Dans les coulisses du Roure

A l'approche de Noël, un événement très attendu se prépare...

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C'est le cycle calendal !

Cette année, le Palais du Roure propose une crèche originale accompagnée de la traditionnelle table des treize desserts. C'est en partenariat avec l'association L'Estello d'Avignoun, et notamment Jean-Victor Moureau, que sont érigés les décors qui accueilleront les petits personnages de la crèche.

Les santons proviennent d'une grande famille de Félibres avignonnais, les Aubanel. Ils prendront place dans la majestueuse chambre au plafond, au milieu des nombreux portraits de la famille Baroncelli, propriétaire de la demeure pendant cinq siècles.

Suivez le montage de la crèche 2020 pas à pas, de quoi vous donner l'eau à la bouche avant son ouverture au public.


(Crédits photographiques : D. Pacaut, J-V. Moureau)

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Lecture rourienne #4

En ces temps de confinement, le Palais du Roure vous propose quelques pistes de lecture autour de son exposition Folco de Baroncelli (1869-1943), le poème d’une vie (1). Aujourd’hui, nous vous présentons une nouvelle pleine de fraîcheur où la Camargue vient rencontrer Avignon.

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Babali,

Auteur : Folco de Baroncelli

Editeur : Edition J. Roumanille, Avignon

Année : 1890

Nombre de pages : 54

Langue : bilingue français-provençal

Rééditions en 1910 (Roumanille), 1910 (Lemerre), 2004 (L’aucèu libre), 2018 (C. Lacour)

Aujourd’hui, nous vous présentons une nouvelle pleine de fraîcheur où la Camargue vient rencontrer Avignon.

Résumé :

A Avignon au XIXe siècle, une histoire d’amour pleine d’un charme naïf, entre une brosseuse d’indiennes de la rue des Teinturiers et un gardian de Camargue.


Commentaire :

L’ouvrage, très court, est très intéressant en ce qu’il présente déjà toutes les préoccupations futures de Folco de Baroncelli, bien qu’il s’agisse de son premier ouvrage, écrit à 19 ans : l’on y rencontre Avignon et la Camargue, mêlés dans un amour commun, les chevaux et les taureaux qui l’ensorcellent déjà, des descriptions charnelles d’Avignon et des coutumes provençales ; Folco y déplore le temps qui passe et la « modernisation » qui nivelle tout et efface les coutumes.

Cette nouvelle a révélé Folco aux yeux du Maître, Mistral, qui le connaissait depuis peu, et qui décida peu après de donner à cet amoureux fou de la langue provençale les rênes de L’Aiòli, ce journal intégralement en lengo nostro édité au Palais du Roure de 1891 à 1899.

Un petit livre fondateur.


Où se procurer le livre ?

Auprès de l’éditeur L’aucèu libre (réédition de 2004) : lauceulibre@gmail.com / +33 (0)6 23 53 25 32 / http://lauceulibre.com/node/7

Prix hors frais de port : 7,50€

Reproduction numérique par Gallica disponible sur : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9342869


(1) Folco de Baroncelli, descendant des Baroncelli qui construisirent le Palais du Roure au XVe s. et s’y maintinrent jusqu’à sa génération, est un personnage incontournable de la culture provençale. Tôt épris de sa culture et de sa langue, il s’installa en Camargue à 26 ans (1895) et s’y fit éleveur de chevaux et taureaux. Il devint le protecteur, le transmetteur et parfois l’inventeur de la Camargue, qui lui doit tout de son image positive actuelle et l’essentiel de sa préservation.

Lengo nostro #3

Une petite série hebdomadaire qui vous propose de découvrir la richesse et la beauté de la langue provençale.

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Banasto, banastarié et banastado…


Les Avignonnais connaissent bien la rue de la Banasterie, où se trouvent l’ancienne prison et la chapelle des Pénitents noirs, ainsi nommée parce que la corporation des vanniers (BANASTIÉ) y était installée, côté Rhône. La BANASTO désigne une grande corbeille d’osier ou un bât de bête de somme, ce qui correspond, dans la langue française, au mot banne. Il semblerait que l’origine du mot soit gauloise. On trouve le mot banastre (augmentatif) dans le français médiéval, par exemple, dans le Roman de Renard (« Et de paniers et de banastres / Et de corbeilles et de vans », v. 28619). Le mot BANASTO, je l’ai souvent entendu prononcer par une vieille amie avignonnaise, qui pouvait dire gentiment de l’un : « Il est sot comme une banasto », ou à une autre : « Mais, tu n’as rien compris, banasto ! » Elle disait aussi « il a versé la banasto » pour parler de quelqu’un qui avait, enfin, exprimé tout ce qu’il avait sur le cœur. Dans son dictionnaire, Frédéric Mistral donne quelques expressions utilisant ce mot : Brula banasto, « changer de vie » (littéralement : brûler la corbeille) ; Chausi sus la banasto, « trier sur le volet » (littéralement : choisir le dessus du panier) ; Sèmblo toumba di banasto, « on dirait qu’il tombe des nues », Noun poudènt tabassa l’ase, pico sur li banasto, « ne pouvant atteindre l’un, il frappe sur l’autre » (ne pouvant frapper l’âne, il tape sur les bannes) ; A estudia souto uno banasto, « se dit d’une personne ignare » ; Quau a fa ‘no banasto, pòu bèn faire un banastoun, « qui peut le plus, peut le moins » (qui a fait une grande corbeille peut bien faire un petit panier). Une des choses qui font la richesse de la langue provençale, c’est sa grande souplesse pour créer des familles de mots. Ainsi, BANASTEJA est le verbe qui décrit l’action de transporter quelque chose dans des bannes, à dos d’âne ou de mulet ; une BANASTASSO sera bien sûr une grosse banne, et un BANASTOUN, une petite (mais attention, quand on parle d’un vièi banastoun, il peut s’agir d’une insulte pour une « vieille coquette » !). Et puisqu’une banasto n’a semble-t-il pas beaucoup de jugeote, une banastado peut être soit le contenu d’une banne, soit… une sottise. Enfin, le verbe EMBANASTA signifie « mettre dans une banne, dans des paniers ; suspendre des paniers au bât d’une bête de somme », « embâter », et, par un logique glissement de sens, « (se) charger d’un fardeau » ou « (s’)embarrasser ». De-là on comprendra que dire s’embanasta ’mé quaucun pour « se marier » revient à parler avec bien peu d’enthousiasme de cette belle institution…


Céline Magrini,

Docteur ès lettres, spécialiste de littérature provençale

Who's who ? du Petit Palais # 9

À la découverte des personnages du musée du Petit Palais : sainte Catherine d’Alexandrie, celle qui mis en déroute les cinquante plus grands savants de son temps

Et si nous mettions à profit le temps de cette pause inédite pour partir à la rencontre des éminents personnages qui peuplent les peintures et sculptures du musée du Petit Palais ? C'est ce que nous vous proposons avec cette série « Who's who ? du Petit Palais».


Nom : Catherine d’Alexandrie

Né à Alexandrie vers 294, morte à Alexandrie vers 312

Signes distinctifs :

Vêtements royaux, Catherine était fille de roi

Roue hérissée de piquants et épée, les instruments de ses martyres successifs

Palme, symbole de sa qualité de martyre

Signe bonus :

Anneau, car elle se considérait comme fiancée au Christ

Livre, symbole de sa grande érudition

À la découverte des personnages du musée du Petit Palais : sainte Catherine d’Alexandrie, celle qui mis en déroute les cinquante plus grands savants de son temps

Et si nous mettions à profit le temps de cette pause inédite pour partir à la rencontre des éminents personnages qui peuplent les peintures et sculptures du musée du Petit Palais ? C'est ce que nous vous proposons avec cette série « Who's who ? du Petit Palais».


Nom : Catherine d’Alexandrie

Né à Alexandrie vers 294, morte à Alexandrie vers 312

Signes distinctifs :

Vêtements royaux, Catherine était fille de roi

Roue hérissée de piquants et épée, les instruments de ses martyres successifs

Palme, symbole de sa qualité de martyre

Signe bonus :

Anneau, car elle se considérait comme fiancée au Christ

Livre, symbole de sa grande érudition

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Sainte Catherine d’Alexandrie,

Josse Lieferinxe.

Musée du Petit Palais,

dépôt de la Fondation Calvet,

Calvet 22648.


Crédit photo : Philippe Lepeltier – L’œil et la mémoire

Fille d’un roi et élevée dans la foi chrétienne, Catherine reçut une éducation soignée qui permit à son intelligence de s’épanouir. Elle protesta auprès de l’empereur Maximin qui entendait faire renier aux chrétiens d’Alexandrie leur foi et lui tint tête avec tant de sagesse et d’aplomb que l’empereur impressionné, la fit mener dans son palais. Sa beauté ne gâchait évidemment rien…

N’arrivant pas à réfuter les arguments de la jeune fille quant à sa croyance en un Dieu unique, l’empereur convoqua à Alexandrie tout ce que l’empire comptait de plus éloquent, de plus sage, de plus savant. Ces cinquante éminents personnages furent invités à raisonner la jeune fille. Le combat semblait inégal. Et pourtant à bout d’arguments, ils n’eurent d’autre alternative que d’embrasser la foi chrétienne. De dépit, l’empereur les fit brûler.

Mais l’empereur nourrissait d’autres projets pour Catherine et il lui proposa par trois fois de devenir sa seconde épouse.

Au premier refus, elle fut jetée en prison et privée de nourriture. Secourue par des anges, elle convertit ceux qui l’approchaient dans sa geôle : l’impératrice et le général des armées, qui entraîna à sa suite deux cents de ses soldats. Ils seront exécutés à leur tour.

Au deuxième refus, l’empereur décida de faire de son supplice un exemple édifiant pour tous les chrétiens : elle sera attachée à quatre roues hérissées de piquants qui broieront et déchiquèteront ses membres. Une intervention divine détruisit l’instrument de ce supplice.

Au troisième refus, l’empereur choisit une méthode plus simple et fit décapiter Catherine.

Très répandue en Orient, la dévotion à sainte Catherine se développa en Occident à la faveur des Croisades. Elle devient rapidement une sainte très populaire. L’existence historique de sainte Catherine d’Alexandrie n’est cependant pas assurée et sa légende a peut-être été forgée d’après la vie de la philosophe grecque Hypathie qui vécut au IVe siècle.


Marie Mayot,

adjointe à la directrice du musée du Petit Palais

Voyageurs et résidents célèbres

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Rome, vers 1740- 1760

Le colonel John Hay, comte d’Inverness

Médaillon en marbre,

Don à la Fondation Calvet 1818,

Musée Calvet, inv.'N 146


Ce médaillon, à la facture soignée, provient de l’ancienne église paroissiale Saint- Geniès, à Avignon, rebâtie par l’architecte Jean-Baptiste Franque, le constructeur de l’hôtel de Villeneuve- Martignan, actuel musée Calvet.

Il ressuscite une page importante de l’histoire britannique, la lutte menée en vain par les partisans de l’Old Pretender, le vieux Prétendant, Jacques Stuart (1686-1766), catholique, reconnu comme roi d’Angleterre, sous le nom de Jacques III par Louis XIV en 1703.

Après l’insurrection jacobite de 1715, le Prétendant, sous le nom du chevalier de Saint Georges, prit le chemin de l’exil et résida à Avignon jusqu’à son départ pour Rome en 1716.

Le médaillon représente un de ses plus fidèles partisans, le colonel John Hay (1691- 1740), comte d’Inverness qui suivit Jacques Stuart en France. Installé à Avignon en 1731, il s’installa dans l’hôtel d’Ancezune et demeura dans la cité papale jusqu’à sa disparition brutale.

Lord Inverness était chevalier de l’ordre du chardon et la plaque de l’ordre figure en bonne place sur sa cuirasse. Le monument funéraire auquel cette œuvre se rattache avait été commandé par l’épouse de John Hay, Marjory Murray, fille du vicomte Stormont. Lady Inverness demeura à Avignon jusqu’à sa disparition, survenue en 1766.

A une date indéterminée, Esprit Calvet mit la main sur la collection de médailles qui avait été constituée par feu son époux et lui venait en partie de Jacques III.

Odile Cavalier,

Conservateur en chef du Musée Calvet

Lecture rourienne # 3

En ces temps de confinement, le Palais du Roure vous propose quelques pistes de lecture autour de son exposition Folco de Baroncelli (1869-1943), le poème d’une vie(1).

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Ici le titre de votre article

Sous la Tiare d’Avignon : récits papalins et camarguais

Auteur : Folco de Baroncelli

Editeur : Bibliophiles du Roure, Avignon

Année : 1935

Nombre de pages : 169

Langue : bilingue français-provençal

Réédité récemment en deux volumes :

Racounte avignounen (Souto la Tiaro de Avignoun), récits papalins, L’aucèu libre, 2006.

Racounte camarguen, récits camarguais, L’aucèu libre, 2003.

Aujourd’hui, nous vous suggérons un livre très sensible, comme toujours lorsqu’il s’agit d’écrits de Folco de Baroncelli : Souto la Tiaro d’Avignoun/Sous la Tiare d’Avignon : récits papalins et camarguais​



Résumé :

Le livre rassemble différents courts récits, liés aux préoccupations de Folco de Baroncelli : la Provence, la Camargue, leur culture, une anecdote, le Félibrige, des souvenirs d’enfance, etc.


Commentaire :

Très joliment écrit. Folco de Baroncelli s’y livre avec sa sensibilité naturelle. Les chapitres de souvenirs sont spécialement intéressants, nous donnant mille détails, toujours imagés, chatoyants, touchants.


Où se procurer le livre ?

Racounte avignounen (réédition partielle de 2006) auprès de l’éditeur L’aucèu libre : lauceulibre@gmail.com / +33 (0)6 23 53 25 32 / http://lauceulibre.com/node/7

Prix hors frais de port : 12€

Edition complète ou Racounte camarguen : sur les sites de vente par correspondance.


(1)  Folco de Baroncelli, descendant des Baroncelli qui construisirent le Palais du Roure au XVe s. et s’y maintinrent jusqu’à sa génération, est un personnage incontournable de la culture provençale. Tôt épris de sa culture et de sa langue, il s’installa en Camargue à 26 ans (1895) et s’y fit éleveur de chevaux et taureaux. Il devint le protecteur, le transmetteur et parfois l’inventeur de la Camargue, qui lui doit tout de son image positive actuelle et l’essentiel de sa préservation.

Lengo Nostro # 2

Une petite série hebdomadaire qui vous propose de découvrir la richesse et la beauté de la langue provençale.

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Interdiction de « bader »


Si Jean de la Fontaine écrivait de nos jours la fable des Animaux malades de la peste, nul doute que les braves bêtes en leur conclave ne crieraient plus « haro sur le baudet », mais bien sûr « haro sur le badaud ». Et s’ils le faisaient en provençal, ils auraient doublement raison, puisque dans notre langue, le BADAU est non seulement un flâneur, personnage aujourd’hui moins coté qu’un incendiaire, mais aussi quelqu’un, circonstance aggravante, qui garde la bouche ouverte (bée), pour ne pas dire qu’il baie aux corneilles : bado à la luno ou bado à la figo. Le mot français badaud est un emprunt au provençal. Dans les deux langues, il a aussi le sens de naïf ou nigaud ; on le trouve déjà chez Rabelais avec cette signification, tant il est vrai que rester la bouche ouverte donne rarement l’air intelligent. On fera bien sûr la différence entre le gros bêta, BADALAS, et le jeune naïf, BADALET. Une BADALADO est donc une ânerie, et le BADALIGE, un véritable fléau. Ces mots (et il y en a d’autres) sont formés sur le verbe BADA, signifiant, comme son équivalent français bayer (et non bâiller, encore moins bailler !) : rester bouche bée. En provençal, cette définition ouvre un grand éventail de significations dérivées : contempler, envier, regarder avec étonnement, s’ébahir, s’extasier, rester à ne rien faire, ouvrir la bouche pour parler et même crier, ou au contraire écouter passivement et en silence… On peut utiliser ce verbe pour parler d’une mère éperdue d’admiration devant son pichoun (ve coume lou bado !), d’un téléspectateur devant le journal de 20 heures (BADAIRE), ou du cuir d’une chaussure se séparant lamentablement de la semelle (BADANTO)… Pour revenir au BADAU, Frédéric Mistral signale que l’an badau désigne la première année de mariage… ; et par ailleurs il mentionne que ce vocable est « le sobriquet des gens de Faucon, de Cairane, de Lauris (Vaucluse), de Tarascon, du Paradou (Bouches-du-Rhône), du Bourg-Saint-Andéol (Ardèche), qui du reste l’ont en commun avec les Parisiens. »


Céline Magrini, Docteur ès lettres,

spécialiste de littérature provençale​

Sites remarquables 7

Avignon Antique

La voie romaine Agrippa


Cette voie romaine a été créée par Agrippa en 22 avant J.-C. Elle prenait la direction de la ville d’Arles au sud et d’Orange et de Lyon au nord. La Via Agrippa sortait de la cité, au sud, par une porte située au niveau de la rue des Trois Faucons et prenait la direction de Monclar. Au nord, la voie devait sortir de la ville au niveau de la Porte Saint-Lazare.

A l’époque romaine, les nécropoles se situaient près des voies. Des éléments de sépultures ont été mis au jour près du couvent des Célestins, sur le site de la Cité administrative, le cours Jean Jaurès, la rue Saint Michel et le boulevard Saint Michel.

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Tracé de la Via Agrippa


(CARRU Dominique, Le Rhône à Avignon. Données archéologiques dans Gallia, Tome 56, 1999, p. 109-120)

Sources : CARRU Dominique, TALLAH Linda : Vaucluse – Avignon, Carpentras, Cavaillon, 84-4, Carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2015 ; CARRU Dominique : Le Rhône à Avignon. Données archéologiques dans Gallia, Tome 56, 1999, p. 109-120.

Sites remarquables 6

Avignon Antique

Les quartiers résidentiels

Les exemples de la rue Laboureur et de la rue Grivolas


De nombreuses découvertes archéologiques permettent de préciser la localisation des quartiers résidentiels à l’époque romaine. De riches habitations prenaient place dans ces secteurs périphériques de la ville dès le Ier siècle après J.-C.

Rue Laboureur, une habitation a été mise au jour comprenant trois salles avec sol de ciment blanc, sol de terre damée et une grande pièce avec pavement de plaquettes de marbre blanc.

Les fouilles réalisées rue Grivolas ont permis la découverte d’une riche habitation aux murs recouverts d’enduits peints et au sol décoré de mosaïques. Une galerie à pavés de marbre a été identifiée ainsi qu’une zone qui était probablement destinée à un jardin.

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Mosaïque de la maison gallo-romaine de la rue Grivolas (Cliché D. Carru, C. Markiewicz)

Sources : CARRU Dominique, TALLAH Linda : Vaucluse – Avignon, Carpentras, Cavaillon, 84-4, Carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2015.



Sites remarquables 5

Avignon Antique

Rue Racine et secteur de l'église Saint Agricol


En 1975 ont débuté les travaux de construction de l’annexe de la mairie de la Ville d’Avignon. Lors du creusement de la zone située près du mur nord de l’église Saint Agricol, les vestiges d’une construction gallo-romaine ont été mis au jour. La longueur de ce bâtiment a pu être estimée à près de 120 m de long. Cette construction constitue le portique sud du forum et l’étude des dépotoirs des tranchées de fondation suggère une datation de l’époque de Tibère. Il est possible, aujourd’hui, de voir une partie de ces vestiges rue Racine.

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Vestiges de la place de la Principale (Cliché Service d’archéologie du département de Vaucluse)

Sources : CARRU Dominique, TALLAH Linda : Vaucluse – Avignon, Carpentras, Cavaillon, 84-4, Carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2015.

Sites remarquables 4

Avignon Antique

Place de la Principale


Les fouilles archéologiques réalisées au niveau de la place de la Principale ont montré l’existence d’un complexe monumental important de près de 2600 m2.

Les vestiges découverts ont permis de mettre en évidence l’existence d’un espace ouvert, bordé d’une galerie double à l’est et au nord d’une construction entourée d’un sol dallé avec un grand bassin. Au niveau de la chapelle des Pénitents Blancs, les vestiges d’un bâtiment ont été mis au jour, certainement les thermes.

Il est possible que cet ensemble architectural soit né afin de créer un second centre qui serait devenu le nouveau forum ou une extension du forum de la ville notamment pour se rapprocher de la voie Agrippa.

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Chantier de fouilles archéologiques de la rue Racine (Cliché Photothèque Ville d’Avignon)

Sources : COLLECTIF : Histoire d’Avignon, Edisud, 1979 ; CARRU Dominique, TALLAH Linda : Vaucluse – Avignon, Carpentras, Cavaillon, 84-4, Carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2015.

Who's who ? du Petit Palais # 8

À la découverte des personnages du musée du Petit Palais : le bienheureux Pierre de Luxembourg, mort en odeur de sainteté à 17 ans.

Et si nous mettions à profit le temps de cette pause inédite pour partir à la rencontre des éminents personnages qui peuplent les peintures et sculptures du musée du Petit Palais ? C'est ce que nous vous proposons avec cette série « Who's who ? du Petit Palais».


Nom : Pierre de Luxembourg

Né à Ligny-en-Barrois le 20 juillet 1369, mort à Villeneuve-lès-Avignon le 5 juillet 1387

Signes distinctifs : les représentations de Pierre de Luxembourg portant l’habit cardinalice rouge insistent sur la jeunesse du personnage.

Signe bonus : gratifié de nombreuses extases où le Christ lui apparaît, Pierre de Luxembourg est souvent montré en prière devant un crucifix.

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La vision du bienheureux Pierre de Luxembourg,

Peintre provençal anonyme.

Musée du Petit Palais,

Calvet 3, d

épôt de la Fondation Calvet.


Crédit photo : Philippe Lepeltier – L’œil et la mémoire

Issu d’une maison de l’ancienne chevalerie de la Lorraine, Pierre de Luxembourg devint orphelin très tôt. On le destina alors à l’Eglise et il fut envoyé à Paris en 1377 pour y commencer ses études. En remerciement du soutien que sa famille lui accorda pendant le Grand Schisme d’Occident, le pape Clément VII (1378-1394) le nomma évêque de Metz en 1384 - il avait alors 15 ans – puis cardinal en 1386. Pierre de Luxembourg s’installa alors à la cour pontificale d’Avignon. Il y poursuivit alors la une vie ascétique faite de jeûne et de pénitence produisant un contraste saisissant avec le faste qui règnait à la cour pontificale. Pierre de Luxembourg marqua également les esprits par les aumônes généreuses qu’il distribuait aux pauvres avignonnais. Les nombreuses extases dont il fut gratifié étaient également connue du public et il jouissait d’une grande popularité.

Epuisé par les privations, il mourut à l’âge de 17 ans et selon son souhait fut enterré au cimetière des pauvres de la ville (emplacement de l’actuelle place des Corps Saints). La foule qui le considérait déjà comme un saint se pressa pour assister à ses funérailles et la rumeur des miracles qui se produisaient sur sa tombe continua d’attirer de nombreux fidèles. Son procès en canonisation débuta en 1390 mais fut interrompu par la mort de Clément VII. Il sera finalement simplement béatifié, c’est-à-dire déclaré bienheureux, en 1527.

En 1389, une chapelle provisoire en bois fut édifiée au-dessus de la tombe du saint mais très vite, l’engouement pour ce pèlerinage et la gloire du personnage encouragea le roi de France et le pape à envisager une construction plus ambitieuse ; ce sera le couvent des Célestins dont la première pierre fut posée en 1395. En parallèle de cette construction, une chapelle en pierre fut construite à l’emplacement de la chapelle provisoire en bois. Par ses deux travées au nord construites en 1425, elle est adossée à la chapelle de Tous les Saints ou chapelle Saint-Michel (toujours en place) et par les deux travées supplémentaires érigées au sud en 1449, elle est jointe au transept de l’église des Célestins. Il ne reste rien aujourd’hui du riche décor de cette chapelle, l’occupation militaire du XIXe ayant profondément bouleversé les lieux.


Marie Mayot, adjointe à la directrice

du musée du Petit Palais

Who's who ? du Petit Palais # 7

À la découverte des personnages du musée du Petit Palais : Saint Catherine de Sienne, première femme Docteur de l’Eglise

Et si nous mettions à profit le temps de cette pause inédite pour partir à la rencontre des éminents personnages qui peuplent les peintures et sculptures du musée du Petit Palais ? C'est ce que nous vous proposons avec cette série « Who's who ? du Petit Palais».


Nom de naissance : Catherine Benincasa

Nom d'usage : Catherine de Sienne

Née à Sienne en 1347, morte à Rome en 1380

Signes distinctifs :

Habit blanc à manteau bleu foncé de l’ordre des Dominicains

Lys symbolisant la virginité de la sainte qui fit vœu de chasteté vers l’âge de 7 ans

Crucifix rappelant les fréquentes apparitions du Christ à la sainte

Livre évoquant les nombreux et influents écrits de la sainte

Signe bonus :

Couronne d’épines

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Sainte Catherine de Sienne,

Carlo Crivelli.

Musée du Petit Palais,

M.I. 495,

dépôt du Musée du Louvre.


Crédit photo : Philippe Lepeltier – L’œil et la mémoire

Très tôt et contre l’avis de sa famille, Catherine décida de se consacrer à Dieu et entra dans les ordres sous l’habit des Sœurs de la Pénitence de saint Dominique à l’âge de 17 ans. Elle n’avait pas attendu son ordination pour mener une vie très ascétique marquée par le jeûne, les privations de sommeil, pour se consacrer à la prière, et les pénitences. Catherine était connue pour ses nombreuses expériences mystiques : elle relate en effet plusieurs visions et apparitions du Christ qui l’entretient de religion. Au cours d’une de ces extases, le Christ lui remit un anneau faisant d’elle son épouse en Dieu : cet épisode, souvent représenté par les peintres, est appelé le mariage mystique de saint Catherine.

C’est également en partie au cours de ses extases qu’elle dicte des traités de théologie dont l’importance est telle qu’elle sera la première femme reconnue Docteur de l’Eglise (en 1970 certes).

Préoccupée par le sort de l’Eglise dans cette période troublée qu’est la fin du XIVe siècle, elle s’investit progressivement dans les affaires publiques. En 1376, elle accompagne une délégation florentine à la cour pontificale avignonnaise. Là, elle use de l’influence qu’elle a acquise sur le pape Grégoire XI pour le convaincre de retourner à Rome, ce qu’il entreprendra la même année. Elle effectuera ensuite de nombreuses missions au service de la cause pontificale et aura une intense activité épistolaire au moment du Grand Schisme d’Occident (période de division de la chrétienté entre Rome et Avignon de 1378 à 1417) pour convaincre ses interlocuteurs de supporter le pape romain et de se détourner du pape avignonnais.

Elle meurt à l’âge de 33 ans, épuisée.

Sa courte vie aura néanmoins un retentissement important : canonisée des 1461 (ce qui est plutôt rapide pour un procès en canonisation), elle devient la patronne de Rome en 1866 puis de l’Italie en 1939 et enfin Docteur de l’Eglise en 1970.


Marie Mayot, adjointe à la directrice

du musée du Petit Palais

Lecture rourienne #2

En ces temps de confinement, le Palais du Roure vous propose quelques pistes de lecture autour de son exposition Folco de Baroncelli (1869-1943), le poème d’une vie (1).

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Folco de Baroncelli

Auteur : Henriette Dibon


Editeur : Editions Bene, Nîmes


Année : 1982


Nombre de pages : 432


Langue : français

Aujourd’hui, nous vous invitons à (re)découvrir la principale biographie sur Folco de Baroncelli : Folco de Baroncelli, par Henriette Dibon.

Résumé :

Biographie générale de Folco de Baroncelli, le père de la Camargue, à la vie riche et complexe et aux réalisations durables.

Commentaire :

Certainement le meilleur ouvrage à ce jour sur Folco de Baroncelli. L’auteur l’a parfaitement connu et écrit dans une langue fluide et agréable. Le livre est précis et fouillé sans être compliqué. Il nous fait rentrer non seulement dans les réalisations de l’homme, mais dans son intimité, ses tourments intérieurs. Surtout, l’auteur sait comprendre et expliquer l’esprit et les motivations du « Marquis ».

Le livre souffre bien entendu quelques légères limites. Si l’auteur donne ses sources principales, elle ne les cite pas en note auprès de chaque fait, ce qui gêne un peu le lecteur s’il est historien ; mais si l’on connaît le sujet, l’on se rend compte combien ce qui est écrit est exact et bien interprété. Henriette Dibon entre peu dans quelques rares sujets encore trop sensibles à l’époque où elle écrit. Elle le fait cependant consciemment, estimant que le temps n’est pas encore venu et que ces sujets n’empêchent pas de comprendre l’essentiel de la vie, de l’œuvre et de l’esprit du Marquis, ce qui est exact.



Où se procurer le livre ?

http://www.alasardbautezar.com/catalogue.html#fond-jouveau

Prix hors frais de port : 25€


(1) Folco de Baroncelli, descendant des Baroncelli qui construisirent le Palais du Roure au XVe s. et s’y maintinrent jusqu’à sa génération, est un personnage incontournable de la culture provençale. Tôt épris de sa culture et de sa langue, il s’installa en Camargue à 26 ans (1895) et s’y fit éleveur de chevaux et taureaux. Il devint le protecteur, le transmetteur et parfois l’inventeur de la Camargue, qui lui doit tout de son image positive actuelle et l’essentiel de sa préservation.

Sites remarquables 3

Avignon Antique

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Arcades des rues Petite Fusterie et Grande Fusterie se développant de l’église Saint Agricol à la Porte Eyguière Détail du plan d’Avignon au XIIe siècle (Cliché M. Daspet, Histoire d’Avignon, Edisud, 1979, p. 59)

Rue Petite fusterie et rue Saint Etienne


L’espace du forum gallo-romain était ouvert sur le Rhône, vers l’ouest, et était soutenu par un mur de soutènement, doublé d’une rangée d’arcades qui formaient une longue galerie en bordure du fleuve.

Des vestiges de celles-ci sont visibles à la descente de l’escalier rue Saint-Etienne. Le reste de ces arcades sont dissimulées dans les maçonneries des habitations, côté pair de la rue de la Petite Fusterie et dans les bâtiments de la rue des Grottes.

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Arceaux de la rue Saint Etienne

(Clichés Service d’archéologie du département de Vaucluse)

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Sources : GIRARD Joseph : Evocation du Vieil Avignon, Les Editions de Minuit, 1958 ; COLLECTIF : Histoire d’Avignon, Edisud, 1979 ; CARRU Dominique, TALLAH Linda : Vaucluse – Avignon, Carpentras, Cavaillon, 84-4, Carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2015.

Lecture rourienne #1

En ces temps de confinement, le Palais du Roure vous propose quelques pistes de lecture autour de son exposition Folco de Baroncelli (1869-1943), le poème d’une vie (1).

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L’invention de la Camargue

ou la véritable histoire du légendaire Folco de Baroncelli


Réalisateur : Vincent Froehly


Producteur : Supermouche productions


Année : 2017


Durée : 52 minutes


Langue : français

Pour introduire le sujet, cependant, nous vous invitons à visionner tout d’abord un documentaire : L’invention de la Camargue ou la véritable histoire du légendaire Folco de Baroncelli.

Résumé :

Une présentation assez complète de Folco de Baroncelli, essentiellement axée sur son œuvre principale : le sauvetage de la Camargue et de ses traditions.

Commentaire :

Le réalisateur s’était très bien documenté, notamment au Palais du Roure, dans une démarche d’historien, s’attachant aux sources et à la compréhension du personnage et des faits, évitant de plaquer des points de vue préfabriqués. Le fond est ainsi essentiellement fiable, faisant de ce documentaire une bonne introduction au personnage.

Le titre « l’invention » de la Camargue est volontairement un peu provocateur : le réalisateur avait conscience que le terme était une outrance, la Camargue et beaucoup de ses traditions préexistant à Folco de Baroncelli. Mais cette terre lui doit néanmoins l’essentiel de sa préservation naturelle et culturelle, ainsi que le changement complet de son image auprès du grand public : Folco de Baroncelli a en effet su faire partager sa vision poétique de cette terre sauvage.


Où se procurer le DVD ?

-Jusqu’au 30 avril, vous pouvez le commander auprès du Palais du Roure (renseignements au 07.63.72.79.01.)

-Au-delà, renseignez-vous auprès du producteur pour savoir si son service d’expédition fonctionne (renseignements : https://supermouche.fr/contact/)

Prix hors frais de port : 12€

Who's who ? du Petit Palais #6

À la découverte des personnages du musée du Petit Palais : Saint Jacques, patron des pèlerins et matamore

Et si nous mettions à profit le temps de cette pause inédite pour partir à la rencontre des éminents personnages qui peuplent les peintures et sculptures du musée du Petit Palais ? C'est ce que nous vous proposons avec cette série « Who's who ? du Petit Palais».


Nom de naissance : Jacques de Zébédée

Nom d'usage : Jacques le Majeur (pour le distinguer d’un autre apôtre lui aussi prénommé Jacques et surnommé le Mineur)

Signes distinctifs :

• Il est habillé comme un pèlerin médiéval : bourdon (bâton), besace, calebasse (gourde), grande cape, chapeau à large bord.

• Une iconographie qui se répand à partir du XVIe siècle le représente monté sur un cheval blanc et brandissant une épée : on l’appelle alors le Tueur de Maures ou Matamore. Cette iconographie évoque l’intervention miraculeuse du saint qui mena à la victoire les Chrétiens d’Espagne contre l’armée de l’Emir de Cordoue au IXe siècle.

Signe bonus :

• La coquille saint-jacques : insigne du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle

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Saint Jacques,

Musée, du Petit Palais,

D.95,

dépôt du Palais des Papes.


Statuette provenant du décor du tombeau du cardinal Philippe de Cabassole à la Chartreuse de Bonpas, après 1372


Crédit photo : Caroline Mertens


Comme Pierre (voir Who’s who 5), Jacques était un simple pêcheur des bords du lac de Tibériade. Le Nouveau Testament le présente comme l’un des premiers et des plus proches disciples de Jésus ; il trouva la mort en même temps que Pierre.

Cependant bien des légendes entourent ce saint. La plus fameuse d’entre elles est à l’origine de l’un des pèlerinages les plus courus du Moyen Âge et de la construction de la cathédrale Saint-Jacques de Compostelle. En effet, d’après des textes tardifs, Jacques serait parti évangéliser l’Espagne après la mort du Christ. De retour en Galilée, il fut exécuté mais ses compagnons placèrent sa dépouille dans une embarcation qui franchit la mer Méditerranée puis le Détroit de Gibraltar pour échouer enfin sur les côtes de Galice où le saint fut inhumé. Ce tombeau fut découvert au IXe siècle par un ermite guidé par une pluie d’étoiles. Le lieu de découverte du tombeau fut alors nommé Campus Stellarum (champ d’étoiles). Voilà l’origine légendaire du nom de la ville qui s’établira autour du tombeau du saint, Compostelle. Rapidement se développa autour de ce tombeau un pèlerinage qui attira et continue d’attirer des pèlerins de l’Europe entière surnommés les jacquets. Avec Rome et Jérusalem, Saint-Jacques de Compostelle était l’un des trois pèlerinages majeurs de la Chrétienté.


Marie Mayot, adjointe à la directrice

du musée du Petit Palais