoler de la fermeture des musées.



Installez-vous sur votre canapé et découvrez les œuvres suivantes et leur histoire :


"La Fiancée juive" de Rembrandt,


"Vue de Delft" de Johannes Vermeer,


"Fritza Riedler" de Gustav Klimt,


"Autoportrait avec des fruits de lampion" d'Egon Schiele,


"Autoportrait aux pinceaux" d'Ottilie W. Roederstein,


Les "Méta-Matics" de Jean Tinguely,


"Cercles mouvementés" de Sophie Taeuber-Arp,


"Woman Power" de Maria Lassnig.


Néandertal :



Le mystère de la grotte de Bruniquel

Sur le sol de la grotte découverte en 1990 près du village de Bruniquel, des centaines de stalagmites brisées, comportant, pour certaines, des traces de feu, ont été agencées en cercles par l’homme de Néandertal. Quel en est le sens ? De quand datent-ils précisément ?



Enquête sur une découverte archéologique majeure en cours de recherche qui bouleverse notre vision de l’homme de Néandertal.

En 1990, dans les gorges de l’Aveyron, un adolescent passionné de spéléologie, Bruno Kowalczewski, découvre une grotte près du village de Bruniquel.


Après avoir creusé pendant trois ans pour se ménager un passage depuis un minuscule orifice, il débouche à 350 mètres de l’entrée, dans une spacieuse cavité recelant un trésor archéologique.


Sur le sol, des centaines de stalagmites brisées, comportant, pour certaines, des traces de feu, ont été agencées en cercles par l’homme de Néandertal, comme le prouve une datation par le carbone 14 à au moins - 47 000 ans. Quelle signification revêtent ces anneaux de calcaire ? De quand datent-ils précisément ?


Par peur d’endommager les vestiges, les fouilles sont arrêtées à la fin des années 1990, laissant ces questions sans réponse.


Cercle de pierre


À partir de 2014, accompagné pendant quatre ans par le réalisateur Luc-Henri Fage, qui signe une passionnante enquête aux images souterraines époustouflantes, une nouvelle équipe, avec à sa tête la paléoclimatologue Sophie Verheyden, le préhistorien et archéologue Jacques Jaubert et le spécialiste du climat Dominique Genty, relance les recherches.


Grâce à la méthode actuelle de l’uranium-thorium, des prélèvements de calcite sont datés de - 176 500 ans, révélant que la construction humaine est l’une des plus anciennes jamais découvertes sous terre.


Ce cercle de pierre est étonnamment complexe. Comment a-t-il été construit et à quoi servait-il ? Récit d'une découverte qui apporte des éléments nouveaux sur les capacités de Néandertal.


Néandertal : le mystère de la grotte de Bruniquel Documentaire de Luc-Henri Fage (France, 2019, 54mn).


La zoothèque de

la Grande Galerie de l'Évolution

La zoothèque du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris accueille près de 8 millions de spécimens dans un espace souterrain aux dimensions aussi importantes que celles de l’exposition permanente de la Grande Galerie de l’Évolution.


Des milliers d’oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, poissons et autres invertébrés marins des collections du Muséum y sont entreposés.


L’hygrométrie et la luminosité sont contrôlées attentivement, et la température est maintenue à une température constante de 16 °C pour assurer une conservation optimale de ces précieux spécimens.



Les Indes galantes,

opéra ballet

de Jean-Philippe Rameau

Œuvre phare du siècle des Lumières, Les Indes galantes s’apparente à un éblouissant divertissement.



Mais le premier opéra ballet de Rameau témoigne également du regard ambigu que l’Européen pose sur l’Autre – Turc, Inca, Persan, Sauvage…



En 2017, le réalisateur Clément Cogitore signe un film explosif et très remarqué, adaptant un extrait des Indes galantes avec le concours de danseurs de Krump.


Avec la chorégraphe Bintou Dembélé, il s’empare cette fois de cette machine à enchanter dans son intégralité pour le réinscrire dans un espace urbain et politique dont il interroge les frontières.


Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau, du 27 septembre au 15 octobre 2019 à l’Opéra Bastille.


Avec : Sabine Devieilhe, Julie Fuchs, Stanislas de Barbeyrac, Florian Sempey, Edwin Crossley-Mercer, Alexandre Duhamel, Jodie Devos, Mathias Vidal


Orchestre Cappella Mediterranea, Chœur de chambre de Namur Maîtrise des Hauts-de-Seine / Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris.


Les danseurs de la Compagnie Rualité


Mise en scène de Clément Cogitore


Chorégraphie de Bintou Dembélé


Direction musicale de Leonardo García Alarcón


Casse-Noisette


Conte symphonique illustré

Revisitez l’histoire magique de Casse-Noisette dans cette production vidéo alliant narration, illustrations et musique symphonique !

Laissez-vous emporter par l’histoire de Clara, Fritz et l’Oncle Drosselmeyer. Envolez-vous en famille vers le Royaume des délices et le Palais enchanté de Confiturenbourg. Magie et féérie seront au rendez-vous !


Raconté par Widemir Normil, ce conte de Noël est mis en image par Richard Vallerand, illustrateur de Québec, et dirigé par la cheffe invitée Mélanie Léonard. Des extraits musicaux de la Suite de Casse-Noisette de Tchaïkovski ont été soigneusement sélectionnés pour s’arrimer à l’action du conte adapté et mis en scène par Bertrand Alain.


Piotr Ilitch Tchaïkovski, Casse-Noisette, extraits du ballet opus 71.


Infos : www.osq.org

Grande Galerie de l’Evolution


du Muséum national d'Histoire naturelle

Lieu emblématique du Muséum national d'Histoire naturelle, la Grande Galerie de l'Évolution regroupe 7 000 spécimens plus vrais que nature. La Grande Galerie de l'Évolution est située dans le Jardin des Plantes (Paris).



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Une exposition… prémonitoire !

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Galien et nous

L’exposition Au temps de Galien, un médecin grec dans l’Empire romain, organisée à Mariemont au cours du second semestre 2018, était non seulement une « première mondiale » – la première jamais réalisée mettant en scène l’illustre praticien de Pergame (Fig. 1) – mais elle se révèle à présent prémonitoire !

En effet, lorsque je guidais les visiteurs dans le parcours de l’exposition, j’introduisais souvent la section consacrée à la peste galénique en rappelant que « les pires ennemis de l’humanité, et les plus méconnus, ont toujours été les virus ». Et je développais ensuite, avec cartes, inscriptions et documents originaux à l’appui, ce qu’avait représenté, pour Galien et ses contemporains, la redoutable épidémie de variole (diagnostic le plus vraisemblable) qui a déferlé sur l’Empire romain, en plusieurs vagues, à partir de 166 après J.-C.

Je ne reprendrai pas ici toutes les données connues sur ce fléau (loimos, en grec) qui a indéniablement affaibli l’Empire et je renvoie avec insistance au chapitre écrit par Danielle Gourevitch dans le catalogue Au temps de Galien (Paris-Mariemont, 2018) : « La marche de la peste galénique, un souffle mauvais ! », p. 169-174 et p. 317, ainsi qu’à l’ouvrage du même auteur, brillante synthèse sur le sujet, Limos kai loimos, A Study of the Galenic plague, Paris, 2013.

Mais je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement, au-delà des siècles, avec ce qu’ont dû affronter les populations méditerranéennes et européennes de la fin du 2e siècle de notre ère et notre situation actuelle, en soulignant à la fois quelques points communs et quelques différences.

- Le coronavirus est lui aussi venu de contrées lointaines, orientales (fig. 2), transmis non plus par les légions, mais plutôt par les hordes de touristes ! La large échelle (sinon la mondialisation) des circuits économiques était déjà d’actualité sous l’Empire romain. Les mégalopoles étaient un terreau favorable à l’épidémie.

- Le caractère inconnu de la maladie inquiète le monde médical, comme il perturbait aussi Galien et ses confrères.

- La recherche d’un remède adéquat et efficace est un enjeu majeur, mais nous sommes désormais conscients que les fumigations de laurier, la thériaque et le bon lait de Stabies ne suffiront pas ! Seul un vaccin viendra à bout de l’épidémie, ce que nous savons à présent depuis qu’Edward Jenner (1749-1823) a compris le mécanisme de l’immunisation par la vaccination en 1796 (pour un autographe d’Edward Jenner conservé à Mariemont, voir le catalogue Au temps de Galien, p. 354). Espérons que les adversaires de la vaccination se rendront mieux compte désormais combien elle nous protège tous d’épidémies désastreuses et incontrôlables.

- Mieux équipé, mieux protégé (enfin on l’espère) que leur antique prédécesseur, tout le personnel soignant est mobilisé et tente de secourir et de soulager, ce que faisait aussi Galien. Mais la contagion était un phénomène peu compris dans l’Antiquité, qui la conçoit plutôt comme un « nuage » toxique. En réalité, il convient d’éviter les contacts avec l’infection et nos mesures de confinement strict sont incontournables pour diminuer la propagation du virus.

- Dans les pays riches, les ressources alimentaires restent disponibles et la famine liée au déséquilibre socio-économique ne nous menace pas, comme ce fut le cas lors de la pestilence antonine. Mais qu’en sera-t-il dans les pays pauvres du globe ?

- L’inquiétude générale est assez palpable et renforcée par nos médias. Elle est universelle face à la maladie. Comme dans l’Antiquité aussi, mais aujourd’hui sur internet (!), des charlatans en profitent pour faire fortune en vendant de faux remèdes, de dangereuses illusions et des amulettes diverses, supposées écarter le mal.

Face aux circonstances actuelles, prenons donc la mesure de ce qui nous rend l’Antiquité si proche et si vivante, mais aussi des progrès accomplis qui nous en éloignent et qui ont été forgés peu à peu, au cours du temps, par tous leurs successeurs. Nous viendrons à bout de ce nouveau fléau.

Ah, si Galien nous voyait ! Sans aucun doute, il en écrirait un nouveau traité…


Annie Verbanck-Piérard


A. Verbanck-Piérard, V. Boudon, D. Gourevitch (éds.),

Au temps de Galien. Un médecin grec dans l'Empire romain, Paris-Mariemont, 2018.

Fig. 2 : Carte épidémique de l’Empire romain, 165 ap. J.C.

- D. Gourevitch et S. Verbanck.

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