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Monument du Jardin du Rocher des Doms en l’honneur de Félix Gras,

Ce monument a été édifié en l'honneur de Félix Gras, poète de langue provençale et capoulié du Félibrige.

Ce buste est l'œuvre de son fils, le sculpteur Jean-Pierre Gras qui fut aussi peintre et céramiste.


Stéphane JORDAN,

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L’Hôtel des Postes,

Situé cours du Président Kennedy, il est l’œuvre de l’architecte Eugène CHIRIÉ. Construit entre 1949 et 1955, ce bâtiment présente une ordonnance classique.

Dans la salle des guichets, des panneaux peints par Pierre AMBROGGIANI, en 1961 et 1962, présentent l’environnement d’Avignon et du Comtat Venaissin, aussi bien historique, géographique qu’architectural.



Stéphane JORDAN,

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Henri Bosco,

C'est dans la maison du n° 3 rue de la Carreterie qu'est né Henri Bosco, le 16 novembre 1888. Cet écrivain a d'abord été enseignant au Maroc. Il y dirigera la revue Aguedal qui publie les poètes locaux. Il rédigera son premier roman en 1924 : Pierre Lampedouze.

Parmi ces œuvres, on peut citer L'Ane Culotte, Malicroix, Antonin, Sabinus, Mon Compagnon de songes, Tante Martine, Le Récif.

Il a publié, également, des romans pour enfants tels L'Enfant et la Rivière, Le Renard dans l'île, le Chien Barboche.

Henri Bosco est mort à Nice le 4 mai 1976. Une plaque commémorative a été apposée sur la façade du n° 3 rue de la Carreterie.


Stéphane JORDAN,

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La plaque commémorative oubliée,

Lorsque l’on pénètre dans le péristyle de l’Hôtel de Ville d’Avignon, face à l’entrée on peut remarquer une grande niche dans laquelle est placée le buste de Marianne. En levant les yeux au-dessus de cette sculpture, on aperçoit un rectangle vide qui semble occulté.

En fait, une plaque de bois dissimule une inscription qui fut gravée en 1871. En 1870, Louis Napoléon Bonaparte, qui a régné sous le nom de Napoléon III, a capitulé à Sedan contre les prussiens.

En contestation, la municipalité d’Avignon décida de frapper d’indignité nationale Louis Napoléon Bonaparte en installant cette plaque où l’on pouvait lire :

« L’Assemblée Nationale dans les circonstances douloureuses que traverse la Patrie, en face de protestations et de réserves inattendues, confirme la déchéance de Napoléon III et de sa dynastie déjà prononcée par le suffrage universel et le déclare responsable de la ruine, de l’invasion et du démembrement de la France ».

Cette plaque, détruite en 1874, fut replacée en 1878. Elle fut occultée en 1997 et ne devait le rester que provisoirement. Par oubli, l’inscription est restée cachée mais elle est bien toujours là.

Il existe une photographie datant de 1944 sur laquelle l’inscription est bien visible.



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Hôtel de Raphaëlis de Soissans,

Avant que soit aménagé l'Hôtel de Raphaëlis de Soissans, le lieu était occupé, au XVe siècle par deux maisons. François-Marie de Louvançy est propriétaire de l'Hôtel au XIIe siècle. C'est au XIIIe siècle que l'édifice devient la propriété de la famille de Soissans. En 1940, l'Hôtel est acheté par le musée Calvet et le bâtiment abrite aujourd'hui le Musée Requien, musée d'histoire naturelle. De l'Hôtel d'origine ne subsiste que la façade et deux salles voûtées datées de la fin du XVIIe siècle.


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Monument en l’honneur d’Henri IV,

Cette œuvre, située dans le jardin de la bibliothèque Ceccano, a été sculptée dans une pierre offerte par la commune de Crillon-le-Brave.

Ce buste d'Henri IV a été érigé à l'initiative de l'association de Vaucluse pour le millénaire capétien le 8 octobre 1989.



Stéphane JORDAN,

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Le quartier résidentiel gallo-romain

de la rue Grivolas,

De nombreuses découvertes archéologiques, notamment des mosaïques, permettent de préciser la localisation des quartiers résidentiels à l’époque romaine. Il semblerait que de riches habitations prenaient place dans ces secteurs périphériques de la ville dès le Ier siècle après J.-C. Les fouilles archéologiques réalisées rue Grivolas ont permis la découverte des vestiges d’une riche habitation dont les murs étaient recouverts d’enduits peints. Trois pièces ont été mises au jour dont le sol était décoré de mosaïques. Une galerie à pavés de marbre a été identifiée ainsi qu’une zone qui était probablement destinée à un jardin.


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Hôtel de Berton de Crillon,

Cet hôtel fut édifié sur l'emplacement de la Livrée de Pampelune à la demande du général de l'artillerie pontificale, Louis III de Berton, baron de Crillon, petit neveu du brave Crillon, en 1648.

Ce bâtiment est l'œuvre de l'architecte italien Domenico Borboni qui lui a donné une allure très romaine avec une façade présentant des décors végétaux et de mascarons.

Ce magnifique hôtel est visible rue du Roi René.


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Le Collège Saint-Nicolas d’Annecy,

Le Collège Saint-Nicolas d'Annecy a été fondé en 1426 par le Cardinal de Brogny, Jean Allarmet et a pris place dans l'ancien couvent de Notre-Dame-des-Fours. La chapelle a conservé ses murs gothiques.

Au nord de l'édifice, une tour d'escalier a été réalisée par François de Royer de la Valfenière.

C'est Pierre II Mignard qui réalisera les façades entre 1704 et 1705, tout en essayant de garder l'esprit du cloître ainsi qu'une porte donnant accès à la chapelle. A la Révolution, le bâtiment fut vendu comme bien national et donné au Musée Calvet en 1901.


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Le Zoulou,

Cette sculpture, réalisée avec 300 kg de métal, est l'œuvre de l'artiste Jean-Claude Lorenzo qui a voulu rendre hommage à l'Afrique.

Elle est, d'après le sculpteur, une représentation de la Liberté et de la Solidarité.


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Le rempart du XIIIe siècle

de la ville d’Avignon,

A l'angle de la rue Saint Charles et de la rue Joseph Vernet, ont été mis au jour les vestiges du rempart médiéval du XIIIe siècle. Ceux-ci sont encore visibles.

Depuis l'époque romaine, l'enceinte de la ville a connu des modifications successives. Le tracé du rempart du XIIIe siècle est longtemps resté imprécis de par les modifications qui lui ont été apportées au XIVe siècle.

Près de ces vestiges, une plaque commémorative a été apposée en hommage à Franck Rolland. Cet historien a étudié l'enceinte médiévale du XIIIe siècle et a permis de retrouver le tracé de celle-ci.


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La Bibliothèque Jean-Louis Barrault,

Située rue Perrin Morel, la médiathèque est l’œuvre des architectes Béatrice DOUINE et Jacques PRUNIS.

Elle a été construite entre 1984 et 1986. L’originalité de cette réalisation découle de son identité urbaine, architecturale et culturelle. Elle se traduit par la diversité des volumes, des formes, des matériaux et des couleurs.

Les préoccupations bioclimatiques ont conditionné la forme générale du bâtiment et les équipements visibles en façade tels que les verrières et les capteurs.


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La mosaïque gallo-romaine

du n° 8 rue de la République,

En 1867, à 2,75 m de profondeur fut découvert la bordure d'un pavement gallo-romain, au n° 8 de la rue de la République, à l'angle de la rue Viala. Ce n'est qu'en 1880 que l'ensemble de la composition fut mis au jour.

D'après E. Duprat (1910), cette mosaïque "a peut-être appartenu à l'une des premières constructions romaines élevées dans cette partie de la ville ". Il est à noter que ce style de décor a été mis au jour à Vienne (Isère) et daté par la stratigraphie de la première moitié du Ier siècle. .


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Reconstitution R. Prudhomme dans LAVAGNE Henri, Recueil des mosaïques de la Gaule. 03.01, Province de Narbonnaise, Partie centrale, Gallia, Supplément 10, CNRS, 1979.

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Napoléon Bonaparte

et le 23 de la rue Joseph Vernet,

C'est au numéro 23 de la rue Joseph Vernet que Napoléon Bonaparte, capitaine à l'époque, séjourna en juillet et août de 1793. Cette maison appartenait alors à Pierre Bouchet, ancien négociant.

Dès avril 1793, les Girondins sont menacés par la Commune de Paris, ce qui provoque des remous en province où des mouvements de résistance s'organisent et où des hommes sont mobilisés sous l'impulsion des Montagnards envoyés dans les régions dans ce but. La mise en accusation de plusieurs députés Girondins en juin 1793 et la montée grandissante de la Terreur vont accélérer l'Insurrection Fédéraliste du Midi.

En 1793, le capitaine Napoléon Bonaparte est affecté au régiment chargé de mater cette insurrection. Il est envoyé à Avignon alors aux mains des fédéralistes marseillais. Villeneuve-lez-Avignon et Avignon sont libérées à la fin Juillet 1793.

Durant son séjour avignonnais, logé au 23 de la rue Vernet (alors rue de la Calade), Napoléon Bonaparte rédigera Le Souper de Beaucaire, un pamphlet politique. Une plaque commémorative est apposée sur la façade du bâtiment.


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Le Jardin Sainte Claire,

On situe les origines du couvent Sainte Claire à l'année 1239. C'est durant cette époque que les religieuses clarisses s'installent en Avignon. L'édifice sera, pour une grande part, reconstruit au XIVe siècle.

Le couvent va grandement souffrir durant la Révolution Française. Malgré cette destruction, il subsiste un état des lieux daté de 1796 qui permet de se faire une idée de l'agencement des bâtiments.

Ce site est lié à la figure du poète Pétrarque, dont la tradition raconte que c'est en ce lieu qu'il vit pour la première fois, le 6 avril 1327, Laure de Noves, son égérie.

Aujourd'hui le couvent Sainte Claire est occupé par un jardin ouvert au public. L'architecture médiévale a été intégrée dans les constructions modernes et le chœur de l'église constitue le Théâtre des Halles. Le jardin Sainte Claire est situé rue du Roi René.


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Sculpture « Equilibre »,

Cette sculpture, inaugurée en 2000, est l'œuvre de l'artiste Brigitte Nahon.

Elle est située face au Palais de Justice, boulevard Limbert.

Cette réalisation représente la balance de Thémis qui symbolise la justice et l'équité.

L’artiste a précisé que cette représentation « est un hommage à la justice tout en rappelant sa fragilité ».


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Jeux de l’école Sainte Catherine,

Cet ensemble situé rue des Rêveuses, dans le secteur de Montfavet, est l’œuvre de l’entreprise Béton Vole. Il a été réalisé entre 1989 et 1990.

Ces jeux d’enfants de l’école Sainte Catherine constituent une rareté quant à leur originalité et leur aspect unique.

La forme de ces jeux et leur nom, « Village de Bulles » font référence au courant des maisons bulles porté, notamment, par les architectes Annti LOVAG et Pascal HÄUSERMANN.

Architectes qui ont inspiré la réalisation des Jeux de l'école Sainte-Catherine :


HAÜSERMANN Pascal : Né le 19 novembre 1936 à Bienne en Suisse et mort le 1er novembre 2011 à Madras au Tamil Nadu en Inde. Elève à l’Ecole d’Architecture de l’Université de Genève, il se formera à l’ingénierie à Londres jusqu’en 1962. Pascal Haüsermann est le premier architecte à mettre au point la technique du béton projeté sur armature métallique en 1958. Sa première maison en voile de béton est construite en 1959 à Grilly. Il s’est spécialisé dans les maisons-bulles et l’architecture organique.

LOVAG Antti : Né en Hongrie en 1920 et mort à Tourettes-sur-Loup en 2014. Durant la seconde Guerre Mondiale, il s’engage dans l’armée finlandaise. Fait prisonnier par les allemands, il s’évade et rejoint l’aviation russe qu’il quitte à la fin de la guerre. Formé à l’architecture navale et à la construction métallique, domaines qu’il a étudiés à Stockholm, il se rend à Paris où il poursuit des études d’architecture et d’urbanisme à l’Ecole des Beaux-Arts. C’est à partir de 1968 qu’il réalise sa première maison-bulles, la Maison Gaudet à Tourettes-sur-Loup.



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Reconstitution R. Prudhomme dans LAVAGNE Henri, Recueil des mosaïques de la Gaule, 03.01, Province de Narbonnaise, Partie centrale, Gallia, Supplément 10, CNRS, 1979.

La mosaïque gallo-romaine mise au jour

au n° 7 de la Rue Saluces ,

En 1860, lors du creusement des fondations de la maison située au n° 7 de la rue Saluces, connue sous le nom de maison Joubert, à 3 mètres de profondeur, fut mise au jour une mosaïque dont les éléments découverts ont permis de fournir une reconstitution.

Cette reconstitution a été possible grâce aux relevés effectués à l’époque et aux éléments qui ont été conservés. Certains de ceux-ci sont inventoriés au sein des réserves du Musée Calvet.

Suivant le récit de la découverte de l’époque, la mosaïque s’organisait de la façon suivante : « composition en étoile de huit losanges, grands carrés droits garnis de fleurons, petits carrés obliques emboîtant un carré noir ». (H. Lavagne, 1979).

Douze carrés ont été mis au jour. Les écrits datant de l’époque de la découverte précisent que trois d’entre eux ont été perdus, un quatrième confié au Musée Calvet, quatre autres acquis par le musée et quatre laissés sur place.

Le manque de précision quant à la superficie de la découverte ne permet que de conjecturer sur les dimensions de la mosaïque qui devaient être de l’ordre de 3,50 m sur 4,50 m.

Ce type de décors a été retrouvé sur d’autres œuvres gallo-romaines, notamment sur des mosaïques de la ville de Vienne (Isère) datées du IIe siècle ou des mosaïques de Loupian (Hérault), plus tardives, de l’époque paléochrétienne (IVe siècle). Il semblerait, néanmoins, que le style des décors de la mosaïque mise au jour rue Saluces soit caractéristique des ateliers rhodaniens.

Lors de la découverte, le pavement semblait se prolonger sous la rue Saluces vers l’Hôtel Blanchetti, au n° 3 de la rue de la Croix (E. Duprat, 1910).


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Plan partiel des abris creusés par les Allemands dans le Rocher des Doms. Archives Départementales de Vaucluse, 4 W 9488. Robert Bailly, Histoire d'Avignon et des Avignonnais pendant la dernière guerre, septembre 1939 - septembre 1944, 1986.

Les abris souterrains du Rocher des Doms,

En mai et juin 1944, l'armée allemande, au bas du Rocher des Doms, a creusé ce que l'on a considéré être des abris. Il est possible que leur destination première ait été de servir d'entrepôts de stockage des munitions qui étaient acheminées par le Rhône. Durant la Seconde Guerre mondiale, des bâtiments étaient construits sur la façade du Rocher et dissimulaient les entrées de ces abris.

Dans ces bâtiments, l'armée allemande y avait aménagé des bureaux. Les abris creusés dans le Rocher se divisaient en deux parties possédant chacune une entrée. Une entrée permettait d'accéder à une galerie de 62 m de long, de 2,20 m de haut et de 2 m de large. Cette galerie desservait quatre salles communicantes. Une autre galerie semble avoir été condamnée par les allemands.

Les galeries de ces abris se développaient sur 245 m et l'ensemble des différentes salles occupaient une superficie de 145 m². Un plan de ces abris a été réalisé par les services techniques de la ville lors de la Libération.


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Les Aigles impériaux

de la Cité Administrative,

C'est lors de sa visite à Avignon en 1860 que Napoléon III propose de libérer le Palais des Papes de son affectation militaire. La ville accepte alors de céder à l'Etat, gratuitement, un terrain sur lequel est localisé le jardin des plantes, à la condition que l'Etat érige la nouvelle caserne à ses frais. La caserne Hautpoul sera achevée en 1865.

Les sculptures des aigles impériaux, alignés contre un bâtiment d'une cour intérieure de la cité administrative, sont des vestiges de cette époque du deuxième empire. Il est probable que ces statues se trouvaient à l'origine au niveau de la toiture du bâtiment.


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Résidence et école Sixte-Isnard,

Cette résidence et ce groupe scolaire se situent avenue de la Trillade. Construites entre 1956 et 1960 pour la résidence et en 1960 pour l’école, elles sont l’œuvre des architectes Max BOURGOIN et Albert CONIL.

Ce complexe architectural est la traduction des solutions d’aménagement des villes après la seconde guerre mondiale.

Sa conception allie modernité et références au contexte régional. Il est à noter l’utilisation d’éléments décoratifs en béton, en terre cuite et en céramique.

BOURGOIN Max : Né à Carry-le-Rouet en 1914 et mort le 1er mai 2009. Elève de l’Ecole des Arts et Métiers d’Aix-en-Provence, il se forme à l’ingénierie avant d’entrer à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1937. Mobilisé en 1939, il œuvrera à la reconstruction. Arrivé à Avignon en 1946, avec son ami architecte Albert Conil, il réalisera de nombreux ensembles de logements en Vaucluse tels les bâtiments de Champfleury à Avignon de 1958 à 1964. Max Bourgoin connait une activité professionnelle intense de 1968 à 1978, période durant laquelle il réalisera notamment la Résidence San Miguel à Avignon où il met dans cette construction sa vision très personnelle et une insertion par le choix des matériaux et des formes. Max Bourgoin sera très engagé dans la sauvegarde du patrimoine et des sites.

CONIL Albert : Né le 20 janvier 1913 à l’Isle-sur-la-Sorgue. Elève de l’Ecole des Beaux-Arts, il œuvre à Avignon entre 1949 et 1967. Architecte des Hôpitaux et Hospices, il crée, entre 1956 et 1960, un ensemble de 300 logements à Avignon avec Max Bourgoin.



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La Vénus aux Hirondelles

du Jardin du Rocher des Doms,

Cette œuvre en bronze a été réalisée par le sculpteur Félix Charpentier qui l'a présentée au Salon en 1894.

Elle fut initialement placée sur la Place Carnot mais cette installation insurgea l'abbé Dumas, curé de Saint-Pierre qui trouvait la statue "impudique". Il fut même tenté de déboulonner la sculpture dans la nuit.

Devant la polémique, l'œuvre fut déplacée dans le jardin du Rocher des Doms.



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La maison Quatre de Chiffre

de la rue des Teinturiers,

La maison dite du Quatre de Chiffre est une demeure de style gothique construite en 1493. Son nom vient du monogramme sculpté sur sa façade et interprété par certains chercheurs comme la marque de commerçants.

Le bâtiment a été remanié aux XVIIIe et XIXe siècles mais il a gardé son aspect d'architecture gothique tardive notamment avec ses créneaux, ses arbalétrières, ses gargouilles et ses deux échauguettes.

Un escalier à vis, en saillie sur la façade de la cour intérieure, dessert les étages. Le premier étage est occupé par un salon caractérisé par son plafond de poutres de bois et sa cheminée monumentale.

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Eglise Saint-Joseph-Travailleur,

Cette église située avenue Etienne Martelange, est l’œuvre des architectes Guillaume GILLET et Charles ANDRÉ et du maître-verrier l’abbé Marcel ROY. Le ferronnier WATKIN a réalisé la croix qui surmonte la flèche. Elle a été construite entre 1967 et 1969. Le plan triangulaire de la parcelle a dicté l’organisation du centre paroissial avec une église, un cloître d’hiver couvert par une verrière pyramidale, une salle de conférence, un presbytère, des salles de catéchisme. Dans cette construction, l’architecte Guillaume GILLET met en œuvre le système des paraboloïdes hyperboliques, système qui connait un succès grandissant à l’époque. Cette église est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 22 décembre 1993.


GILLET Guillaume : Né le 20 novembre 1912 à Fontaine-Chaalis et mort le 23 septembre 1987 à Paris. Elève de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris, il est diplômé en 1937. Il sera le collaborateur de René A. Coulon pour la réalisation du Pavillon du Verre de la Société Saint-Gobain lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1937. Il remporte le Grand Prix de Rome en 1946 et est nommé architecte en chef chargé de la reconstruction du centre-ville de Sisteron en 1950. La construction qui le fait connaitre est celle de l’église Notre Dame à Royan. En 1958, il réalise le Pavillon de la France pour l’Exposition Universelle de Paris ; il collaborera, pour cette réalisation avec l’ingénieur Bernard Laffaille. Parmi les grandes constructions dont il a été l’artisan, on peut citer le Palais des Congrès de de la Porte Maillot à Paris, le Port Canto à Cannes ou l’aéroport Saint-Exupéry à Lyon.


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La fresque gallo-romaine

de la rue Félicien David,

Des découvertes archéologiques continuent à être faites dans le secteur. A Avignon, des travaux d’enfouissement des containers du centre-ville sont effectués. Les archéologues du département suivent les sondages réalisés lors de ces opérations.

Ainsi, au printemps 2017, rue Félicien David, une fresque romaine a été mise au jour contre le bâtiment de l’Hôtel de Ville. Dégagée sur 1,80 m de long et 1,50 m de hauteur, elle est située à 3 m de profondeur. Son état de conservation est remarquable notamment au niveau des couleurs.

Cette fresque représente un Eros entouré de candélabres. Cet élément de décor s’intégrait à un portique identifié sur 120 m de long. Cette galerie délimitait le forum. Le décor de style pompéien de cette fresque permet de la dater du Ier siècle.


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Eglise Notre Dame la Principale dite

la Chapelle des Pénitents Blancs,

Cette église a été bâtie sur les vestiges d'un bâtiment gallo-romain, très certainement les thermes. Elle sera agrandie au XIVe siècle et connaitra de nombreux travaux durant le XVe siècle.

Au XIXe siècle, l'église Notre Dame la Principale devient la Chapelle des Pénitents Blancs et la réalisation de la façade est confiée à l'abbé Pougnet.

Cet édifice est aujourd'hui utilisé en tant que salle de spectacle.




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HBM de Montfavet,

Réalisé par l’architecte de l’Office Public d’Habitations Bon Marché, entre 1927 et 1928, cet ensemble de logements est situé route de Montfavet.

Le style de l’architecture est caractéristique des années 1920. La qualité des espaces extérieurs avec jardin à l’entrée et préservation des arbres est à noter.


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Les témoignages de la Seconde Guerre Mondiale de la rue Joseph Vernet,

Sur la façade du Collège Joseph Vernet, ancien "Collège Moderne de Jeunes Filles", les traces des bombardements américains et plus précisément ceux du 8 août 1944 ont été préservées. Les attaques ont eu lieu le matin. Il est difficile de comprendre pourquoi ces bombardements ont touché le centre-ville. Plusieurs hypothèses ont été avancées. L'une d'elle semble très plausible. Un des appareils américains, transportant de petites bombes de 10 kg à fragmentation, aurait été touché par la défense anti-aérienne allemande. L'avion se serait, alors, délesté de ses projectiles qui seraient tombés sur les zones très peuplées de la ville. Il s'agirait donc d'un bombardement accidentel.

Les impacts de ces bombes sont encore visibles sur la façade du bâtiment.

Ce patrimoine historique est signalé par une plaque commémorative sur laquelle sont inscrits les mots: "Les Blessures de la Mémoire".


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Vestiges de la rue Peyrolerie,

Les structures architecturales mise au jour rue Peyrolerie sont datées de la fin du Ier siècle ou du début du IIe siècle. Le plan lacunaire montre trois pièces caractérisées par quatre arcades. Ces salles sont situées à l’ouest, où sont localisés une galerie et un escalier d’accès rupestre. Près de ces espaces se dessine, au sud, une cour dotée d’un bassin central. Dans ce périmètre, près du rocher, un escalier encadré par des colonnes mène à une terrasse intermédiaire.

Il est difficile d’interpréter cet ensemble architectural. Plusieurs hypothèses ont été avancées : au XVIIIe siècle on y voyait un temple et à partir du XIXe siècle, l’interprétation retenue a été celle de structures appartenant à un théâtre. Les fouilles menées en 1992, dans la propriété Aubanel, ont infirmé cette hypothèse et semblent plutôt aiguiller les études vers une structure liée à l’eau avec un bassin, des sols en béton épais, des revêtements stuqués. Il n’est pas possible à l’heure actuelle de confirmer cette proposition mais le tracé de l’aqueduc antique (relevé en divers points de ville) mène à cette construction. Les vestiges de la rue Peyrolerie ont été classés au titre des Monuments Historiques en 1978.


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La Chapelle des Pénitents Gris

de la rue des Teinturiers,

A la suite du siège d'Avignon en 1226, le roi Louis VIII fit ses dévotions à l'oratoire de Sainte Croix. Il fonde alors la Royale et Dévote Confrérie des Pénitents Gris.

Ceux-ci vont alors édifier la chapelle à cet emplacement. Ce lieu est dévoué à l'adoration des Saints Sacrements.

Cet édifice connut divers ajouts durant les XIVe et XVe siècles.

La confrérie continue de commémorer le Miracle de la Séparation des Eaux, évènement qui aurait eu lieu le 30 novembre 1433. A cette date, lors d'une grande crue du Rhône, les eaux se seraient écartées afin de permettre le passage du Saint Sacrement.


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La Livrée Ceccano,

La construction de la livrée Ceccano fut initiée de 1327 à 1329 par le cardinal d'Arrabloy. Elle porte le nom de son second propriétaire, le cardinal Annibal Ceccano qui l'occupa de 1333 à 1350.

Au départ de la papauté en 1418, plusieurs familles y habitèrent jusqu'à son rachat par la ville qui y installa le collège des jésuites en 1564.

En 1632, le jésuite Athanase Kircher, mathématicien, y établit son observatoire et réalisa un cadran solaire à miroir donc des tracés subsistent dans l'escalier de la bibliothèque.

Caserne militaire pendant la Révolution, la livrée Ceccano deviendra un lycée à partir de 1810.

Depuis 1982, la livrée Ceccano abrite la bibliothèque municipale. Elle constitue la livrée cardinalice la mieux conservée d'Avignon. Elle possède en outre de très belles fresques et de remarquables plafonds peints.


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Le tympan de l’église des Célestins,

Le tympan de l’entrée principale de l’église des Célestins, sculpté au XVIIe siècle, représente le pape Célestin V. Il est l’œuvre du fils de l’architecte François de Royer de la Valfenière.

Célestin V nait en 1210 en Italie, sous le nom de Pietro de Morrone. Issu d’une famille de paysans, sa mère le fait entrer chez les bénédictins en 1230. Il devient alors ermite et commence à acquérir une réputation de sainteté. Défenseur de la doctrine bénédictine et franciscaine, il obtient du pape Grégoire X l’autorisation de fonder l’ordre des Célestins, lors du concile de Lyon II en 1274.

A la mort du pape Nicolas IV en 1292, les cardinaux n’arrivent pas à se mettre d’accord sur l’élection de son successeur. Ce sera Pietro de Morrone qui sera désigné et élu en 1294 sous le nom de Célestin V. Comprenant très vite que cette charge est trop lourde pour lui, il renonce à la papauté la même année au profit de Boniface VIII. Ce dernier le retiendra prisonnier jusqu’à sa mort qui subviendra en 1296, et ceci de peur qu’il revienne sur sa renonciation.

Le pape Clément V le fera canoniser en 1313.

Sur ce tympan, Célestin V est représenté en robe de moine. La tiare papale au sol symbolise sa renonciation à la papauté.

Sur la façade de l’église, surplombant cette représentation, on peut remarquer, la présence des armoiries royales. Elles indiquent que le couvent des Célestins est une fondation du royaume de France.


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Le Monument du Centenaire,

Ce monument fut édifié afin de commémorer le centenaire du rattachement d'Avignon et du Comtat Venaissin à la France qui eut lieu en 1791.

Ce monument est l'œuvre du sculpteur Félix Charpentier. Le fondeur Maurice Denonvilliers a participé à l'élaboration du monument. Il était à l'origine érigé sur la Place de l'Horloge. Il fut déplacé sur l'Allée de l'Oulle en 1974.

La composition est dominée par une allégorie, en bronze, de la France, la main gauche brandissant le drapeau et la main droite, protectrice, tendue vers la ville. La tête de l'allégorie est couronnée de lauriers.

Au pied du monument est représenté un lion rugissant, en fonte, la patte posée sur une épée.


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Les roues à aube

de la rue des Teinturiers,

Au XVIIIe siècle, dans la rue des Teinturiers, l'eau de la Sorgue permettaient, par le biais de roues à aube, l’activité des fabriques d'indienne. Cette industrie sera réactivée au XIXe siècle. En 1817, on dénombrait 23 roues à aube. La production d'indienne laissera progressivement la place à d'autres ateliers utilisant la force motrice de la Sorgue.

Il ne subsiste aujourd'hui que quatre roues à aube.


Stéphane JORDAN,

Chargé de mission Patrimoine



Lieux et Histoire

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Le Lycée Agricole

François Pétrarque,

Situé route de Marseille à Montfavet, le lycée agricole François Pétrarque est l’œuvre des architectes Roland BECHMANN, Pierre BISCOP, Charles ANDRÉ et François GIRARD. Construit entre 1966 et 1969, sa conception est originale par rapport aux tendances en vigueur à l’époque dans la réalisation des établissements d’enseignement. Le plan du bâtiment se dessine en ailes de moulin organisant les fonctions spécifiques autour d’un noyau central. Le sculpteur S. GUILLOU, associé au céramiste L. MÉLANO, y a réalisé un décor polychrome. Un bas-relief en ciment, reproduisant un dessin de H. GUASTELLA, présente le plan du lycée au milieu d’un décor végétal et animalier qui rappelle les fresques de la Chambre du Cerf du Palais des Papes. Le lycée agricole François Pétrarque est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 16 novembre 1989.


Les architectes :


BECHMANN Roland : Né à Paris le 1er avril 1919 et mort à Paris le 25 janvier 2017. Diplômé en Histoire-Géographie en 1939, il obtient également son diplôme à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts en 1944. Il crée son agence en 1950 et réalise de nombreux projets en France et en Afrique de l’Ouest. Parmi ses réalisations on peut citer le Lycée agricole François Pétrarque à Montfavet où il collabora avec François Girard.

BISCOP Pierre : Né le 19 juillet 1907 à Neuilly. Il étudie l’architecture de 1928 à 1936 à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et est également élève de l’Institut d’Urbanisme de Paris de 1935 à 1936. Dans le Vaucluse, il réalisera la Cantine de Jonquières, le terrain de sports de Carpentras et les immeubles de logements du quartier des Rotondes à Avignon pour lesquels il collaborera avec Jacquet, Brodovitch, Bonil et Valentin. En 1950, résidant à Avignon, il construits des coopératives agricoles du Vaucluse et il est l’architecte d’opération du Lycée agricole François Pétrarque à Avignon, dont les architectes sont Roland Bechmann et François Girard.

GIRARD François : Né le 24 septembre 1928 à Vesoul. Intéressé très tôt par l’architecture, François Girard va concevoir des projets pour les agriculteurs de sa région et sa première réalisation sera une porcherie. Passant son temps libre à travailler pour un architecte, il entrera aux Beaux-Arts de Besançon à l’âge de 18 ans. En 1952, il est admis à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Ne pouvant terminer ses études pour raison de santé, il continuera à collaborer avec des architectes tel que Roland Bechmann. Alors qu’il œuvre au sein du cabinet de cet architecte, sa carrière va être lancée par la réalisation du Lycée agricole François Pétrarque à Avignon. Ce bâtiment sera inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 16 novembre 1989. A la suite de cette construction, il s’inscrit à l’Ordre des Architectes d’Ile-de-France et fonde son cabinet. Durant sa carrière, François Girard obtiendra des commandes de la part de communes françaises pour la réalisation de bâtiments publics. La construction considérée comme sa plus grande réalisation est l’Hôtel de Ville de Vitry-sur-Seine réalisé en 1979. François Girard a été un architecte à la recherche d’architectures modernes respectueuses de l’environnement.


Stéphane Jordan,

Chargé de mission Patrimoine

Lieux et Histoire

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La chapelle des Cordeliers,

Rue des Teinturiers

Les Cordeliers s’installent à Avignon en 1226. C’est en 1233 qu’ils occupent le site sur les bords de la Sorgue, près du Portail Imbert. Ce lieu était alors hors des remparts.

Au XIVe siècle, l’église est reconstruite. C’est le Pape Jean XXII qui va l’initier. Clément VI continuera à fournir des fonds pour la continuation du chantier.

Le plan de l’église se caractérisait par une nef unique avec des chapelles latérales construites entre les contreforts. Son clocher est d’époque gothique.

De grandes familles avaient leur tombeau dans les chapelles de l’église, les Baroncelli ou les Sade par exemple. Laure de Noves, muse de Pétrarque, y aurait été ensevelie en 1348 et François Ier se recueillit sur cette sépulture présumée.

En 1660, Louis XIV rencontra des fidèles assemblés dans le cloître de l’église afin de les guérir des écrouelles.

Ce lieu fut aussi le théâtre d’un épisode sanglant en 1791. Un secrétaire-greffier de la ville, Nicolas Lescuyer, y fut assassiné. Une soixantaine de suspects furent emprisonnés dans les geôles du Palais des Papes et exécutés. Les avignonnais connaissent cet évènement sous le nom de « massacre de la Glacière ».

Après la Révolution, l’église des cordeliers est vendue comme bien national et commencera à être démolie. Il n’en subsiste qu’une chapelle absidiale et le clocher.

La chapelle des Cordeliers est inscrite sur la liste des Monuments Historiques depuis 1932.

Stéphane Jordan,

Chargé de mission Patrimoine


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Monument en l’honneur de Guillaume Puy de la place Pasteur,

Ce monument en l'honneur de Guillaume Puy est constitué d'une fontaine portant son buste en bronze. Celui-ci fut installé en 1894 par la ville, reconnaissante envers cet homme considéré comme le "maire modèle". La rue portant son nom sera créée cette même année.

Guillaume Puy fut trois fois maire de la ville d'Avignon ; en 1795, de 1800 à 1806 et de 1811 à 1815, c'est à dire durant la Convention, sous le Consulat, sous l'Empire et au début de la Restauration.

Maire moderne, il rétablira les foires annuelles et les marchés hebdomadaires, il permettra l'ouverture de l'annexe des Invalides de Paris, il créera la Condition des Soies associée au Mont de Piété, créera une Bourse du Commerce et sera l'instigateur de la construction d'un pont sur le Rhône et d'un un autre sur la Durance. Il est également à l'origine du canal qui porte son nom.

Guillaume Puy ouvrira des écoles primaires gratuites, une école secondaire, un lycée et un bureau de bienfaisance. Il est l'artisan de la relance économique d'Avignon après la période révolutionnaire.




Stéphane Jordan,

Chargé de mission Patrimoine


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La Résidence San Miguel,

Située rue Ninon Vallin, cette résidence est l’œuvre de l’architecte Max BOURGOIN. Construite entre 1968 et 1978, par sa conception, elle s’intègre parfaitement à sa situation près des remparts de la ville d’Avignon. Sur ce bâtiment, le rappel aux différents corps de métiers, intervenus dans sa construction, est un hommage au savoir-faire des artisans.

L’architecte Max BOURGOIN (1914 – 2009) a été élève de l’Ecole des Arts et Métiers d’Aix-en-Provence, il se forme à l’ingénierie avant d’entrer à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1937. Mobilisé en 1939, il œuvrera à la reconstruction.

Arrivé à Avignon en 1946, avec son ami architecte Albert Conil, il réalisera de nombreux ensembles de logements en Vaucluse tels les bâtiments de Champfleury à Avignon de 1958 à 1964. Max Bourgoin connait une activité professionnelle intense de 1968 à 1978, période durant laquelle il réalisera notamment la Résidence San Miguel à Avignon où il met dans cette construction sa vision très personnelle et une insertion par le choix des matériaux et des formes.

Max Bourgoin sera très engagé dans la sauvegarde du patrimoine et des sites.


Stéphane Jordan,

Chargé de mission Patrimoine

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La Chapelle du Bord du Rhône,

La construction de cette chapelle fut initiée par la confrérie des bateliers et rebeiriers car les diverses crues menaçaient le pont et les chapelles situées sur celui-ci.

Les bailes de la confrérie achetèrent un terrain sur la rive, près du pont et contre le rempart en 1693 et ceci afin de construire une nouvelle chapelle. Les travaux ne furent décidés qu'en 1715 après l'accord de l'archevêque mais la construction s'éternisa faute de fonds.

En 1726, la chapelle sur le pont étant inaccessible, les travaux de la Chapelle du Port du Rhône reprendront en 1731 et seront terminés en 1732. Le service religieux y est transféré et les offices auront lieu jusqu'à la Révolution et durant la première moitié du XIXe siècle.

La crue de 1856 détruisit la chapelle et les éléments qui restaient de l'édifice disparurent avec les travaux d'urbanisme. Dans les années 1980, une restauration fut entreprise qui permit de relever quelques murs et le clocheton.



Stéphane Jordan,

Chargé de mission Patrimoine

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L’Hôtel des Monnaies,

L'Hôtel des Monnaies fut érigé en 1619 sous la légation du Cardinal Borghese, Scipion Cafarelli et la vice-légation de Jean-François de Bagni. Le pape d'alors est Paul V, membre de la famille Borghese (Camille Borghese).

C'est en ce lieu que l'on battait monnaie. L'inscription latine sur la façade indique : " Le pape Paul V fit ériger et orner cette maison destinée à fondre et à frapper l'or, l'argent et le bronze aux soins de Jean-François de Bagni, archevêque de Patrac, vice-légat d'Avignon, en l'an de grâce 1619 ".

La façade de style baroque donne un aspect très italien à l'édifice. Dans le registre supérieur du décor, deux anges encadrent les armoiries du pape Paul V surmontées de la tiare pontificale. Sur l'écu on reconnait le dragon et l'aigle des armoiries de la famille Borghese, famille à laquelle appartient le pape.

Le dragon et l'aigle se retrouvent sculptés en grande taille dans la partie médiane de la façade. Ceux-ci dominent de riches guirlandes de fruits.

On retrouve, également, ces dragons et ces aigles au sommet du bâtiment, au niveau de la balustrade.

Il est à noter que deux personnes sont honorées lors de la construction de ce bâtiment. En effet, à l'époque de son édification, le légat d'Avignon est également un membre de la famille Borghese.

L'affectation du bâtiment en tant qu'Hôtel des Monnaies ne dura que peu de temps car l'activité des ateliers semble cesser autour de 1690.

Il n'existe pas de documentation quant à l'occupation de l'édifice entre 1691 et 1770.

De 1770 à 1790, l'Hôtel des Monnaies abritera une caserne de chevaux légers et une gendarmerie de 1790 à 1840.

En 1860, le bâtiment deviendra le Conservatoire de musique et ceci jusqu'en 2010.


Stéphane Jordan,

Chargé de mission Patrimoine

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L'horloge de la place Carnot,

La place Carnot était initialement un carrefour où débouchaient les rues qui entourent la place aujourd'hui.

C'est en 1894 que l'essentiel des travaux sont achevés quant à l'aménagement de la place. Il fut donc décidé d'implanter, au centre de cet espace, une œuvre du sculpteur Félix Charpentier, un bronze intitulé "La Vénus aux Hirondelles". Cette installation insurgea l'abbé Dumas, curé de Saint-Pierre qui trouvait la statue "impudique". Il fut même tenté de déboulonner la sculpture dans la nuit.

Devant la polémique, l'œuvre fut déplacée dans le jardin du Rocher des Doms.

On opta, alors, pour le positionnement, au centre de la place, d’un candélabre surmonté d'une horloge. L'ensemble est installé le 1er septembre 1896 et l'entretien de l'horloge est confié à un horloger avignonnais la "Maison Ducommun et Guillin". Les lanternes du candélabre, entourant l'horloge, équipées de becs de gaz, permettaient d'éclairer la place.

En 2019, l'horloge et son candélabre ont été restaurés et replacés sur la place Carnot mais à un emplacement différent de celui d'origine.


Stéphane Jordan,

Chargé de mission Patrimoine


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La fontaine Wallace

de la place Costebelle,

Les fontaines Wallace portent le nom du philanthrope anglais Richard Wallace qui permit leur installation dans plusieurs villes du monde. Elles sont l'œuvre du sculpteur Charles-Auguste Lebourg. La réalisation de ces fontaines a été confiée aux Fonderies du Val d'Osne.

La première fontaine Wallace est installée en 1872 à Paris.

La fontaine de la place Costebelle à Avignon fait partie du type "Grand Modèle".

L'œuvre se caractérise par un socle à huit pans qui soutient quatre cariatides représentant les allégories de la Simplicité, de la Charité, de la Sobriété et de la Bonté. Elles symbolisent également les quatre saisons. La Simplicité est associée au Printemps, la Charité est associée à l'Eté, la Sobriété est associée à l'Automne et la Bonté est associée à l'Hiver.

Ces cariatides soutiennent un dôme couronné par une pointe et orné de dauphins.



Stéphane Jordan,

Chargé de mission Patrimoine

Lieux et Histoire

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La Tour Saint Jean,

C'est sur la place appelée aujourd'hui Place Saint-Jean-le-Vieux qu'au XIIIe siècle, les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem construisent leur Commanderie.

Au XIVe siècle, à la suite de la dissolution de l'ordre des Templiers, ils s'installeront dans la commanderie de ces derniers située dans le quartier Saint-Agricol.

Le bâtiment deviendra alors une livrée cardinalice. Le cardinal Nicolas de Besse, neveu du pape Clément VI, fera édifier un corps de logis et la tour qui porte ses armoiries. Le dernier occupant de la livrée fut le cardinal Pierre Corsini, évêque de Florence, mort en 1405, dont elle conservera l'appellation de Livrée de Florence.

En 1536, les religieuses de Saint-Véran s'installèrent dans l'édifice et furent remplacées en 1598 par les Pères de la Doctrine Chrétienne qui y restèrent jusqu'à la Révolution.

De 1793 à 1833, le bâtiment sera utilisé comme caserne et ensuite comme école primaire.

La tour fut restaurée en 1860 et on y ajouta une horloge. Une plaque commémorative, datée de 1861, rappelle cette restauration.

En 1893, le maire de la ville, Pourquery de Boisserin décide de démolir cette architecture gothique, afin d'agrandir la Place Pie. Il ne subsiste de la livrée cardinalice que la tour, connue aujourd'hui sous le nom de Tour Saint-Jean.


Stéphane Jordan,

Chargé de mission Patrimoine


Visite virtuelle


des salons du Palais du Roure

A vous qui n’avez pas pu entrouvrir les portes du Roure pour y admirer la présentation du cycle calendal 2020, nous vous proposons une visite virtuelle des salons.

Vous pouvez croiser le regard de santons provenant des divers santonniers (Montagard, le Carmel d’Avignon, Fontanille), de diverses régions du monde (Avignon, Naples), de diverses matières et techniques (terre cuite, cire, mie de pain).

Laissez-vous guider !

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Lieux et Histoire

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Statue de Jean Althen,

Cette statue en bronze, située dans le Jardin du Rocher des Doms, représentant Jean Althen, est l'œuvre des frères sculpteurs Jean-Louis Brian et Joseph Brian. Jean Althen était un agronome arménien du XVIIIe siècle qui a introduit la culture de la garance dans le Midi de la France.

Cette œuvre en bronze restera en place jusqu'en 1936, année où Louis Gros, maire d'Avignon, l'offrit au village d'Althen-des-Paluds. En 1943, cette statue fut emportée et fondue par les allemands pour la fabrication d'armes.

Une reproduction de l'œuvre fut installée en 1998 dans le Jardin du Rocher des Doms à Avignon.

Sur la face avant du piédestal de la sculpture, une plaque rappelle l'apport de Jean Althen dans le développement économique du Midi de la France. Sur la face arrière du piédestal, une autre plaque commémorative honore les victimes du génocide arménien de 1915.



Stéphane Jordan,

Chargé de mission Patrimoine


La crèche

du Palais du Roure

Habitués de la crèche du Roure, vous devez être frustrés de ne pouvoir la voir et partager ce moment de joie, de culture, de beauté et de convivialité.

Nous ne pouvons pourtant pas garder pour nous seuls cette belle crèche, aussi vous en proposons-nous un petit reportage photographique.

A ben-lèu !

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Lieux et Histoire

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La Chapelle des Religieuses Bénédictines de Notre-Dame dite Chapelle des Ortolans,

C'est à partir de 1637 que les religieuses de Notre-Dame viennent fonder la maison d'Avignon. Leur congrégation fut créée en 1618 au Puy-en-Velay. En 1639, elles acquièrent un bâtiment rue des Ortolans, ainsi que des maisons et terrains avoisinants, en 1643 et 1672, et ceci afin d'y établir leur couvent. Parmi les édifices dont elles font l’acquisition, figure le jeu de paume de François Mansuel.

L'église est construite de 1659 à 1661, suivant les plans de l'architecte avignonnais François Delbène, dont la sœur est religieuse au couvent. Un dortoir est construit au-dessus de la chapelle.

Pour le chœur, le peintre Nicolas Mignard réalise une Grande Assomption qu’il fait parvenir à la chapelle, depuis Paris, en 1663.

A la suite de la crue de 1674, il est décidé de construire un monastère dont l’élévation est confiée au maître-maçon Paul Brunet. Il exécutera les plans de François Delbène. Est ajoutée, alors, à la chapelle, un vestibule comportant une tribune constituant le chœur haut.

En 1698 est mis en place le plafond de la chapelle avec la réalisation de boiseries encadrant des toiles peintes. Ce sont les maîtres-menuisiers Pierre Brunet et Charles Boisselin qui seront chargés de ce travail, sous la direction de Pierre Mignard qui a élaboré les dessins préparatoires de cette œuvre d’ébénisterie. Pierre Brunet sous-traitera avec le maître-sculpteur Guillaume Marquois.

Il n’existe aucune source documentaire permettant de définir qui fut le peintre des tableaux du plafond. Celui-ci, avec sa structure de toiles peintes encadrées par des boiseries est unique à Avignon.

Le sujet des peintures est exclusivement marial à l’exception des tableaux représentant Saint Jude et Saint Simon qui ne semblent pas être des œuvres présentes à l’origine dans la chapelle.

En 1712, Charles Boisselin réalisera le retable du chœur, toujours suivant les dessins de Pierre Mignard. Il est achevé en 1718.

En 1768, les religieuses sont transférées rue Saint-Marc, dans le couvent des Augustines. La chapelle des Ortolans est alors occupée par l'Œuvre des Orphelines à partir de 1774. Pendant le XIXe siècle, le bâtiment est dévolu aux Frères des Ecoles Chrétiennes. Cette chapelle accueillera également les offices des Pénitents Blancs. En 1898, l’édifice sera le siège d'une loge maçonnique.

Les autres parties du bâtiment sont occupées par une école primaire qui se situe dans les espaces qui constituaient le couvent.


Stéphane Jordan,

Chargé de mission Patrimoine

Avignon


Illuminations de Noël

Si ces festivités de fin d’année se déroulent dans le contexte très particulier de la crise sanitaire, j’ai cependant souhaité qu’Avignon offre, en ce mois de décembre, son plus beau visage de fête.

Parce que Noël est avant tout la fête des enfants et doit le rester, quoiqu’il arrive.

Parce que Noël est aussi un moment privilégié pour faire une pause et se retrouver, en toute prudence cette année, avec ceux que nous chérissons.

Pour chacun des petits avignonnais et pour tous, la Ville s’est ainsi parée de lumières et propose de nombreuses animations pour tous les âges, dans tous les quartiers.

Patinoires, avec pour la première fois cette année, en plus de celui de la Place de l’Horloge un espace dédié à la glisse à Montfavet, crèche et village des santonniers et des artisans dans le bel écrin de l’église des Célestins, spectacles féériques diffusés sur des écrans géants, déambulations festives, ferme aux animaux, petits carrousels, cars-podium qui sillonnent les quartiers et viennent chanter Noël au plus près de chez vous, spectacle féérique sur la Place Saint-Didier, Père-Noël interactif… il y en a pour tous les goûts et nul doute que chacun saura trouver la poésie et la féérie d’un Noël à nul autre pareil.

Vous le voyez, Noël est bien présent à Avignon, et ce malgré la crise qui nous frappe.

Nous le devons à chacun d’entre vous, à chaque Avignonnaise et Avignonnais, pour une trêve bien méritée qui vient clore une année ô combien difficile.

Je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année et un joyeux Noêl à tous !

Restez prudents !


Cécile HELLE,

Maire d’Avignon

Lieux et Histoire

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La maison de la rue Saint Etienne et les débuts de l’aérostation,

La maison du 18 rue Saint-Etienne fut construite par le marchand François Vincent qui avait acheté l'immeuble préexistant en 1773. Il la loua à l'épouse de Jean-Joseph Guichard, imprimeur-libraire.

Les frères Montgolfier, fils d'un industriel de la papeterie d'Annonay, séjournaient régulièrement chez les Guichard lors de leurs visites à Avignon pour leurs affaires. Ce serait dans une des chambres de cette maison, qu'un jour de novembre 1782, Joseph de Montgolfier aurait observé l'élévation d'un morceau de papier ou d'étoffe du fait de l'air chaud qui se dégageait d'un poêle. Il renouvellera l'expérience avec une chemise placée au-dessus de la source de chaleur, col et manches noués. Le vêtement se gonflât alors et s'éleva.

Cette expérience aboutit à la confection des premiers aérostats et aux premiers essais des montgolfières.

C'est dans la cour de l'Hôtel de Villeneuve-Martignan, actuel Musée Calvet, qu'auraient pris place les premières démonstrations d'aérostation.

En l'honneur de cette découverte une plaque commémorative a été fixée sur la façade du bâtiment du 18 rue Saint-Etienne. Les gardes corps forgés de cette maison présentent des figurations de montgolfières.


Stéphane Jordan,

Chargé de mission Patrimoine


Le cycle calendal

du Palais du Roure

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La table calendale

Dans la salle à manger, au coin du feu, est dressée la table des treize desserts, élément incontournable

des traditions provençales de Noël. La “pompe” à l’huile d’olive (fougasse), la panade (tarte aux pommes et au miel), les raisins secs, le nougat blanc et noir, les pommes, les figues sèches, les dattes, les amandes, les noix, les noisettes, les poires, la pâte de coings, les confitures, les oreillettes et le vin cuit sont disposés pour régaler les yeux et les papilles des visiteurs !

La table est présentée par Renée Gendrier, présidente de l’Estello d’Avignoun.

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Les traditions de Noël en Provence

La préparation de Noël commence dès la fin des vendanges, en préparant le vin cuit, en cueillant noix, amandes, figues… Puis le 4 décembre, pour la Sainte-Barbe, il faut mettre dans des soucoupes du blé à germer, des lentilles.

Toutes ces choses sont des “signes” pour les récoltes futures, ces grains qui germent bien signifient que ceux qui sont en terre pousseront bien.

De plus, après les fêtes, ces grains germés seront enterrés dans le jardin ou le champ semé : on leur attribue le pouvoir d’aider le grain en terre à bien lever… comme le levain dans la pâte…

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La Crèche…

Quelques jours avant Noël, il faut préparer la crèche.

Elle aurait été inventée par saint François d’Assise, dont la mère était provençale ! Les santons étaient en bois, en cire, en carton peint à l’huile et même en mie de pain. Aujourd’hui, les petits saints sont en argile.

De très nombreux artisans fabriquent ces santons reproduisant des personnages populaires : l’aubergiste, le meunier, l’aveugle et son guide, le rémouleur, le bohémien, le maire, le ravi, la lavandière, Roustido, Grasset et Grasseto, Jourdan

et Marguerite …

On démonte la crèche, traditionnellement, le 2 février.

L’arbre de Noël…


L’arbre de Noël et le père Noël sont des traditions de l’est de la France et des pays d’Europe du nord, pas de Provence.


Le gros souper…


Autrefois, on jeûnait et mangeait maigre pendant l’Avent (qui débute quatre dimanches avant Noël). Par conséquent, la veille de Noël était dans la période “maigre” mais comme c’est tout de même un jour de fête, on fait le “gros souper”. Sur la grande table on installe trois nappes blanches : la première ôtée après Noël, la deuxième après le Jour de l’an et la troisième après l’Epiphanie (6 janvier). Il y a aussi, si possible, trois chandeliers et les soucoupes avec les grains germés. Le chiffre trois est le symbole de la Trinité. On mange la salade de céleri (cru), les escargots, la carde en sauce blanche, le gratin d’épinard, les ravioles (raviolis au maigre), la morue frite, la tarte à la courge.


Les treize desserts…


La “pompe” à l’huile d’olive (ou au beurre en Comtat), panade (tarte aux pommes et au miel), raisins secs, nougats blanc et noir, pommes, poires, pâte de coings, oreillettes, figues sèches, dattes, amandes, noix, noisettes, qui représentent les quatre ordres mendiants : Carmes, Augustins, Dominicains, Franciscains.

On boit du vin cuit ou de la carthagène.

Après le repas, la famille, en attendant la messe de minuit, chante des noëls de Saboly (1614-1675) en provençal.


La Messe de Minuit…


Au cours de la messe de minuit avaient lieu des offrandes, dons des fruits de la terre et de la mer, du paysan, du berger, du pêcheur. Prémices en présage de prospérité pour l’année nouvelle.

Le “pastrage” se célèbre encore dans certaines églises (Maillane, Les Baux, Saint-Martin-de-Crau, Barbentane) : l’agneau enrubanné, porté dans une petite charrette tirée par deux brebis, accompagnée de bergers, avec leurs fifres et leurs tambourins, et les corbeilles pleines de fruits portées par les bergères.

Au retour, pas de réveillon. Il ne fait pas partie des traditions provençales.


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Les Pastorales…

La première vraie pastorale a été écrite en 1842 par Maurel, un ouvrier marseillais, pour un cercle catholique de la ville. Depuis, on en a écrit peut-être près de 200. Au début, tous les acteurs étaient des hommes. On y retrouve à peu près tous les types de santons traditionnels. Ces pastorales se jouent un peu partout pendant le mois de janvier. Elles mettent toujours en scène la naissance du Christ. Elles restent un type théâtral toujours très apprécié.

La bûche de Noël…


En provençal, c’est “lou cacho-fiò”. C’est le symbole de la lumière qui revient ; elle doit aider, en flambant, à vivifier le soleil. Elle doit être prise dans un arbre fruitier mort naturellement dans le courant de l’année : poirier, olivier, amandier, cerisier, sauf le figuier qui est un bois qui brûle mal. Elle doit normalement brûler pendant trois jours. Traditionnellement, ce sont l’aïeul et le plus jeune de la famille qui lui font faire trois fois le tour de la salle à manger.

Puis on l’enflamme et on la bénit avec un rameau d’olivier.


La bénédiction de la bûche s’accompagne d’une incantation (F. Mistral, « Mémoires et récits »):


Allégresse ! Allégresse,

Mes beaux enfants, que Dieu nous comble d’allégresse !

Avec Noël, tout bien vient :

Dieu nous fasse la grâce de voir l’année prochaine.

Et, sinon plus nombreux, puissions-nous n’y pas être moins.


Alègre ! Alègre !

Mi bèus enfant, Diéu nous alègre !

Emé Calèndo tout bèn vèn …

Diéu nous fague la gràci de vèire l’an que vèn,

E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas


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Les origines du santon

et de la crèche en Provence

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L’origine de la crèche provençale remonte probablement à l’année 1223 où la première nativité fut représentée dans la forêt des Abruzzes, en Italie, par saint François d’Assise, dont la mère était native de Tarascon. C’est une crèche vivante, qui se compose de l’Enfant Jésus, de l’âne, du boeuf et de quelques bergers des environs.

Dès la fin du XIIIe siècle, les crèches d’église sont introduites d’Italie en Provence. Par la suite, les crèches s’enrichissent de divers sujets, en premier lieu la Vierge Marie et saint Joseph, puis les anges et les rois mages, et ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que commencent à apparaître les personnages familiers que l’on voit aujourd’hui autour de la sainte Famille.

Les crèches d’église sont d’abord constituées de statuettes en bois sculpté, puis de mannequins de bois, aux mains et têtes de cire. Au XVIIIe siècle on les revêt d’habits, taillés dans des tissus choisis. C’est également à cette période qu’apparaissent les premières crèches mécaniques, composées d’automates articulés.

Les premières crèches familiales proviennent, au XVIIIe siècle, de Nevers, où résidaient des verriers vénitiens. Elles sont en verre filé, coquillage ou verroterie. Leur fabrication est reprise à Arles jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, certaines utilisant un matériau plus facile : mastic, mie de pain ou liège.

A l’époque de la Révolution française, Jean-Louis Lagnel (1764-1822) a l’idée de façonner le santon dans l’argile, terre que l’on trouve communément en Provence. Ce procédé, qui autorise la multiplication du santon par moulage, entraîne une baisse du coût de fabrication. Dès lors, les foyers les plus modestes peuvent acheter ces “santons d’un sou” représentant les personnages hauts en couleur de Marseille et de Provence.

Le terme populaire de santon (en provençal : santoun = petit saint) n’apparut qu’au début du XIXe siècle. Tous ces petits adorateurs d’argile qui portent à l’Enfant Jésus de modestes présents, fruits de leur labeur quotidien, sont donc l’aboutissement d’une longue histoire commencée quelque part dans la forêt des Abruzzes, vers l’an 1223.


La famille Aubanel

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Librairie Aubanel frères, 10 rue Saint-Marc (aujourd’hui rue Théodore-Aubanel). Copie d’une gravure anonyme

Grande famille d’imprimeurs et d’éditeurs depuis le XVIIIe siècle, les Aubanel ont marqué l’histoire d’Avignon. A cette époque, la cité des Papes est une ville d’études et un centre intellectuel important. Elle possède depuis le XIVe siècle une université renommée autour de laquelle gravitent huit collèges. Cette population d’érudits fréquente les librairies. Les volumes se vendent bien, les éditions vite épuisées se renouvèlent rapidement, le commerce du livre prospère. (1)

Antoine Aubanel (1720-1804), libraire originaire des Hautes-Alpes, opte pour le Comtat Venaissin car à l’époque on pouvait y exercer le métier en toute liberté. Il installe son imprimerie à l’hôtel de Castellane d’Ampus, rue Saint-Marc (détruite lors du percement au XIXe siècle de la rue Bonaparte devenue ensuite rue de la République). La maison d’édition Aubanel est fondée en 1744 et ne tarde pas à devenir l’une des plus importantes de la ville. En 1756, sur les ordres venus de Rome, Antoine devient le premier maître-imprimeur des Papes à Avignon. En 1780, le Pape le nomme son seul imprimeur, confirmant ainsi sa fidélité au Saint-Siège.

A sa mort c’est Laurent qui prend la direction des affaires et y adjoint une fonderie de caractères typographiques ; il reste connu dans le métier pour ses inventions notamment en alliages. Il laisse à ses fils, en plus de sa passion pour les arts, une imprimerie en pleine expansion en 1854.

Théodore Aubanel (1829-1886), petit-fils d’Antoine, fils de Laurent Aubanel (1784–1854) et Marie-Thérèse Seyssaud (1787–1857), naît dans la maison de la rue Saint-Marc. Il poursuit la même vocation que ses ancêtres, tout en s’adonnant à sa passion, l’écriture. Poète et dramaturge, il compose ses textes en langue provençale. En 1854, avec ses amis Mistral, Roumanille, Brunet, Tavan, Mathieu et Giéra, il fonde le Félibrige, mouvement de renaissance de la culture provençale. Il est nommé Majoral du Félibrige en 1876. C’est à cette même époque que la famille quitte à contrecœur la rue Saint-Marc pour s’installer dans un hôtel particulier communément appelé la « Maison Aubanel », situé au fond d’une impasse près de la place Saint-Pierre. Lorsque disparaît Théodore, c’est son fils unique qui sera lui aussi imprimeur-éditeur et se tournera vers les marchés extérieurs mettant au point de nouvelles collections.

Imprimeur également, le fils unique du poète, Jean de la Croix (1865-1942) épouse Cécile Cassin en 1888. Ils ont quatre enfants : Théodore, Marie, Charles et Edouard, qui épouse Yvonne Lizon (la donatrice des santons) en 1942. C’est Edouard Aubanel (1901-1970), humaniste et bibliophile, qui devient éditeur à la suite de son père.

Yvonne Théodore-Aubanel

Né Aubanel, son patronyme devient Théodore-Aubanel à partir de 1924. Il crée en 1948, à côté de l’imprimerie de la place Saint-Pierre, un musée consacré à l’histoire de l’édition et de l’imprimerie, ainsi qu’au souvenir du poète félibre Théodore Aubanel.

Cet établissement, ouvert jusqu’en 1999, abritait, outre un ensemble d’objets liés à l’imprimerie, l’ensemble des archives des publications des éditions Aubanel, des volumes publiés par la Maison, les thèses et travaux sur le poète Théodore Aubanel... Des trésors aujourd’hui conservés dans les services départementaux et municipaux d’archives ainsi que par sa famille.

Laurent Théodore-Aubanel (1943-2000), le fils d’Edouard, lui succède en 1970 et s’efforce de moderniser l’imprimerie. Au cours de ces dernières années, la production des éditions Aubanel est restée fidèle à la littérature et à l’histoire régionale mais les difficultés économiques et la concurrence entraînent la fermeture de l’imprimerie en 1992.(2)


1 GIRARD Joseph, Evocation du vieil Avignon, Ed. de Minuit, Paris, 1958

2 Les renseignements sur la famille Aubanel et la crèche proviennent essentiellement de l’Abbé Daniel Bréhier et d’Anne-Marie Théodore-Aubanel, veuve de Laurent Théodore-Aubanel.

Au cœur d’une crèche

familiale avignonnaise

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Les santons mis à l’honneur sont ceux d’une grande famille historique d’Avignon, les Aubanel. Traditionnellement installés dans l’entrée de la Maison Aubanel, près de la place Saint-Pierre, sous une enfilade de magnifiques tableaux de Parrocel entre autres, les voici présentés publiquement dans l’une des plus belles pièces historiques du Palais du Roure, la chambre au plafond.

Cette crèche familiale est composée d’une trentaine de santons en cire habillés, donnés au Palais du Roure. Ils proviennent du Carmel d’Avignon. C’est en fait Madame Yvonne Théodore-Aubanel, née Lizon (1911-2017), veuve d’Edouard Théodore-Aubanel (1901-1970), qui donna cette crèche au chanoine Daniel Bréhier, à l’époque curé de l’église Saint-Agricol et aujourd’hui recteur et chanoine de la Métropole Notre-Dame-des-Doms. Ce dernier fit don de cette admirable crèche au Palais du Roure en 2018.

Les santons présentés datent du XIXe siècle. Cette crèche fut cependant restaurée et reconstituée dans l’immédiat après-guerre auprès des Carmélites d’Avignon, spécialisées depuis des siècles dans la fabrication des santons d’églises et des crèches privées.

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Mesurant environ 30 cm, ils sont montés sur une armature ; leur corps est en cire. Ce sont des personnages emblématiques de la crèche provençale qui sont mis en scène : une brodeuse, un meunier, une laitière, un vannier, une poissonnière, des bergers et leurs moutons, tous se hâtent pour apporter leurs présents. Les Rois Mages sont accompagnés de leurs pages, qui attendent patiemment, apportant de riches présents traditionnels avec eux.

Les deux anges, bleus et rouges, plus contemporains, sont un hommage à Théodore et Marie Aubanel, deux des quatre petits-enfants du poète félibre et ami de Frédéric Mistral, Théodore Aubanel. Ils étaient placés au-dessus de la « grupi », sorte de mangeoire, et veillaient sur la crèche et la maison familiales.

Tous ces personnages évoluent dans un décor de village provençal haut en couleurs perché au-dessus de la mer. Il est l’œuvre de Jean-Victor Moureau, membre de l’association L’Estello d’Avignoun. Ce dernier, comme chaque année, est présent pour donner au public toutes les explications nécessaires.

Le cycle calendal

du Palais du Roure

Rendez-vous annuel très attendu et apprécié des Avignonnais, le cycle calendal du Palais du Roure s’ouvre à nouveau cette année, pour notre plus grand plaisir.



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Car en effet, que serait Noël à Avignon sans cette formidable occasion de découvrir, ou redécouvrir, la table des treize desserts et la crèche ?

Composée par de magnifiques santons en cire provenant de la crèche familiale de Théodore Aubanel, fondateur du Félibrige avec Frédéric Mistral, cette dernière représente la tradition provençale dans toute sa splendeur et permet de passer un moment de partage unique au sein de cet authentique écrin qu’est l’ancien hôtel de Baroncelli-Javon.

Un lieu exceptionnel, conservatoire des traditions comtadines et provençales, ouvert à tous, comme le sont aujourd’hui nos musées municipaux qui continuent d’inventer animations et actions culturelles pour que chacun, en leur sein, se sente un peu chez soi, tout en plongeant dans une culture commune à tous.

En cette fin d’année particulièrement difficile, nous avons tous besoin de partage, de convivialité, de chaleur.



Belles fêtes de fin d’année à toutes et tous, meilleurs voeux et à l’an que vèn.

Cécile Helle,

Maire d’Avignon


Les Coulisses de Calvet

Un exceptionnel ensemble :

L’art de vivre en France et en Espagne à travers les collections d’orfèvrerie.

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Cette salle précédant la Méridienne, sert d’écrin à la présentation d’une grande partie de la collection d’orfèvrerie du musée Calvet.

Cette collection se compose d’environ trois cents pièces d’orfèvrerie française et espagnole datant du XVIe au XIXe siècle. Elle a pour origine, pour l’essentiel, la collection de l’ancien antiquaire avignonnais Marcel Puech qui en fit don à la Fondation Calvet en 1986.

Cet ensemble de grande qualité est l’un des plus imposants conservé dans les musées français en région.

Ces différentes pièces évoquent, une multitude d’usages (objets de toilette, éclairage, écriture) et notamment les arts de la table, particulièrement à l’honneur en France sous l’Ancien Régime.

La collection se distingue tout particulièrement par le petit ensemble de pièces espagnoles dont certaines très précieuses, antérieures au XVIIIe siècle, apparaissent d’une insigne rareté.


Les Coulisses de Calvet

La Méridienne,

Un salon de bain du XVIIIè siècle :

Une redécouverte

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Cette petite pièce de seize mètres carrés, appelée « cabinet de bains » dès le début du XIXe siècle, semble être l’un des derniers espaces de l’hôtel du XVIIIe siècle, construit par l’architecte Jean-Baptiste Franque de 1741 à 1754 pour le marquis Joseph-Ignace de Villeneuve-Martignan, à avoir subsisté. Elle faisait partie des appartements que Pauline de Villeneuve, la fille unique de Joseph-Ignace, occupait au moins depuis 1774, date de son remariage avec Etienne-Joseph de Raousset-Soumabre.


En dépit de multiples restaurations qui ont affecté le lieu au cours des siècles, ce dernier a probablement gardé, pour l’essentiel, sa configuration d’origine avec son plan octogonal, sa niche centrale flanquée deux niches disposées au sud et ses deux alcôves sur les côtés.


Le décor raffiné et complexe en stuc se compose pour l’essentiel de motifs végétaux et de guirlandes encadrant les niches ou les surmontant, tandis qu’au-dessus des deux alcôves, sont disposés deux panneaux décoratifs ayant pour thème l’Amour, caractérisé par deux oiseaux perchés sur la torche et le carquois de Cupidon, Les Arts et le Commerce évoqués par les attributs d’Apollon et de Mercure. Chaque angle de la pièce, en hauteur, est décoré d’un médaillon de plâtre rapporté, en bas-relief, symbolisant à travers une scène d’enfants ou « putti » jouant, les quatre Saisons. Selon Pierre Provoyeur, auteur de l’ouvrage La Méridienne. Un décor du XVIIIe siècle restauré, Avignon, 2001, ce décor a pu être réalisé dans les années 1770-1780, peut-être vers 1774, à l’instigation de Pauline de Villeneuve elle-même. L’hypothèse est séduisante.


Au cours du XIXe siècle, cette pièce fut mise à disposition du conservateur du musée, puis réaménagée, dans les années 1930, afin d’y présenter au public des vases étrusques et grecs, des œuvres en ronde bosse dont le fameux torse d’Apollon Sauroctone. La salle précédant la Méridienne, accueillait quant à elle, des urnes étrusques, des stèles funéraires et des reliefs votifs grecs.


Débarrassée des adjonctions et de la peinture épaisse gris-bleuté et vert postérieures, la Méridienne a retrouvé, grâce à la restauration des années 1996-2000, la tonalité brute du stuc, que les Italiens nomment « marmorino ».


Après plusieurs années de fermeture, le visiteur pourra redécouvrir cet espace intimiste et feutré. Outre le décor de gypserie, il admirera deux sculptures de Lucrèce et de Cléopâtre, une banquette d’époque Louis XVI, une peinture d’Hubert Robert ainsi qu’une console d’époque Louis XV en bois sculpté et doré qui supporte une statue en bronze de Parvâtî.

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Les Cadrans solaires d'Avignon #12


Un gallo-romain au musée Lapidaire

« Cet appareil tient de la scaphé, par sa forme concave, et du cadran solaire par ses lignes horaires convergentes. Il se différencie notamment des cadrans solaires modernes par son aiguille horizontale.

L’examen du cadran permet de déterminer son ancienneté. On distingue à première vue les cadrans solaires marquant les heures égales de ceux destinés aux heures inégales : il suffit de regarder la disposition de l’aiguille. Les premières qui sont les nôtres, ont leur style oblique, pour qu’il soit parallèle à la ligne des pôles, qui est l’axe de rotation de la terre. Au contraire, l’aiguille est horizontale dans les cadrans qui marquent les heures antiques ; cette disposition est nécessaire pour que le soleil donne toujours à son lever comme à son coucher, quel que soit le jour de l’année, la même ombre, qui sera nécessairement dans le plan horizontal. Ce type de cadran solaire dans un bon état de conservation parait extrêmement rare. »


G. Bonnet de Villaro,

« Description d’un cadran solaire gallo-romain découvert à Chusclan ».

Mémoires de L’Académie de Vaucluse, troisième série, Tome II Année, 1937. P 123-129.


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Cadran solaire gallo-romain,

Pierre,

Provenance Chusclan (Gard),

Gaule romaine, époque impériale,

Don à la Fondation Calvet, 1936,

Avignon, Musée Lapidaire,

Inv. 21 967.


Poussez la porte du Roure…

pour y découvrir la crèche 2020

Au cœur d’une crèche

familiale avignonnaise

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Rendez-vous annuel très attendu et apprécié des Avignonnais, le cycle calendal du Palais du Roure s’ouvre à nouveau cette année, pour notre plus grand plaisir !


Les santons mis à l’honneur sont ceux d’une grande famille historique d’Avignon, les Aubanel, dont un des membres, Théodore, fonda le Félibrige avec Frédéric Mistral. Traditionnellement installés dans l’entrée de l’ancienne Maison Aubanel, les voici présentés publiquement dans l’une des plus belles pièces du Palais du Roure, la chambre au plafond.


Mesurant environ 30 cm, les santons sont montés sur une armature ; leur corps est en cire. Ce sont des personnages emblématiques de la crèche provençale qui sont mis en scène : une brodeuse, un meunier, une laitière, un vannier, une poissonnière, des bergers, tous se hâtent pour porter leurs offrandes. Dans un décor de village provençal en bord de mer, les Rois Mages, accompagnés de leur page, attendent patiemment, apportant avec eux de riches présents.


Crédits photographiques : F. Lepeltier.

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Dans les coulisses de Calvet

Présentation éphémère

dans le Salon d’Accueil

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Salon d'accueil en cours d'aménagement.

Dans l’attente de la mise en place de l’exposition « Rythmes, lignes et couleur : Œuvres inédites de Vernon Blake (1875-1930) » qui ouvrira le 25 janvier 2021, le salon d’accueil, réunissant à l’ordinaire une belle sélection de Vues d’ Avignon, a été remis en peinture dans un ton lumineux et tonique.


Les travaux électriques accomplis par les services municipaux mettent en valeur les volumes et, plus particulièrement, la voûte plate, une prouesse technique, seul témoignage de cette spécialité des bâtisseurs de l’hôtel de Villeneuve, Jean-Baptiste Franque et son fils, François II.


Dans ce vaste espace, nous avons fait le choix de sortir des réserves plusieurs pièces qui célèbrent les joies de l’hiver et du « cocooning ». Deux paysages de neige, copies XVIIIè siècle de peintures italiennes, voisinent avec une poétique photo du jardin du musée Calvet sous la neige.


Dans la vitrine centrale, un magnifique samovar en argent, offert « par la bonne ville d’Avignon à Horace Vernet », racheté par la Fondation Calvet, évoque les raffinements du thé à la russe. Il voisine avec un rare cartel de Hannong, manufacture strasbourgeoise du XVIII è siècle, issu de la donation Marcel Puech à la Fondation Calvet.


La présence d’un palmier dans un vase d’Anduze nous projette dans le futur proche, les plaisirs de l’été.

Poussez la porte du Roure…

pour y découvrir ses hôtes

Visite virtuelle de l’exposition

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Léo Larguier. Manuscrit autographe avec notes, corrections et décor de feuilles et de fleurs séchées et collées. Dédicace de l'auteur. Crédits photographiques : F. Lepeltier.

Le Palais du Roure présente les personnalités qu’il accueillit, parmi lesquelles deux poètes et un peintre choisirent ce lieu pour produire leur œuvre.



L’exposition montre les multiples traces laissées par les hôtes de cette maison hors du temps et permet ainsi d’appréhender la vie sociale et la vie de l’esprit qui lui donnent son fil directeur.

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Au XVe s., un futur pape y aurait célébré une messe.

Au siècle suivant, le Roi de France et sa favorite y auraient séjourné. A la fin du XIXe s., Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature et père du Félibrige, y a fondé un journal…










Crédits photographiques : F. Lepeltier.

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Mais c’est surtout au XXe s. que...

le Palais du Roure est devenu un rendez-vous intellectuel, lorsque Jeanne de Flandreysy l’achète. Ancienne égérie de la Belle-Epoque, elle avait gardé l’habitude des mondanités culturelles : conférences, réceptions, concerts et congrès réunissaient ainsi des universitaires, conservateurs, historiens, auteurs...



















Crédits photographiques : F. Lepeltier.

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Deux poètes et un peintre choisirent ce lieu pour produire leur œuvre

Jeanne accueillit un certain temps les poètes Louis Le Cardonnel et Léo Larguier, ainsi que le peintre Henry de Groux, qui laissèrent au Palais du Roure une part importante de leur production.




Crédits photographiques : F. Lepeltier.

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La vie fut ainsi toujours foisonnante dans cette demeure.

Devenue aujourd’hui municipale, elle poursuit sa vocation de rayonnement intellectuel auprès des visiteurs et des chercheurs.





Crédits photographiques : F. Lepeltier.

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Dans les coulisses du Roure...

Bientôt le cycle calendal !

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En ce moment, l’équipe du Palais du Roure s'active. Malgré la fermeture au public des musées, nous préparons la crèche.


C'est en partenariat avec l'association L'Estello d'Avignoun que sont créés les décors et installés les santons dans différentes pièces du musée. Car c'est un ensemble de pièces qui sont transformées en lieu d'exposition de santons, faisant corps avec les œuvres déjà existantes.


Laissez-vous guider jusque la majestueuse chambre au plafond où sont présentés les santons de la Maison Aubanel.

Mais savez-vous d'où vient la tradition de la crèche en Provence ?



L’origine de la crèche provençale remonte probablement à l’année 1223 où la première nativité fut représentée dans la forêt des Abruzzes, en Italie, par saint François d’Assise, dont la mère était native de Tarascon. C’est une crèche vivante, qui se compose de l’Enfant Jésus, de l’âne, du bœuf et de quelques bergers. Dès la fin du XIIIe siècle, les crèches d’église sont introduites d’Italie en Provence. Par la suite, les crèches s’enrichissent de divers sujets, en premier lieu la Vierge Marie et saint Joseph, puis les anges et les rois mages, et ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que commencent à apparaître les personnages familiers que l’on voit aujourd’hui autour de la sainte Famille.

Les crèches d’église sont d’abord constituées de statuettes en bois sculpté, puis de mannequins de bois aux mains et têtes de cire. Au XVIIIe siècle on les revêt d’habits. Les premières crèches familiales proviennent, au XVIIIe siècle, de Nevers, où résidaient des verriers vénitiens. Elles sont en verre filé, coquillage ou verroterie. Leur fabrication est reprise à Arles jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, certaines utilisant un matériau plus facile : mastic, mie de pain ou liège. A la Révolution française, Jean-Louis Lagnel (1764-1822) a l’idée de façonner le santon dans l’argile, terre que l’on trouve communément en Provence. Ce procédé, qui autorise la multiplication du santon par moulage, entraîne une baisse du coût de fabrication. Dès lors, les foyers les plus modestes peuvent acheter ces “santons d’un sou” représentant les personnages hauts en couleur de Marseille et de Provence. Le terme populaire de santon (en provençal : santoun = petit saint) n’apparut qu’au début du XIXe siècle.


Suivez pas à pas le montage du cycle calendal 2020 du Palais du Roure, avant de pouvoir venir le visiter !

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Pâte à papier :

Mélange de pâte à papier, colle ou liant et eau.

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Passer l'ensemble au

pinceau sur le décor.

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Laisser sécher 24 heures minimum.

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Réalisation du sol :

Un premier tracé à la règle

de carreaux de 30 X 30 cm.

Le sol est clouté, sculpté au fer à souder pour donner un effet de dallage puis plâtré et jointé avec le mur.

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Ensuite, application de

la pâte à papier sur le sol.

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Peinture du sol.

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Mise en place du décor :

Le décor est un décor peint, monté sur des supports en bois et pour donner un effet

de profondeur le paysage est monté en arrière-plan.

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Création du rocher et

installation des éclairages.

Les blocs sont collés

et cloutés au sol.

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Les Cadrans solaires d'Avignon #11


Jardin du Rocher des Doms

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Le cadran solaire du Rocher des Doms, où celui qui regarde devient un élément essentiel de la lecture de l’heure.

Le Rocher des Doms est le plus ancien site d'occupation de la ville d'Avignon et ceci depuis le Néolithique. Les fouilles réalisées sur le site ont permis la mise au jour de vestiges archéologiques s'étalant de la Préhistoire à l'époque moderne. Au sommet du rocher prend place un jardin dont les travaux ont débuté en 1831. Dans les années 1860, le maire Paul Pamard souhaite en faire un véritable jardin public à la mode parisienne. Les travaux sont confiés à l'architecte paysagiste Barillet-Deschamps. De nombreux arbres et plantes sont acheminés, des réservoirs d'eau sont créés ainsi qu'un bassin. Les travaux sont terminés en 1866. Le parc est agrémenté de statues dont la "Vénus aux Hirondelles " de Félix Charpentier.

Le cadran solaire visible au Jardin du Rocher des Doms est un cadran analemmatique à style vertical, ce qui signifie que l'heure est donnée par la direction de l'ombre, par exemple une personne debout à une position variable suivant les jours de l'année. Réalisé par G. Bonnet en 1931, il a été restauré en 1974. Lors de cette restauration, une petite erreur a été commise. L'inscription originale mentionnait : "G. BONNET STRUXIT", c'est à dire "G. Bonnet l'a construit"; cette mention, devenue peu lisible, a été mal interprétée et est devenue "G. BONNET SIRUNIT", ce qui laisse penser, à tort, qu'il y a eu deux constructeurs de ce cadran, G. Bonnet et un certain Sirunit qui bien sûr n'existe pas (D’après les recherches menées par Monsieur Michel LAMBALIEU de la Société Astronomique de France).

Cliché © Michel Lambalieu

Poussez la porte du Roure...

pour y découvrir ses hôtes

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Le Palais du Roure présente en ce moment une exposition sur les personnalités qu’il accueillit au fil des siècles. Découvrez les multiples traces laissées par les hôtes de passage dans cette maison hors du temps.

Partie 4 : 1959 à aujourd’hui : grands et modestes, un établissement municipal ouvert à tous

Jeanne fait don du Palais du Roure à la Ville en 1944, contre cependant une somme de 750.000 francs couvrant la valeur des collections (mais pas celle du bâtiment). Elle obtient également de demeurer en charge du lieu jusqu’à son décès, qui survient en 1959. C’est alors que le Roure entre matériellement dans le giron municipal. Plusieurs conservateurs se succèdent : Joseph Girard (1959-1961), Sylvain Gagnière (1961-1995), Sabine Barnicaud (1995-2010) et Sylvestre Clap (2012-2017).

Si les mondanités se réduisent, de grands esprits persistent à hanter les lieux. C’est notamment le cas de Fernand Benoit, éminent archéologue, pionnier de l’archéologie sous-marine et de l’ethnographie provençale ; déjà en relation avec Jeanne, il installe à sa retraite son bureau au Palais du Roure (1966-1969) et y lègue ses archives et sa bibliothèque (Photos 1, 2 et 3).

L’univers intellectuel poursuit sa collaboration avec le Roure à travers l’Institut d’Avignon, émanation d’une fameuse université américaine pour jeunes filles, le Bryn Mawr College. L’Institut est créé en 1962 par un grand Avignonnais installé aux Etats-Unis, l’anthropologue René Girard, fils de Joseph. L’Institut a pour vocation de proposer un séjour estival d’immersion dans la culture française sous forme de cours, conférences, visites, avec restitution sous forme de pièce de théâtre notamment (Photo 4).

Les hôtes du Palais du Roure sont aussi ses chercheurs habitués, qui profitent de sa bibliothèque pour puiser dans cette corne d’abondance. La culture provençale s’y épanouit à travers livres, mais aussi manuscrits, fac-similés, photographie, documentation, grâce à la manne collectée par Jeanne pour Jules Charles-Roux et continuellement enrichie depuis.

Enfin, de plus en plus, le Palais du Roure s’offre au grand public jusqu’à être gratuitement depuis 2018. Le Palais du Roure accueille ainsi environ 25.000 personnes chaque année. Parmi elles, régulièrement et avec émotion, d’américaines mains viennent évoquer dans le livre d’or un séjour vieux de plusieurs décennies dans le cadre du Bryn Mawr College (Photos 5 et 6).


Légendes et crédits des photos :

1. Portrait de Fernand Benoit (©Palais du Roure)

2. Découvertes archéologiques de F. Benoit ©Fabrice Lepeltier

3. Livres de Fernand Benoit ©Fabrice Lepeltier

4. Le Bryn Mawr College au Roure (©Palais du Roure)

5. Livre d'or du musée : Bryn Mawr College ©Fabrice Lepeltier

6. Livre d'or du musée : Virginia ©Fabrice Lepeltier

Crédits photographiques : ©Fabrice Lepeltier & Palais du Roure

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Les Cadrans solaires d'Avignon #10


Petit Palais

(Place du Palais)

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Le cadran très discret du Petit Palais.

Cet édifice fut construit durant la seconde décennie du XIVe siècle. Le nom de Petit Palais lui fut donné par opposition au Palais des Papes. Le Cardinal Bérenger Frédol l'Ancien le fit construire vers les années 1318-1320. A la mort du Cardinal en 1323, le Cardinal Arnaud de Via, neveu du Pape Jean XXII l'acheta et le fit agrandir en achetant des maisons voisines.

A la mort du cardinal Arnaud de Via, le Pape Benoît XII acheta le bâtiment et y transféra le siège épiscopal. C'est durant la seconde moitié du XVe siècle que le Petit Palais prit son aspect presque définitif, notamment grâce aux travaux entrepris par Julien de la Rovere, futur Pape Jules II. Le musée du Petit Palais a ouvert ses portes en 1976 et présente une des plus importantes collections de primitifs italiens.

Le cadran solaire visible sur la façade du Petit Palais est presque effacé et ne présente que des traces de polychromie. La devise qui y est inscrite "ULTIMA LATET" signifie "la dernière est inconnue" (D’après les recherches menées par Monsieur Michel LAMBALIEU de la Société Astronomique de France).


Cliché © Michel Lambalieu

Palais du Roure


Nouvelles acquisitions !

Un musée doit enrichir sans cesse ses collections. C’est pourquoi nous vous proposons une plongée dans les nouvelles acquisitions du Palais du Roure ces dernières années ! Une façon de vous faire découvrir autrement des objets insolites, rares, de belles œuvres d’art, des documents exceptionnels…entrés dans nos collections.

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Un œuf au Palais du Roure ! Une poule aurait-elle vécu dans ses murs ? Pas du tout ! C’est un œuf décoré et signé de la main du poète Léo Larguier en 1943 et offert à l’occasion de la naissance de Laurent Théodore-Aubanel, petit-fils du célèbre écrivain félibre. Pourquoi donc se retrouve-t-il dans les collections du musée ?


D’abord, car Jeanne de Flandreysy, qui achète le Palais du Roure en 1918, en fait un lieu de vie et un conservatoire des traditions provençales, où de nombreux félibres se pressent dans la demeure. La famille Aubanel, notamment le félibre Théodore, primadié et ami de Frédéric Mistral, a sans doute arpenté les couloirs du Roure. Les Aubanel tenaient l’imprimerie éponyme, place Saint-Pierre. Ils font partie des grandes familles avignonnaises historiques.

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Cadeau de Léo Larguier

Ensuite car Léo Larguier, écrivain et poète cévenol, cousin d’Emile Espérandieu, le mari de Jeanne de Flandreysy, a lui aussi fréquenté le Palais du Roure, puisqu’il lui servit de refuge dès 1942. Le cadeau –l’œuf dédicacé- est accompagné d’une lettre manuscrite écrite après-guerre de retour à Saint-Germain-des-Prés dans laquelle il présente ses hommages. Ce sont des témoignages exceptionnels et touchants des relations étroites qu’ils entretenaient.

Il s’agit d’un cadeau de naissance traditionnel en Provence. On offrait un panier de naissance composé de cinq présents : l'œuf, le pain, le miel, le sel et l'allumette, tous pour exprimer des vœux de bonheur et de protection à l’enfant tout au long de sa vie. L’œuf est notamment un symbole de vie, de grâce et de bénédiction.

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Don de madame Anne-Marie Théodore-Aubanel

Le Palais du Roure conserve de nombreux manuscrits, ouvrages et photographies de Léo Larguier, cousin par alliance de Jeanne de Flandreysy. Ces deux éléments viennent compléter les collections du musée, à la fois pour enrichir les collections liées à Léo Larguier lui-même, mais aussi pour illustrer les liens forts entre les grandes familles avignonnaises félibres, à savoir ici les Aubanel, et le Palais du Roure. Ils ont été donnés gracieusement par madame Anne-Marie Théodore-Aubanel, veuve de monsieur Laurent Théodore-Aubanel. Qu’elle en soit chaleureusement remerciée.



Cliché © Sophie Dublange

Les Cadrans solaires d'Avignon #9


Hôtel d’Europe

(12 place Crillon)

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Dans l’un des plus anciens établissements hôteliers de France, un cadran solaire de style moderne.

Cet hôtel fut construit en 1580. Au XVIe siècle, cette demeure est la propriété de différentes familles du Comtat Venaissin. En 1740, le bâtiment, par des travaux commandés par François de Boutin de Valouse, deviendra un hôtel particulier de style classique. Il est racheté en 1775 par Jean-Baptiste de Graveson. En 1799, Catherine Pierron rachète l'Hôtel de Graveson auquel elle donnera alors le nom d'Hôtel d'Europe. Il est un des plus anciens établissements hôteliers de France.

Le cadran solaire est situé au-dessus de l'entrée de l'hôtel. Sa décoration est de style moderne (D’après les recherches menées par Monsieur Michel LAMBALIEU de la Société Astronomique de France).



Cliché © Michel Lambalieu

Les Cadrans solaires d'Avignon #8


Palais du Roure

(3 rue Collège du Roure)

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Le cadran solaire du Palais du Roure, réalisé durant une période sombre de l’Histoire de France.

L'ancien Hôtel de Baroncelli-Javon, qui a abrité la Fondation Flandreysy-Espérandieu, a pendant cinq siècles été la demeure des Baroncelli, originaires de Florence, de 1469 à 1908. Ce palais gothique a été transformé au XVIIe siècle en hôtel particulier et c'est Frédéric Mistral qui lui donnera le nom de Palais du Roure au XIXe siècle, nom qui signifie "Palais du Chêne". Lieu incontournable pour découvrir les personnalités de Folco de Baroncelli et Jeanne de Flandreysy, le Palais du Roure est aujourd'hui un Centre de la Culture Méditerranéenne, plus spécialement consacré à la Provence, son histoire, ses traditions, sa langue et sa littérature.

Le cadran solaire visible sur la façade depuis la cour du palais fut dédié au maréchal Pétain en mars 1941 suite à sa visite du 4 décembre 1940. Il déclara à ce moment "je reviendrai". Cela explique ces mots inscrits sur le cadran. L'extrémité du style est en forme de fleur de lys (D’après les recherches menées par Monsieur Michel LAMBALIEU de la Société Astronomique de France).



Cliché © Michel Lambalieu

Les Cadrans solaires d'Avignon #7


Hôtel de Madon de Châteaublanc

(13 rue Banasterie)

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Le cadran solaire de l’Hôtel de Madon de Châteaublanc, un lieu où l’astronomie est mise en valeur.

Cet hôtel a été construit par l'architecte Pierre II Mignard en 1687. Ce bâtiment est considéré comme son chef-d'œuvre en matière de construction privée. La cour de l'hôtel est ornée d'une calade réalisée par Henri Barrelet où sont représentées des comètes qui doivent certainement rappeler le passage de la comète de Halley en 1759.

Ce cadran solaire a été réalisé en 1930 par G. Bonnet, qui réalisera également le cadran analemmatique du Jardin du Rocher des Doms. L'année mentionnée rappelle l'année de construction de l'hôtel. La devise inscrite sur le cadran "SUFFICIT UNA" signifie "une seule suffit" (D’après les recherches menées par Monsieur Michel LAMBALIEU de la Société Astronomique de France).



Cliché © Michel Lambalieu

Dans les coulisses de Calvet

Restauration d'une console

Dans la perspective de l’ouverture prochaine de la Méridienne, un délicieux salon de bain, aménagé dans les années 1770 par la fille du marquis de Villeneuve, fermé au public depuis plusieurs années, se déroule en ce moment la restauration d’une console à quatre pieds ou table à gibier, accomplie par les soins d’un membre de l’équipe du musée Calvet, expérimenté dans ce domaine.

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Table à gibier, bois sculpté et doré à décor de palmettes, roses,

vases de fleurs, coquille et fond quadrillé à fleurettes.

Le dessus de la table en marbre gris est moderne.


France, XVIIIè siècle. Epoque Régence.

Don Goubet à la Fondation Calvet, 1944,

Musée Calvet,

Inv. 22 216.


Cette opération, minutieuse et délicate , accomplie à la feuille d’or, vise à restituer les parties manquantes du décor à l’or mais dans un esprit non illusionniste, afin de bien marquer la différence entre le décor à l’or primitif et les zones reprises.

Toute la difficulté consiste à ce que les parties reprises n’offrent pas un aspect clinquant mais soient brunies, patinées .




Odile CAVALIER,

Conservateur en chef du musée Calvet

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Les Cadrans solaires d'Avignon #6


Rue Carnot

(31 rue Carnot)

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Le cadran solaire de la rue Carnot, dans l’ancien quartier des sauniers.

A l’origine, cette rue portait le nom de rue de la Saunerie, c’est-à-dire le lieu où travaillaient les sauniers, les saleurs et les marchands de salaisons. Son nouveau nom lui fut donné, ainsi qu’à la place qui venait d’être créée, en 1894 ; ceci en l’honneur du Président Sadi Carnot venu à Avignon en 1890 et qui mourut assassiné en 1894.

Ce cadran solaire présente un style avec œilleton (D’après les recherches menées par Monsieur Michel LAMBALIEU de la Société Astronomique de France)



Cliché © Michel Lambalieu

Poussez la porte du Roure...

pour y découvrir ses hôtes

Le Palais du Roure présente en ce moment une exposition sur les personnalités qu’il accueillit au fil des siècles. L’exposition donne à voir les multiples traces laissées par les hôtes de passage dans cette maison hors du temps.

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Partie 3 - Mondanités culturelles :

le Roure de Jeanne de Flandreysy

En 1918, c’est Jeanne de Flandreysy qui saisit l’opportunité d’acheter le Palais du Roure. Femme de projet, battante, volontaire, qui se met personnellement en retrait dans le but unique de redonner au Palais du Roure un prestige. Elle œuvre pleinement pour le Roure et non tant pour elle, qui n’occupe que trois petites pièces de la demeure. Seul compte « son » Roure, qu’elle fait revivre par 30 ans de travaux incessants et par l’acquisition d’une quantité de livres, archives, documentation, correspondances, fac-similés, photographies qu’elle collecte, trie, classe...

Pour le Roure rien n’est trop, et les réceptions s’accumulent : conférences, cocktails, mémoires d’un grand esprit disparu, concerts… Ses réceptions et sa correspondance rassemblent notabilité locale, artistes, érudits et universitaires. L’immense violoncelliste Pablo Casals donne même un jour de 1956 un récital dans la cour du Palais du Roure. 1

Les amitiés persistent également avec des personnalités connues durant sa vie parisienne, comme Emile Ripert, universitaire spécialiste du Félibrige et de la langue provençale, sans oublier les anciens fils de la maison, le poète et père de la Camargue Folco de Baroncelli, ainsi que son frère cinéaste Jacques (2 et 3).

Elle accueille durablement plusieurs artistes : le peintre belge Henry de Groux (épisodiquement, de 1919 à 1930), le prêtre-poète Louis Le Cardonnel (en 1929 et de 1932 à 1936), qui vient s’éteindre au Palais du Roure, et le poète Léo Larguier, qui se réfugie au Roure durant la Seconde guerre mondiale (4 et 5).

Jeanne convole en 1936, à 62 ans. L’heureux époux est le Commandant Emile Espérandieu (1857-1939), 79 ans, académicien, l’un des archéologues les plus renommés de son temps, ancien directeur des fouilles d’Alésia. Un prestige l’accompagne et rejaillit sur le Roure, qui reçoit ses collections (6).

Jeanne œuvre ainsi pour la recherche intellectuelle sur la culture provençale. Elle fonde en 1952 l’Institut méditerranéen du Palais du Roure, centre de recherche établi sous le patronage des universités d’Aix et Montpellier. Le Roure est alors complété par la Villa du Chêne Vert, aux Angles, qui devient une « Villa Médicis » (7).


Légendes photos :

Couverture - Invitations à des réceptions ©Fabrice Lepeltier

1 - Cour du Roure – Inauguration de la cloche aux étoiles de Pablo Casals © Palais du Roure

2 et 3 - Henry de Groux avec sa fille et avec Louis Le Cardonnel © Palais du Roure

4-5 - Livres de Louis le Cardonnel et Léo Larguier ©Fabrice Lepeltier

6 - Médailles d’Emile Espérandieu ©Fabrice Lepeltier

7 - Emile Espérandieu triant ses papiers dans la cour du Roure © Palais du Roure

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Les Cadrans solaires d'Avignon #5


Rue du Vieux Sextier

(37 rue du Vieux Sextier)

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Le cadran solaire de la rue du Vieux Sextier, une invitation à la philanthropie.

Le nom de sextier vient du latin « sextarius » qui représentait le 1/6e d’un mesure romaine, le conge. Le nom de cette rue fait référence ici au grenier public. A partir de 1749, Jean-Baptiste Franque perça et aménagea cette voie d’accès. Elle s’appela alors rue Aquaviva du nom du Vice-légat de l’époque. Avec le déménagement du sextier, place Pie, cette rue prit alors le nom de Vieux Sextier.

Ce cadran placé en hauteur sur la façade du bâtiment présente une devise presque effacée, "c'est l'heure d'aimer". Son style (tige du cadran créant l'ombre) est terminé par une fleur de lys (D’après les recherches menées par Monsieur Michel LAMBALIEU de la Société Astronomique de France).



Cliché © Michel Lambalieu

Dans les coulisses du Roure

En attendant la réouverture...



L'inventaire des collections

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On peut penser qu'un musée fermé au public est un musée vide, sans personnel. Détrompez-vous ! Sans négliger toutes les mesures pour contenir la propagation du virus, les musées doivent remplir leur fonction première de conservation du patrimoine.


Au Palais du Roure, en complément du personnel déjà affecté aux collections, les agents d'accueil, en manque de public à recevoir, se transforment en personnel scientifique! Et c'est en fait la priorité pour un musée avant d'exposer une œuvre : il faut l'inventorier et la faire ainsi entrer dans la collection. Par inventaire, il faut entendre la création d'un numéro d'inventaire pour chaque œuvre, leur marquage, leur numérisation ou prise photographique et leur classement, soit en réserve, soit en salle d'exposition.

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Une réserve de périodiques et de documents

Actuellement, l'équipe est en train d'inventorier et de classer des périodiques dont les plus anciens numéros datent du XVIIIe siècle.

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Nous procédons aussi à la numérisation d'un lot de ... 13 000 photographies ! De quoi tenir jusque la fin du confinement... Et plus encore.

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Une fois inventoriés, les périodiques sont conditionnés et classés

Inventorier, mais pour quoi faire ? Cela nous permettra de diffuser ces collections à toute personne intéressée pour faire avancer la recherche...

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...mais aussi de concevoir de nouvelles expositions temporaires, de publier des ouvrages et des catalogues.

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L'Aioli, journal littéraire provençal créé par F. Mistral dont la rédaction se trouvait au Palais du Roure (rédacteur en chef : Folco de Baroncelli)

Les collections du Palais du Roure, au-delà des œuvres d'art et des objets traditionnels provençaux, sont variées : ouvrages, périodiques, archives documentaires, iconographiques...

Toutes nos collections sont accessibles au public. Pour toute demande de renseignement, n'hésitez pas à nous contacter :

palais.roure@mairie-avignon.com ou 04 13 60 50 01


Crédits photographiques : S. Dublange



Les Cadrans solaires d'Avignon #4


Bibliothèque Ceccano

(2 bis rue Laboureur)

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Le cadran solaire à réflexion de la Bibliothèque Ceccano réalisé par Athanase Kircher.

La bibliothèque municipale occupe la livrée qui porte le nom du Cardinal Annibal Ceccano. Il l'occupa de 1332 à 1350. Il poursuivit la construction amorcée par son prédécesseur le Cardinal d'Arrabloy.

Cette livrée est une des mieux conservée d'Avignon. Ce bâtiment est devenu un collège jésuite en 1564 et un lycée de 1810 à 1960. Les bâtiments furent attribués à la bibliothèque municipale en 1970 et la restauration de la livrée fut confiée aux Monuments Historiques sous la conduite de l'architecte en chef Jean Saunier. La bibliothèque a ouvert au public en 1982.

Dans la partie de la livrée appelée Tour de la Motte, il est encore possible de voir les tracés d'un cadran à réflexion. Celui-ci a été réalisé par Athanase Kircher, mathématicien et astronome, entre 1632 et 1633 alors qu'il était professeur au collège jésuite. Ce cadran fonctionnait à l'aide d'un miroir (D’après les recherches menées par Monsieur Michel LAMBALIEU de la Société Astronomique de France).



Cliché © Michel Lambalieu

« Un peu de soleil en hiver »

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Pendant le confinement, la vie quotidienne se poursuit au musée Calvet.

Des travaux de peinture se déroulent en ce moment dans le salon d’accueil du musée, la seule salle de l’ancien hôtel de Villeneuve- Martignan, ayant conservé sa magnifique voûte plate, prouesse architecturale caractéristique de l’œuvre des Franque.

Le ton vitaminé constituera un bel écrin pour les vues d’ Avignon réunies dans cet espace mais également pour les gouaches, aquarelles, dessins de Vernon Blake, artiste britannique mis à l’honneur dans l’ exposition « L’Artiste en majesté ».

Des œuvres en quasi-totalité inédites - natures mortes, paysages, portrait, nus féminins et académies d’hommes - prendront place sur les cimaises. Rendez- vous l’année prochaine !



Odile CAVALIER,

Conservateur en chef du musée Calvet

Poussez la porte du Roure...

pour y découvrir ses hôtes

Le Palais du Roure présente en ce moment une exposition sur les personnalités qu’il accueillit au fil des siècles. L’exposition donne à voir les multiples traces laissées par les hôtes de passage dans cette maison hors du temps.

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Partie 2 - 1905-1918 :

Mondanités parisiennes : Jeanne de Flandreysy et la Belle-Epoque

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C’est une certaine Jeanne de Flandreysy qui rachète en 1918 le Palais du Roure. Née Jeanne Mellier en 1874 à Valence, elle grandit dans un milieu cultivé et bourgeois. A 25 ans, Jeanne part en Ecosse et s’invente un mari, Aymar de Flandreysy, qui a la bienséance de mourir quelques jours plus tard. Les faire-part de mariage et de décès envoyés n’y font pas vraiment illusion. Mais cette particule et ce veuvage font leur effet et Jeanne est vite intégrée aux mondanités de la capitale lorsqu’elle s’y installe en 1905.



© F. Lepeltier & Palais du Roure

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La Belle-Epoque bat son plein : insouciance, réceptions, sorties culturelles, salons, toilettes raffinées… Jeanne est régulièrement vue à la sortie des opéras, dans les salons, elle devient une égérie de la Belle-Epoque. Elle tient un salon chez elle, au 71 rue de Chaillot. On y croise tout spécialement les provençaux « exilés » : Paul Mariéton, Jules Charles-Roux, mais aussi Jules Claretie, romancier, académicien, administrateur de la Comédie française et Angelo Mariani, pharmacien, inventeur du vin à la coca (ancêtre du coca-cola). Jeanne est journaliste au Figaro littéraire jusqu’en 1910.



© F. Lepeltier & Palais du Roure

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En 1903, elle avait fait la connaissance de Jules Charles-Roux (1841-1918). Marseillais, ancien député, armateur, président de la Société transatlantique, homme au poids économique et politique considérable, il se divertit d’un emploi du temps chargé en promouvant la culture provençale : mécénat, écriture de livres, réalisation d’une banque d’images… Jeanne devient son bras-droit et y investit l’essentiel de son temps. Femme à l’énergie et à la volonté hors du commun, elle se donne sans compter. Grande amatrice de littérature, elle voit vite la puissance et l’originalité littéraire de la culture provençale. Le contact de Charles-Roux et de Frédéric Mistral (qu’elle connaît dès 1900) va contribuer à approfondir sa personnalité.



© F. Lepeltier & Palais du Roure

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Les Cadrans solaires d'Avignon #3


Aumône Générale

(Rue des Lices)

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Le cadran solaire de l’Aumônerie Générale, un des plus grands d’Avignon.

Cette institution a été créée en 1592 afin d'accueillir les pauvres. Installée en bordure de la rue des Lices en 1610, plusieurs campagnes de travaux vont se succéder entre 1669 et 1778.

Les dernières ont été l'œuvre de Jean-Baptiste et Jean-Pierre Franque. Ils édifièrent un ensemble en forme de U doté de quatre rangs superposés de galeries en arcades.

Au milieu du XIXe siècle, ce bâtiment devint une "caserne des Passagers". En 1890, l'aile Est accueillit l'Ecole des Beaux-Arts. Après le déménagement de l'école d'art en 1998, le bâtiment a été vendu par la ville avec l'objectif d'une réhabilitation immobilière.

Ce cadran solaire est de grandes dimensions et s'appuie sur une base sur laquelle est inscrite l'année 1789. La devise gravée "ORA NE FUCIAT HORA" signifie "Prie avant que l'heure ne disparaisse" (le terme exact aurait dû être FUGIAT et non FUCIAT) (D’après les recherches menées par Monsieur Michel LAMBALIEU de la Société Astronomique de France).

Cliché © Michel Lambalieu

Poussez la porte du Roure...

pour y découvrir ses hôtes

Le Palais du Roure présente en ce moment une exposition sur les personnalités qu’il accueillit au fil des siècles. L’exposition donne à voir les multiples traces laissées par les hôtes de passage dans cette maison hors du temps.


Partie 1 - 1462-1907 : les Marquis de Baroncelli-Javon reçoivent

Pierre Baroncelli, Florentin œuvrant dans le milieu financier, bâtit dans la seconde moitié du XVe s. l’hôtel particulier que l’on nommera plus tard « Palais du Roure ». Il est fait Trésorier du Comtat Venaissin par le légat du Pape, Julien Della Rovere, le futur pape Jules II. La nièce de ce dernier devient même l’épouse du fils unique de Pierre. A la génération suivante, les Baroncelli sont faits seigneurs de Javon.


Une nouvelle génération plus tard, les voici quittant le monde des affaires pour se comporter en administrateurs de leurs terres. Il semble d’ailleurs que le roi Henri II ait été leur hôte vers 1535. Sa favorite, Diane de Poitiers, a probablement séjourné en cet hôtel l’an 1565. Signe de cette intégration à la noblesse comtadine, Barthélémy de Baroncelli épouse en 1576 la sœur du Brave Crillon, l’un des plus fameux capitaines d’Henri IV. La famille suit les évolutions de l’aristocratie locale, se détournant du pape et se rapprochant du roi. Les Baroncelli font carrière dans ses Armées, avant d’intégrer la cour dans de petites fonctions, pour finalement voir en 1781 Alexandre-Joseph-Félicien Baroncelli de Javon signant son contrat de mariage à Versailles, devant la cour, en présence du roi et de la reine.


Progressivement ruinés au XIXe s. ils tentent de maintenir leur ancien lustre et continuent à être reçus dans la notabilité. A la fin du XIXe s., ils fréquentent assidument les Félibres et leur figure de proue, Frédéric Mistral. Fêtes et réceptions sont nombreuses pendant cette longue période. On peut imaginer les visiteurs de marque dans le salon rouge et ses peintures de Parrocel, accueillis par les musiciens dissimulés dans la galerie supérieure. Une réception nous est longuement décrite, celle du mariage de Folco de Baroncelli, en 1895. Tour à tour colorée, solennelle, festive et joyeuse, elle donne une idée de la famille et de l’hôtel avant que, ruinés, les Baroncelli doivent vendre en 1907.



Lien vidéo :

Une réception au Roure en 1895, par Charles Le Gras.

Voix : Louis Millet.

Les Cadrans solaires d'Avignon #2


Rues Damette et Brouette

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Au détour des Rues Damettes et Brouettes, un cadran solaire de 1935.

Ces deux rues se situaient au XIXe siècle dans un quartier populaire. L’origine de leurs noms reste inconnue mais d’après Paul Achard, archiviste du département de Vaucluse et de la ville d’Avignon au milieu du XIXe siècle, la rue Brouette était habitée par des cultivateurs et on lui aurait alors donné le nom de cet outil.

Ce cadran solaire a été réalisé en trompe l'œil. Il date de 1935. (D’après les recherches menées par Monsieur Michel LAMBALIEU de la Société Astronomique de France).




Cliché © Michel Lambalieu


Dans les coulisses du Roure

A l'approche de Noël, un événement très attendu se prépare...

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C'est le cycle calendal !

Cette année, le Palais du Roure propose une crèche originale accompagnée de la traditionnelle table des treize desserts. C'est en partenariat avec l'association L'Estello d'Avignoun, et notamment Jean-Victor Moureau, que sont érigés les décors qui accueilleront les petits personnages de la crèche.

Les santons proviennent d'une grande famille de Félibres avignonnais, les Aubanel. Ils prendront place dans la majestueuse chambre au plafond, au milieu des nombreux portraits de la famille Baroncelli, propriétaire de la demeure pendant cinq siècles.

Suivez le montage de la crèche 2020 pas à pas, de quoi vous donner l'eau à la bouche avant son ouverture au public.


(Crédits photographiques : D. Pacaut, J-V. Moureau)

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Les Cadrans solaires d'Avignon #1


Abbaye Saint Ruf

(Avenue de la Cabrière)

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A la découverte du cadran solaire de l’Abbaye de Saint Ruf, peut-être le plus ancien de la ville.

L'abbaye Saint Ruf est considérée comme le plus ancien lieu chrétien d'Avignon, sa fondation remontant au IVe siècle. Des tombes des Ve et VIe siècles y ont été mises au jour. L'abbaye acquit une certaine importance au XIe siècle. L'abbaye dont on peut voir les vestiges aujourd'hui est une construction qui date du XIIe siècle. Ses activités déclinant au fil des siècles, sa démolition fut ordonnée en 1763.

Les restes du bâtiment furent utilisés de manières diverses par des propriétaires privés et ce qui restait de l'édifice fut donné à la Ville en 1928. Une restauration de l'abbaye fut entreprise en 1944. De nouvelles fouilles archéologiques ont été menées en 2018.

Le cadran solaire de l'abbaye Saint Ruf est visible au sommet du clocher, au-dessus de la baie géminée. Il s'agit d'un cadran canonial qui doit dater de l'époque de la construction de l'édifice, soit le XIIe siècle. Ce cadran servait à rythmer les actes liturgiques. Il se présente sous la forme d'un demi-cercle divisé en quatre secteurs égaux. Il n'y a pas d'indications chiffrées (D’après les recherches menées par Monsieur Michel LAMBALIEU de la Société Astronomique de France).



Cliché © Michel Lambalieu

Lecture rourienne #4

En ces temps de confinement, le Palais du Roure vous propose quelques pistes de lecture autour de son exposition Folco de Baroncelli (1869-1943), le poème d’une vie (1). Aujourd’hui, nous vous présentons une nouvelle pleine de fraîcheur où la Camargue vient rencontrer Avignon.

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Babali,

Auteur : Folco de Baroncelli

Editeur : Edition J. Roumanille, Avignon

Année : 1890

Nombre de pages : 54

Langue : bilingue français-provençal

Rééditions en 1910 (Roumanille), 1910 (Lemerre), 2004 (L’aucèu libre), 2018 (C. Lacour)

Aujourd’hui, nous vous présentons une nouvelle pleine de fraîcheur où la Camargue vient rencontrer Avignon.

Résumé :

A Avignon au XIXe siècle, une histoire d’amour pleine d’un charme naïf, entre une brosseuse d’indiennes de la rue des Teinturiers et un gardian de Camargue.

Commentaire :

L’ouvrage, très court, est très intéressant en ce qu’il présente déjà toutes les préoccupations futures de Folco de Baroncelli, bien qu’il s’agisse de son premier ouvrage, écrit à 19 ans : l’on y rencontre Avignon et la Camargue, mêlés dans un amour commun, les chevaux et les taureaux qui l’ensorcellent déjà, des descriptions charnelles d’Avignon et des coutumes provençales ; Folco y déplore le temps qui passe et la « modernisation » qui nivelle tout et efface les coutumes.

Cette nouvelle a révélé Folco aux yeux du Maître, Mistral, qui le connaissait depuis peu, et qui décida peu après de donner à cet amoureux fou de la langue provençale les rênes de L’Aiòli, ce journal intégralement en lengo nostro édité au Palais du Roure de 1891 à 1899.

Un petit livre fondateur.


Où se procurer le livre ?

Auprès de l’éditeur L’aucèu libre (réédition de 2004) : lauceulibre@gmail.com / +33 (0)6 23 53 25 32 / http://lauceulibre.com/node/7

Prix hors frais de port : 7,50€

Reproduction numérique par Gallica disponible sur : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9342869


(1) Folco de Baroncelli, descendant des Baroncelli qui construisirent le Palais du Roure au XVe s. et s’y maintinrent jusqu’à sa génération, est un personnage incontournable de la culture provençale. Tôt épris de sa culture et de sa langue, il s’installa en Camargue à 26 ans (1895) et s’y fit éleveur de chevaux et taureaux. Il devint le protecteur, le transmetteur et parfois l’inventeur de la Camargue, qui lui doit tout de son image positive actuelle et l’essentiel de sa préservation.

Lengo nostro #3

Une petite série hebdomadaire qui vous propose de découvrir la richesse et la beauté de la langue provençale.

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Banasto, banastarié et banastado…


Les Avignonnais connaissent bien la rue de la Banasterie, où se trouvent l’ancienne prison et la chapelle des Pénitents noirs, ainsi nommée parce que la corporation des vanniers (BANASTIÉ) y était installée, côté Rhône. La BANASTO désigne une grande corbeille d’osier ou un bât de bête de somme, ce qui correspond, dans la langue française, au mot banne. Il semblerait que l’origine du mot soit gauloise. On trouve le mot banastre (augmentatif) dans le français médiéval, par exemple, dans le Roman de Renard (« Et de paniers et de banastres / Et de corbeilles et de vans », v. 28619). Le mot BANASTO, je l’ai souvent entendu prononcer par une vieille amie avignonnaise, qui pouvait dire gentiment de l’un : « Il est sot comme une banasto », ou à une autre : « Mais, tu n’as rien compris, banasto ! » Elle disait aussi « il a versé la banasto » pour parler de quelqu’un qui avait, enfin, exprimé tout ce qu’il avait sur le cœur. Dans son dictionnaire, Frédéric Mistral donne quelques expressions utilisant ce mot : Brula banasto, « changer de vie » (littéralement : brûler la corbeille) ; Chausi sus la banasto, « trier sur le volet » (littéralement : choisir le dessus du panier) ; Sèmblo toumba di banasto, « on dirait qu’il tombe des nues », Noun poudènt tabassa l’ase, pico sur li banasto, « ne pouvant atteindre l’un, il frappe sur l’autre » (ne pouvant frapper l’âne, il tape sur les bannes) ; A estudia souto uno banasto, « se dit d’une personne ignare » ; Quau a fa ‘no banasto, pòu bèn faire un banastoun, « qui peut le plus, peut le moins » (qui a fait une grande corbeille peut bien faire un petit panier). Une des choses qui font la richesse de la langue provençale, c’est sa grande souplesse pour créer des familles de mots. Ainsi, BANASTEJA est le verbe qui décrit l’action de transporter quelque chose dans des bannes, à dos d’âne ou de mulet ; une BANASTASSO sera bien sûr une grosse banne, et un BANASTOUN, une petite (mais attention, quand on parle d’un vièi banastoun, il peut s’agir d’une insulte pour une « vieille coquette » !). Et puisqu’une banasto n’a semble-t-il pas beaucoup de jugeote, une banastado peut être soit le contenu d’une banne, soit… une sottise. Enfin, le verbe EMBANASTA signifie « mettre dans une banne, dans des paniers ; suspendre des paniers au bât d’une bête de somme », « embâter », et, par un logique glissement de sens, « (se) charger d’un fardeau » ou « (s’)embarrasser ». De-là on comprendra que dire s’embanasta ’mé quaucun pour « se marier » revient à parler avec bien peu d’enthousiasme de cette belle institution…


Céline Magrini,

Docteur ès lettres,

spécialiste de littérature provençale

Who's who ? # 9


du Petit Palais

À la découverte des personnages du musée du Petit Palais : sainte Catherine d’Alexandrie, celle qui mis en déroute les cinquante plus grands savants de son temps

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Sainte Catherine d’Alexandrie,


Josse Lieferinxe.

Musée du Petit Palais,

dépôt de la Fondation Calvet,

Calvet 22648.


Crédit photo : Philippe Lepeltier – L’œil et la mémoire


Nom : Catherine d’Alexandrie

Né à Alexandrie vers 294, morte à Alexandrie vers 312

Signes distinctifs :

Vêtements royaux, Catherine était fille de roi

Roue hérissée de piquants et épée, les instruments de ses martyres successifs

Palme, symbole de sa qualité de martyre

Signe bonus :

Anneau, car elle se considérait comme fiancée au Christ

Livre, symbole de sa grande érudition

Fille d’un roi et élevée dans la foi chrétienne, Catherine reçut une éducation soignée qui permit à son intelligence de s’épanouir. Elle protesta auprès de l’empereur Maximin qui entendait faire renier aux chrétiens d’Alexandrie leur foi et lui tint tête avec tant de sagesse et d’aplomb que l’empereur impressionné, la fit mener dans son palais. Sa beauté ne gâchait évidemment rien…

N’arrivant pas à réfuter les arguments de la jeune fille quant à sa croyance en un Dieu unique, l’empereur convoqua à Alexandrie tout ce que l’empire comptait de plus éloquent, de plus sage, de plus savant. Ces cinquante éminents personnages furent invités à raisonner la jeune fille. Le combat semblait inégal. Et pourtant à bout d’arguments, ils n’eurent d’autre alternative que d’embrasser la foi chrétienne. De dépit, l’empereur les fit brûler.

Mais l’empereur nourrissait d’autres projets pour Catherine et il lui proposa par trois fois de devenir sa seconde épouse.

Au premier refus, elle fut jetée en prison et privée de nourriture. Secourue par des anges, elle convertit ceux qui l’approchaient dans sa geôle : l’impératrice et le général des armées, qui entraîna à sa suite deux cents de ses soldats. Ils seront exécutés à leur tour.

Au deuxième refus, l’empereur décida de faire de son supplice un exemple édifiant pour tous les chrétiens : elle sera attachée à quatre roues hérissées de piquants qui broieront et déchiquèteront ses membres. Une intervention divine détruisit l’instrument de ce supplice.

Au troisième refus, l’empereur choisit une méthode plus simple et fit décapiter Catherine.

Très répandue en Orient, la dévotion à sainte Catherine se développa en Occident à la faveur des Croisades. Elle devient rapidement une sainte très populaire. L’existence historique de sainte Catherine d’Alexandrie n’est cependant pas assurée et sa légende a peut-être été forgée d’après la vie de la philosophe grecque Hypathie qui vécut au IVe siècle.


Marie Mayot, adjointe à la directrice

du musée du Petit Palais

Voyageurs et résidents célèbres

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Rome, vers 1740- 1760

Le colonel John Hay, comte d’Inverness

Médaillon en marbre,

Don à la Fondation Calvet 1818,

Musée Calvet, inv.'N 146


Ce médaillon, à la facture soignée, provient de l’ancienne église paroissiale Saint- Geniès, à Avignon, rebâtie par l’architecte Jean-Baptiste Franque, le constructeur de l’hôtel de Villeneuve- Martignan, actuel musée Calvet.

Il ressuscite une page importante de l’histoire britannique, la lutte menée en vain par les partisans de l’Old Pretender, le vieux Prétendant, Jacques Stuart (1686-1766), catholique, reconnu comme roi d’Angleterre, sous le nom de Jacques III par Louis XIV en 1703.

Après l’insurrection jacobite de 1715, le Prétendant, sous le nom du chevalier de Saint Georges, prit le chemin de l’exil et résida à Avignon jusqu’à son départ pour Rome en 1716.

Le médaillon représente un de ses plus fidèles partisans, le colonel John Hay (1691- 1740), comte d’Inverness qui suivit Jacques Stuart en France. Installé à Avignon en 1731, il s’installa dans l’hôtel d’Ancezune et demeura dans la cité papale jusqu’à sa disparition brutale.

Lord Inverness était chevalier de l’ordre du chardon et la plaque de l’ordre figure en bonne place sur sa cuirasse. Le monument funéraire auquel cette œuvre se rattache avait été commandé par l’épouse de John Hay, Marjory Murray, fille du vicomte Stormont. Lady Inverness demeura à Avignon jusqu’à sa disparition, survenue en 1766.

A une date indéterminée, Esprit Calvet mit la main sur la collection de médailles qui avait été constituée par feu son époux et lui venait en partie de Jacques III.

Odile Cavalier,

Conservateur en chef du Musée Calvet

Sites remarquables 7

Avignon Antique

La voie romaine Agrippa

Cette voie romaine a été créée par Agrippa en 22 avant J.-C. Elle prenait la direction de la ville d’Arles au sud et d’Orange et de Lyon au nord. La Via Agrippa sortait de la cité, au sud, par une porte située au niveau de la rue des Trois Faucons et prenait la direction de Monclar. Au nord, la voie devait sortir de la ville au niveau de la Porte Saint-Lazare.

A l’époque romaine, les nécropoles se situaient près des voies. Des éléments de sépultures ont été mis au jour près du couvent des Célestins, sur le site de la Cité administrative, le cours Jean Jaurès, la rue Saint Michel et le boulevard Saint Michel.

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Tracé de la Via Agrippa

(CARRU Dominique, Le Rhône à Avignon. Données archéologiques dans Gallia, Tome 56, 1999, p. 109-120)

Sources : CARRU Dominique, TALLAH Linda : Vaucluse – Avignon, Carpentras, Cavaillon, 84-4, Carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2015 ; CARRU Dominique : Le Rhône à Avignon. Données archéologiques dans Gallia, Tome 56, 1999, p. 109-120.

Lecture rourienne # 3

En ces temps de confinement, le Palais du Roure vous propose quelques pistes de lecture autour de son exposition Folco de Baroncelli (1869-1943), le poème d’une vie(1).

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Ici le titre de votre article

Sous la Tiare d’Avignon : récits papalins et camarguais



Auteur : Folco de Baroncelli

Editeur : Bibliophiles du Roure, Avignon

Année : 1935

Nombre de pages : 169

Langue : bilingue français-provençal

Réédité récemment en deux volumes :

Racounte avignounen (Souto la Tiaro de Avignoun), récits papalins, L’aucèu libre, 2006.

Racounte camarguen, récits camarguais, L’aucèu libre, 2003.

Aujourd’hui, nous vous suggérons un livre très sensible, comme toujours lorsqu’il s’agit d’écrits de Folco de Baroncelli : Souto la Tiaro d’Avignoun/Sous la Tiare d’Avignon : récits papalins et camarguais​

Résumé :

Le livre rassemble différents courts récits, liés aux préoccupations de Folco de Baroncelli : la Provence, la Camargue, leur culture, une anecdote, le Félibrige, des souvenirs d’enfance, etc.

Commentaire :

Très joliment écrit. Folco de Baroncelli s’y livre avec sa sensibilité naturelle. Les chapitres de souvenirs sont spécialement intéressants, nous donnant mille détails, toujours imagés, chatoyants, touchants.


Où se procurer le livre ?

Racounte avignounen (réédition partielle de 2006) auprès de l’éditeur L’aucèu libre : lauceulibre@gmail.com / +33 (0)6 23 53 25 32 / http://lauceulibre.com/node/7

Prix hors frais de port : 12€

Edition complète ou Racounte camarguen : sur les sites de vente par correspondance.


(1)  Folco de Baroncelli, descendant des Baroncelli qui construisirent le Palais du Roure au XVe s. et s’y maintinrent jusqu’à sa génération, est un personnage incontournable de la culture provençale. Tôt épris de sa culture et de sa langue, il s’installa en Camargue à 26 ans (1895) et s’y fit éleveur de chevaux et taureaux. Il devint le protecteur, le transmetteur et parfois l’inventeur de la Camargue, qui lui doit tout de son image positive actuelle et l’essentiel de sa préservation.

Sites remarquables 6

Avignon Antique

Les quartiers résidentiels


Les exemples de la rue Laboureur

et de la rue Grivolas

De nombreuses découvertes archéologiques permettent de préciser la localisation des quartiers résidentiels à l’époque romaine. De riches habitations prenaient place dans ces secteurs périphériques de la ville dès le Ier siècle après J.-C.

Rue Laboureur, une habitation a été mise au jour comprenant trois salles avec sol de ciment blanc, sol de terre damée et une grande pièce avec pavement de plaquettes de marbre blanc.

Les fouilles réalisées rue Grivolas ont permis la découverte d’une riche habitation aux murs recouverts d’enduits peints et au sol décoré de mosaïques. Une galerie à pavés de marbre a été identifiée ainsi qu’une zone qui était probablement destinée à un jardin.

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Mosaïque de la maison gallo-romaine de la rue Grivolas (Cliché D. Carru, C. Markiewicz)

Sources : CARRU Dominique, TALLAH Linda : Vaucluse – Avignon, Carpentras, Cavaillon, 84-4, Carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2015.

Lengo Nostro # 2

Une petite série hebdomadaire qui vous propose de découvrir la richesse et la beauté de la langue provençale.

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Interdiction de « bader »


Si Jean de la Fontaine écrivait de nos jours la fable des Animaux malades de la peste, nul doute que les braves bêtes en leur conclave ne crieraient plus « haro sur le baudet », mais bien sûr « haro sur le badaud ». Et s’ils le faisaient en provençal, ils auraient doublement raison, puisque dans notre langue, le BADAU est non seulement un flâneur, personnage aujourd’hui moins coté qu’un incendiaire, mais aussi quelqu’un, circonstance aggravante, qui garde la bouche ouverte (bée), pour ne pas dire qu’il baie aux corneilles : bado à la luno ou bado à la figo. Le mot français badaud est un emprunt au provençal. Dans les deux langues, il a aussi le sens de naïf ou nigaud ; on le trouve déjà chez Rabelais avec cette signification, tant il est vrai que rester la bouche ouverte donne rarement l’air intelligent. On fera bien sûr la différence entre le gros bêta, BADALAS, et le jeune naïf, BADALET. Une BADALADO est donc une ânerie, et le BADALIGE, un véritable fléau. Ces mots (et il y en a d’autres) sont formés sur le verbe BADA, signifiant, comme son équivalent français bayer (et non bâiller, encore moins bailler !) : rester bouche bée. En provençal, cette définition ouvre un grand éventail de significations dérivées : contempler, envier, regarder avec étonnement, s’ébahir, s’extasier, rester à ne rien faire, ouvrir la bouche pour parler et même crier, ou au contraire écouter passivement et en silence… On peut utiliser ce verbe pour parler d’une mère éperdue d’admiration devant son pichoun (ve coume lou bado !), d’un téléspectateur devant le journal de 20 heures (BADAIRE), ou du cuir d’une chaussure se séparant lamentablement de la semelle (BADANTO)… Pour revenir au BADAU, Frédéric Mistral signale que l’an badau désigne la première année de mariage… ; et par ailleurs il mentionne que ce vocable est « le sobriquet des gens de Faucon, de Cairane, de Lauris (Vaucluse), de Tarascon, du Paradou (Bouches-du-Rhône), du Bourg-Saint-Andéol (Ardèche), qui du reste l’ont en commun avec les Parisiens. »


Céline Magrini, Docteur ès lettres,

spécialiste de littérature provençale​

Sites remarquables 5

Avignon Antique

Rue Racine



et secteur de l'église Saint Agricol

En 1975 ont débuté les travaux de construction de l’annexe de la mairie de la Ville d’Avignon. Lors du creusement de la zone située près du mur nord de l’église Saint Agricol, les vestiges d’une construction gallo-romaine ont été mis au jour. La longueur de ce bâtiment a pu être estimée à près de 120 m de long.

Cette construction constitue le portique sud du forum et l’étude des dépotoirs des tranchées de fondation suggère une datation de l’époque de Tibère. Il est possible, aujourd’hui, de voir une partie de ces vestiges rue Racine.

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Vestiges de la place de la Principale (Cliché Service d’archéologie du département de Vaucluse)

Sources : CARRU Dominique, TALLAH Linda : Vaucluse – Avignon, Carpentras, Cavaillon, 84-4, Carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2015.

Who's who ? # 8


du Petit Palais

À la découverte des personnages du musée du Petit Palais : le bienheureux Pierre de Luxembourg, mort en odeur de sainteté à 17 ans.

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La vision du bienheureux Pierre de Luxembourg,


Peintre provençal anonyme.

Musée du Petit Palais,

Calvet 3, dépôt de la Fondation Calvet.


Crédit photo : Philippe Lepeltier – L’œil et la mémoire

Nom : Pierre de Luxembourg

Né à Ligny-en-Barrois le 20 juillet 1369, mort à Villeneuve-lès-Avignon le 5 juillet 1387

Signes distinctifs : les représentations de Pierre de Luxembourg portant l’habit cardinalice rouge insistent sur la jeunesse du personnage.

Signe bonus : gratifié de nombreuses extases où le Christ lui apparaît, Pierre de Luxembourg est souvent montré en prière devant un crucifix.

Issu d’une maison de l’ancienne chevalerie de la Lorraine, Pierre de Luxembourg devint orphelin très tôt. On le destina alors à l’Eglise et il fut envoyé à Paris en 1377 pour y commencer ses études. En remerciement du soutien que sa famille lui accorda pendant le Grand Schisme d’Occident, le pape Clément VII (1378-1394) le nomma évêque de Metz en 1384 - il avait alors 15 ans – puis cardinal en 1386. Pierre de Luxembourg s’installa alors à la cour pontificale d’Avignon. Il y poursuivit alors la une vie ascétique faite de jeûne et de pénitence produisant un contraste saisissant avec le faste qui règnait à la cour pontificale. Pierre de Luxembourg marqua également les esprits par les aumônes généreuses qu’il distribuait aux pauvres avignonnais. Les nombreuses extases dont il fut gratifié étaient également connue du public et il jouissait d’une grande popularité.

Epuisé par les privations, il mourut à l’âge de 17 ans et selon son souhait fut enterré au cimetière des pauvres de la ville (emplacement de l’actuelle place des Corps Saints). La foule qui le considérait déjà comme un saint se pressa pour assister à ses funérailles et la rumeur des miracles qui se produisaient sur sa tombe continua d’attirer de nombreux fidèles. Son procès en canonisation débuta en 1390 mais fut interrompu par la mort de Clément VII. Il sera finalement simplement béatifié, c’est-à-dire déclaré bienheureux, en 1527.

En 1389, une chapelle provisoire en bois fut édifiée au-dessus de la tombe du saint mais très vite, l’engouement pour ce pèlerinage et la gloire du personnage encouragea le roi de France et le pape à envisager une construction plus ambitieuse ; ce sera le couvent des Célestins dont la première pierre fut posée en 1395. En parallèle de cette construction, une chapelle en pierre fut construite à l’emplacement de la chapelle provisoire en bois. Par ses deux travées au nord construites en 1425, elle est adossée à la chapelle de Tous les Saints ou chapelle Saint-Michel (toujours en place) et par les deux travées supplémentaires érigées au sud en 1449, elle est jointe au transept de l’église des Célestins. Il ne reste rien aujourd’hui du riche décor de cette chapelle, l’occupation militaire du XIXe ayant profondément bouleversé les lieux.


Marie Mayot, adjointe à la directrice

du musée du Petit Palais

Sites remarquables 4

Avignon Antique

Place de le Principale

Les fouilles archéologiques réalisées au niveau de la place de la Principale ont montré l’existence d’un complexe monumental important de près de 2600 m2.

Les vestiges découverts ont permis de mettre en évidence l’existence d’un espace ouvert, bordé d’une galerie double à l’est et au nord d’une construction entourée d’un sol dallé avec un grand bassin. Au niveau de la chapelle des Pénitents Blancs, les vestiges d’un bâtiment ont été mis au jour, certainement les thermes.

Il est possible que cet ensemble architectural soit né afin de créer un second centre qui serait devenu le nouveau forum ou une extension du forum de la ville notamment pour se rapprocher de la voie Agrippa.

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Chantier de fouilles archéologiques de la rue Racine (Cliché Photothèque Ville d’Avignon)

Sources : COLLECTIF : Histoire d’Avignon, Edisud, 1979 ; CARRU Dominique, TALLAH Linda : Vaucluse – Avignon, Carpentras, Cavaillon, 84-4, Carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2015.

Who's who ? # 7


du Petit Palais

À la découverte des personnages du musée du Petit Palais : Saint Catherine de Sienne, première femme Docteur de l’Eglise.

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Sainte Catherine de Sienne,

Carlo Crivelli.

Musée du Petit Palais,

M.I. 495,

dépôt du Musée du Louvre.


Crédit photo : Philippe Lepeltier – L’œil et la mémoire

Nom de naissance : Catherine Benincasa

Nom d'usage : Catherine de Sienne

Née à Sienne en 1347, morte à Rome en 1380

Signes distinctifs :

Habit blanc à manteau bleu foncé de l’ordre des Dominicains

Lys symbolisant la virginité de la sainte qui fit vœu de chasteté vers l’âge de 7 ans

Crucifix rappelant les fréquentes apparitions du Christ à la sainte

Livre évoquant les nombreux et influents écrits de la sainte

Signe bonus :

Couronne d’épines

Très tôt et contre l’avis de sa famille, Catherine décida de se consacrer à Dieu et entra dans les ordres sous l’habit des Sœurs de la Pénitence de saint Dominique à l’âge de 17 ans. Elle n’avait pas attendu son ordination pour mener une vie très ascétique marquée par le jeûne, les privations de sommeil, pour se consacrer à la prière, et les pénitences. Catherine était connue pour ses nombreuses expériences mystiques : elle relate en effet plusieurs visions et apparitions du Christ qui l’entretient de religion. Au cours d’une de ces extases, le Christ lui remit un anneau faisant d’elle son épouse en Dieu : cet épisode, souvent représenté par les peintres, est appelé le mariage mystique de saint Catherine.

C’est également en partie au cours de ses extases qu’elle dicte des traités de théologie dont l’importance est telle qu’elle sera la première femme reconnue Docteur de l’Eglise (en 1970 certes).

Préoccupée par le sort de l’Eglise dans cette période troublée qu’est la fin du XIVe siècle, elle s’investit progressivement dans les affaires publiques. En 1376, elle accompagne une délégation florentine à la cour pontificale avignonnaise. Là, elle use de l’influence qu’elle a acquise sur le pape Grégoire XI pour le convaincre de retourner à Rome, ce qu’il entreprendra la même année. Elle effectuera ensuite de nombreuses missions au service de la cause pontificale et aura une intense activité épistolaire au moment du Grand Schisme d’Occident (période de division de la chrétienté entre Rome et Avignon de 1378 à 1417) pour convaincre ses interlocuteurs de supporter le pape romain et de se détourner du pape avignonnais.

Elle meurt à l’âge de 33 ans, épuisée.

Sa courte vie aura néanmoins un retentissement important : canonisée des 1461 (ce qui est plutôt rapide pour un procès en canonisation), elle devient la patronne de Rome en 1866 puis de l’Italie en 1939 et enfin Docteur de l’Eglise en 1970.


Marie Mayot, adjointe à la directrice

du musée du Petit Palais

Lecture rourienne #2

En ces temps de confinement, le Palais du Roure vous propose quelques pistes de lecture autour de son exposition Folco de Baroncelli (1869-1943), le poème d’une vie (1).

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Folco de Baroncelli

Auteur : Henriette Dibon

Editeur : Editions Bene, Nîmes

Année : 1982

Nombre de pages : 432

Langue : français

Aujourd’hui, nous vous invitons à (re)découvrir la principale biographie sur Folco de Baroncelli : Folco de Baroncelli, par Henriette Dibon.

Résumé :

Biographie générale de Folco de Baroncelli, le père de la Camargue, à la vie riche et complexe et aux réalisations durables.

Commentaire :

Certainement le meilleur ouvrage à ce jour sur Folco de Baroncelli. L’auteur l’a parfaitement connu et écrit dans une langue fluide et agréable. Le livre est précis et fouillé sans être compliqué. Il nous fait rentrer non seulement dans les réalisations de l’homme, mais dans son intimité, ses tourments intérieurs. Surtout, l’auteur sait comprendre et expliquer l’esprit et les motivations du « Marquis ».

Le livre souffre bien entendu quelques légères limites. Si l’auteur donne ses sources principales, elle ne les cite pas en note auprès de chaque fait, ce qui gêne un peu le lecteur s’il est historien ; mais si l’on connaît le sujet, l’on se rend compte combien ce qui est écrit est exact et bien interprété. Henriette Dibon entre peu dans quelques rares sujets encore trop sensibles à l’époque où elle écrit. Elle le fait cependant consciemment, estimant que le temps n’est pas encore venu et que ces sujets n’empêchent pas de comprendre l’essentiel de la vie, de l’œuvre et de l’esprit du Marquis, ce qui est exact.



Où se procurer le livre ?

http://www.alasardbautezar.com/catalogue.html#fond-jouveau

Prix hors frais de port : 25€


(1) Folco de Baroncelli, descendant des Baroncelli qui construisirent le Palais du Roure au XVe s. et s’y maintinrent jusqu’à sa génération, est un personnage incontournable de la culture provençale. Tôt épris de sa culture et de sa langue, il s’installa en Camargue à 26 ans (1895) et s’y fit éleveur de chevaux et taureaux. Il devint le protecteur, le transmetteur et parfois l’inventeur de la Camargue, qui lui doit tout de son image positive actuelle et l’essentiel de sa préservation.

Sites remarquables 3

Avignon Antique

Rue Petite fusterie

et rue Saint Etienne

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Arcades des rues Petite Fusterie et Grande Fusterie se développant de l’église Saint Agricol à la Porte Eyguière Détail du plan d’Avignon au XIIe siècle (Cliché M. Daspet, Histoire d’Avignon, Edisud, 1979, p. 59)

L’espace du forum gallo-romain était ouvert sur le Rhône, vers l’ouest, et était soutenu par un mur de soutènement, doublé d’une rangée d’arcades qui formaient une longue galerie en bordure du fleuve.

Des vestiges de celles-ci sont visibles à la descente de l’escalier rue Saint-Etienne.

Le reste de ces arcades sont dissimulées dans les maçonneries des habitations, côté pair de la rue de la Petite Fusterie et dans les bâtiments de la rue des Grottes.

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Arceaux de la rue Saint Etienne

(Clichés Service d’archéologie du département de Vaucluse)

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Sources : GIRARD Joseph : Evocation du Vieil Avignon, Les Editions de Minuit, 1958 ; COLLECTIF : Histoire d’Avignon, Edisud, 1979 ; CARRU Dominique, TALLAH Linda : Vaucluse – Avignon, Carpentras, Cavaillon, 84-4, Carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2015.

Lecture rourienne #1

En ces temps de confinement, le Palais du Roure vous propose quelques pistes de lecture autour de son exposition Folco de Baroncelli (1869-1943), le poème d’une vie (1).

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L’invention de la Camargue

ou la véritable histoire du légendaire Folco de Baroncelli


Réalisateur : Vincent Froehly

Producteur : Supermouche productions

Année : 2017

Durée : 52 minutes

Langue : français

Pour introduire le sujet, cependant, nous vous invitons à visionner tout d’abord un documentaire : L’invention de la Camargue ou la véritable histoire du légendaire Folco de Baroncelli.

Résumé :

Une présentation assez complète de Folco de Baroncelli, essentiellement axée sur son œuvre principale : le sauvetage de la Camargue et de ses traditions.

Commentaire :

Le réalisateur s’était très bien documenté, notamment au Palais du Roure, dans une démarche d’historien, s’attachant aux sources et à la compréhension du personnage et des faits, évitant de plaquer des points de vue préfabriqués. Le fond est ainsi essentiellement fiable, faisant de ce documentaire une bonne introduction au personnage.

Le titre « l’invention » de la Camargue est volontairement un peu provocateur : le réalisateur avait conscience que le terme était une outrance, la Camargue et beaucoup de ses traditions préexistant à Folco de Baroncelli. Mais cette terre lui doit néanmoins l’essentiel de sa préservation naturelle et culturelle, ainsi que le changement complet de son image auprès du grand public : Folco de Baroncelli a en effet su faire partager sa vision poétique de cette terre sauvage.


Où se procurer le DVD ?

-Jusqu’au 30 avril, vous pouvez le commander auprès du Palais du Roure (renseignements au 07.63.72.79.01.)

-Au-delà, renseignez-vous auprès du producteur pour savoir si son service d’expédition fonctionne (renseignements : https://supermouche.fr/contact/)

Prix hors frais de port : 12€

Sites remarquables 2

Avignon Antique

Place de l'Horloge

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Fresque mise au jour rue Félicien David (Cliché Service d’archéologie du département de Vaucluse)

LE FORUM GALLO-ROMAIN D’AVIGNON


Les fouilles effectuées au XIXe siècle, sur la place de l’Horloge, ont permis de situer le forum antique

Lors de ces fouilles, au niveau des fondations de l’Hôtel de Ville, des portraits sculptés ont été mis au jour tel Drusus le jeune et peut-être Auguste ou Tibère. Des éléments d’architectures ont également été découverts, fragments de colonnes, de chapiteaux ou de corniches.

Au printemps 2017, rue Félicien David, une fresque romaine a été mise au jour contre le bâtiment de l’Hôtel de Ville. Cette fresque représente un Eros entouré de candélabres. Le décor de style pompéien de cette fresque permet de la dater du Ier siècle.


Sources : GIRARD Joseph : Evocation du Vieil Avignon, Les Editions de Minuit, 1958 ; COLLECTIF : Histoire d’Avignon, Edisud, 1979 ; CARRU Dominique, TALLAH Linda : Vaucluse – Avignon, Carpentras, Cavaillon, 84-4, Carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2015 ; Service d’archéologie du département de Vaucluse.

Who's who ? # 6


du Petit Palais

À la découverte des personnages du musée du Petit Palais : Saint Jacques, patron des pèlerins et matamore.

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Saint Jacques,


Musée, du Petit Palais,

D.95,

dépôt du Palais des Papes.


Statuette provenant du décor du tombeau du cardinal Philippe de Cabassole à la Chartreuse de Bonpas, après 1372


Crédit photo : Caroline Mertens


Nom de naissance : Jacques de Zébédée

Nom d'usage : Jacques le Majeur (pour le distinguer d’un autre apôtre lui aussi prénommé Jacques et surnommé le Mineur)

Signes distinctifs :

• Il est habillé comme un pèlerin médiéval : bourdon (bâton), besace, calebasse (gourde), grande cape, chapeau à large bord.

• Une iconographie qui se répand à partir du XVIe siècle le représente monté sur un cheval blanc et brandissant une épée : on l’appelle alors le Tueur de Maures ou Matamore. Cette iconographie évoque l’intervention miraculeuse du saint qui mena à la victoire les Chrétiens d’Espagne contre l’armée de l’Emir de Cordoue au IXe siècle.

Signe bonus :

• La coquille Saint-Jacques : insigne du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle

Comme Pierre (voir Who’s who 5), Jacques était un simple pêcheur des bords du lac de Tibériade. Le Nouveau Testament le présente comme l’un des premiers et des plus proches disciples de Jésus ; il trouva la mort en même temps que Pierre.

Cependant bien des légendes entourent ce saint. La plus fameuse d’entre elles est à l’origine de l’un des pèlerinages les plus courus du Moyen Âge et de la construction de la cathédrale Saint-Jacques de Compostelle. En effet, d’après des textes tardifs, Jacques serait parti évangéliser l’Espagne après la mort du Christ. De retour en Galilée, il fut exécuté mais ses compagnons placèrent sa dépouille dans une embarcation qui franchit la mer Méditerranée puis le Détroit de Gibraltar pour échouer enfin sur les côtes de Galice où le saint fut inhumé. Ce tombeau fut découvert au IXe siècle par un ermite guidé par une pluie d’étoiles. Le lieu de découverte du tombeau fut alors nommé Campus Stellarum (champ d’étoiles). Voilà l’origine légendaire du nom de la ville qui s’établira autour du tombeau du saint, Compostelle. Rapidement se développa autour de ce tombeau un pèlerinage qui attira et continue d’attirer des pèlerins de l’Europe entière surnommés les jacquets. Avec Rome et Jérusalem, Saint-Jacques de Compostelle était l’un des trois pèlerinages majeurs de la Chrétienté.


Marie Mayot, adjointe à la directrice

du musée du Petit Palais

Sites remarquables 1

Avignon Antique

Place de l'Horloge

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Plan de la cité gallo-romaine d’Avignon,



D’après les découvertes archéologiques faites dans la ville Plan réalisé par Dominique Carru (Le Rhône à Avignon. Données archéologiques dans Gallia, Tome 56, 1999, p. 109-120).

Il semblerait que ce soit durant la période celte que la ville adopte son nom d’Avenio, qui pourrait venir de la langue ligure.

Grace aux fouilles archéologiques et les sources historiques, il est possible de dire qu’Avignon devait être une ville d’importance comparable à ses voisines comme Arles ou Nîmes.

Les textes latins nous indiquent que la ville était la capitale du peuple des Cavares. Cet oppidum contrôlait la moyenne vallée du Rhône à la confluence avec la Durance. Marcien d’Héraclée (IVe – Ve siècle de notre ère) cite Avignon d’après un texte d’Artémidore d’Ephèse de la fin du IVe siècle avant J.-C. A cette époque, la ville dépend de Marseille avec laquelle elle fait du commerce. Des monnaies, drachmes et oboles, ont été retrouvées, imitant le monnayage de Massalia. D’après Pomponius Mela, Avignon est une des cités les plus opulentes de la province de Narbonnaise au Ier siècle après J.-C. Ce n’est pourtant qu’au IIe siècle après J.-C. qu’Avignon obtient le statut de colonie romaine par l’empereur Hadrien.


Bibliographie sommaire :

GIRARD Joseph : Evocation du Vieil Avignon, Les Editions de Minuit, 1958, 444 p.

COLLECTIF : Histoire d’Avignon, Edisud, 1979, 730 p.

CARRU Dominique, TALLAH Linda : Vaucluse – Avignon, Carpentras, Cavaillon, 84-4, Carte archéologique de la Gaule, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2015, 474 p.

Musée Lapidaire


☆ Devinette 4

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

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Statuette d’hippopotame,


Albâtre,

Ancien Empire,

Vè Dynastie ( ? ),

Achat de la Fondation Calvet,

Musée Lapidaire,

inv. A 48.


Cliché J.L. Maby

"On m’appelle le cochon du fleuve ou le cheval du fleuve et le crocodile incarne mon ennemi héréditaire."

Qui suis- je ?

Réponse : L’hippopotame.

Cette statuette d’albâtre, remarquable par la stylisation et l’expressivité de ses formes, apparaît comme la pièce la plus ancienne de la section égyptienne du musée Calvet. Elle date de l’Ancien Empire, peut- être de la Vè Dynastie. Cette œuvre possédait sans doute une valeur votive et commémore le sacrifice du pachyderme accompli par Pharaon. De fait, à l’instar de l’oryx, de l’âne, animaux à poil roux connotés négativement, l’hippopotame matérialisait les forces du chaos et du désordre dont la destruction, souligne Isabelle Franco, étaient agréable aux dieux.

A Edfou, dans le temple consacré au dieu Horus, un relief ornant le couloir à ciel ouvert, montre Pharaon, harponnant un crocodile. Ce type de scène souligne une des facettes fondamentales du pouvoir royal. Monarque de droit divin, Pharaon doit s’employer sans relâche à faire reculer les limites du chaos- Béance en grec- qu’il s’agisse de créatures animales maléfiques et/ ou néfastes ou de peuples barbares menaçant la stabilité du royaume pharaonique.



Odile Cavalier,

Conservateur en chef du musée Lapidaire

et du musée Calvet.

Who's who ? # 5


du Petit Palais

Et si nous mettions à profit le temps de cette pause inédite pour partir à la rencontre des éminents personnages qui peuplent les peintures et sculptures du musée du Petit Palais ? C'est ce que nous vous proposons avec cette série

« Who's who ? du Petit Palais ».

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Saint Pierre


Cecco di Pietro.

MI 399,

dépôt du musée du Louvre


Crédit : RMN Grand Palais - René-Gabriel Ojéda



Nom de naissance : Simon

Nom d'usage donné par le Christ : Pierre

Signes distinctifs :

Des clés : ce sont les clés du Paradis. Elles rappellent que Jésus avant sa crucifixion dit à Pierre « Je te donnerai les clés du Royaume des cieux ».

Forte stature, chevelure abondante et barbe évoquent l'idée de solidité liée au prénom Pierre

Signe bonus :

Le coq. La veille de son arrestation, Jésus annonça à Pierre qu'avant le prochain chant du coq, c'est-à-dire avant le lendemain matin, celui-ci l'aurait renié par trois fois. Et par trois fois au cours des heures précédant son arrestation, Pierre le renia.

Simon était un simple pêcheur des bords du lac de Tibériade en Galilée lorsqu'il rencontra Jésus. Il devint alors un de ses disciples et pris rapidement une place prééminente au sein des plus proches compagnons de Jésus, les apôtres. Selon la tradition c'est Jésus qui le surnomme Pierre, peut-être en vertu de certaines des qualités dont il fait preuve, en particulier la solidité. Et c'est Pierre que Jésus choisit parmi les douze apôtres pour créer son Eglise : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise ». Et en effet, après la mort du Christ, Pierre devient l'un des dirigeants d'une des premières communautés chrétiennes.

La tradition catholique fit de Pierre le premier évêque de Rome et l'église catholique revendiqua cette succession prestigieuse pour affirmer sa primauté sur les autres églises chrétiennes. Même si les récits relatant la crucifixion de Pierre, tête tournée vers le sol, à Rome pendant les persécutions ordonnées par Néron en 64 sont tardifs, il semble que Pierre ait bien trouvé la mort à Rome. La basilique Saint-Pierre, cœur du monde catholique, est ainsi construite sur l'emplacement présumé du tombeau du saint apôtre.


Marie Mayot, adjointe à la directrice

du musée du Petit Palais

# 5 Qui suis-je ?


du musée Lapidaire

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

« Je suis le rival du lion par ma force et moi, j’incarne le héros par excellence »


Qui sommes- nous ? Le taureau et Héraclès »

Dans la pensée grecque, le taureau représente l’adversaire traditionnel du lion en raison de sa force et sa sauvagerie. « Dompteur de taureaux » est une épithète fréquemment accolée à cet animal. De son côté, Héraclès, fils de Zeus et d’Alcmène, poursuivi dès sa naissance par la haine d’Héra, l’épouse légitime du roi des dieux, incarne le plus grand des héros grecs par sa bravoure, son énergie, sa persévérance, sa capacité à triompher de l’adversité en dépit des coups du sort.

Anthologie Palatine, Livre VI, Epigrammes votives, n° 114, D’ Antipater de Sidon :

« Ce taureau qui, naguère, mugissait sur les cimes de l’Orbélos, ce monstre qui dévorait la Macédoine, c’est Philippe qui l’a tué en le frappant au front d’un coup de son épieu de chasse ; et il t’a consacré, Héraclès, avec sa puissante dépouille, les cornes qui armaient sa tête invincible. Il est bien de ta race : il lui convenait d’imiter les travaux de son aïeul, en tuant comme toi un taureau ».

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Cratère en calice à figures rouges,

Attique,

attribué à l’atelier de Kléophon,

vers 420 av. J.C. ,

Legs Henri Metzger à la Fondation Calvet,

Avignon, Musée Lapidaire,

inv. 2005.2.

Who's who ? # 4


du Petit Palais

Et si nous mettions à profit le temps de cette pause inédite pour partir à la rencontre des éminents personnages qui peuplent les peintures et sculptures du musée du Petit Palais ? C'est ce que nous vous proposons avec cette série

« Who's who ? du Petit Palais ».

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L'Ange de l'Annonciation


Gherardo Starnina.

Cl 865b, dépôt du Musée de Cluny,

Musée National du Moyen Âge

Avignon, musée du Petit Palais


Crédit : RMN Grand Palais - René-Gabriel Ojéda



Nom : Gabriel

Signes distinctifs :

• Comme Michel (voir Who's who #3), il est d'une blondeur angélique.

• Personnage central de la scène de l'Annonciation, il tient alors le plus souvent dans ses mains une fleur de lys (symbole de pureté)

A l'instar de Raphaël et Michel, Gabriel est un archange, spécialisé, pourrait-on dire, dans les annonces ou les révélations. Son iconographie ne présente pas de spécificité remarquable, la fleur de lys qu'il tient fréquemment dans ses mains est en effet un symbole associé à la pureté de la Vierge. On peut cependant facilement l'identifier car le nombre de scènes auxquelles il participe est réduit ; la plus fréquente étant l'annonce qu'il fait à Marie de la naissance du fils de Dieu qu'elle portera en son sein, l'Annonciation. Cette scène est souvent accompagnée des paroles qu'il prononce alors « Ave Maria gratia plena » (Je vous salue Marie pleine de grâce) figurées sur un phylactère ou sur son auréole comme on peut le voir au musée du Petit Palais sur un tableau attribué à Bartolomeo Caporali.

On l'a vu, dans les scènes d'Annonciation, Gabriel présente à Marie le plus souvent une fleur de lys. Pourtant, le peintre siennois Sano di Pietro, dans un tableau conservé au musée du Petit Palais, représente Gabriel portant une branche d'olivier. Une iconographie originale qui renvoie à la lutte politique entre les deux grandes cités toscanes, Sienne et Florence : plutôt que de mettre à l'honneur le lys, qui est aussi l'emblème de Florence, Sano di Pietro l'a remplacé dans sa peinture par l'olivier, symbole de paix et de bénédiction.

En attendant la réouverture du musée, vous pouvez découvrir les œuvres mentionnées dans ce texte (et bien d'autres) sur le site du musée du Petit Palais : www.petit-palais.org.


Marie Mayot, adjointe à la directrice

du musée du Petit Palais

# 4 Qui suis-je ?


du musée Lapidaire

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

Je sème la terreur parmi les hommes et les bêtes et dans les vastes territoires de l’empire russe, mon nom est synonyme de désolation. Je suis un beau et jeune page qui a succombé à la séduction de l’épouse d’un aristocrate polonais. Pour châtiment, ici, je suis attaché, nu, sur le dos d’un cheval blanc.


Qui sommes- nous ?

Le loup et Mazeppa, héros d’un long poème homonyme de Byron, publié en 1819. A la fin du poème, après avoir parcouru les steppes de toute l’Europe de l’Est, Mazeppa survit à ses épreuves ».

Les tableaux. On voit ici deux versions du même tableau : Horace VERNET ( 1789- 1863), « Mazeppa et les loups », 1826, achat de la Fondation Calvet et à côté, une seconde version, réalisée par l’artiste pour remplacer la première, accidentel-lement déchirée dans son atelier par un coup de fleuret, et acquise également par la Fondation Calvet.

Je me propose dans un texte plus développé sur la Galerie Vernet de préciser l’importance du thème du tableau pour les Romantiques, sa signification profonde.

Isabelle Julia (monographie sur Horace Vernet) rappelle que le thème du poème de Byron « symbolise pour les Romantiques les emportements du poète, entraîné par l’inspiration. Cette course infernale débouche sur la liberté et conduit le héros vers les régions du génie. La vie supérieure est conquise par celui qui a traversé l’épreuve de la mort affrontée ».

« L’aigle abat le faucon et le faucon les oies et les brochets ont peur du crocodile. Le tigre effraie le loup, le chat croque le rat ; bref, plus, peut force que faiblesse ».

Alexandre Pouchkine,

Poésies, « Force et faiblesse »

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Le Loup et Mazeppa

du musée Calvet


Who's who ? # 3


du Petit Palais

Et si nous mettions à profit le temps de cette pause inédite pour partir à la rencontre des éminents personnages qui peuplent les peintures et sculptures du musée du Petit Palais ? C'est ce que nous vous proposons avec cette série

« Who's who ? du Petit Palais ».

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Saint Michel terrassant le dragon


Josse Lieferinxe.

Inv 22648,

Dépôt de la Fondation Calvet

Avignon, musée du Petit Palais.


Crédit : RMN Grand Palais - René-Gabriel Ojéda



Nom : Michel

Signes distinctifs :

• Blondeur angélique, évidemment

• Il est le plus souvent représenté portant une armure car il dirige les légions célestes dans le combat contre Lucifer et les anges déchus à la fin des temps

• On trouve également fréquemment à ses pieds, terrassé, un dragon ou une créature monstrueuse évoquant Satan

Signe bonus :

La balance qu'il utilise au moment du Jugement dernier.

Saviez-vous qu'il existait plusieurs catégories d'anges ? Séraphins, chérubins, trônes, dominations, vertus, puissances, anges, archanges : chacun de ces noms renvoie à un type d'êtres célestes pourvus d'ailes. Au Moyen Âge, les théologiens, c'est-à-dire ceux qui étudient et commentent les textes sacrés, établirent une hiérarchie céleste dont les archanges, Michel, Gabriel et Raphaël, occupent le sommet. En effet, ils sont les intermédiaires de Dieu auprès des hommes.

Michel, également considéré comme un saint, est très vénéré : de nombreuses églises lui sont dédiées et de nombreuses corporations se sont placées sous son patronage.

Parmi les nombreuses représentations de saint Michel, deux types de scènes se détachent. Saint Michel peut être représenté comme le héros de la lutte contre les forces du mal : seul ou accompagné d'autres anges guerriers, il mène un combat victorieux contre Satan. Mais saint Michel joue également un rôle important au moment du Jugement dernier : c'est lui qui est chargé de peser les âmes afin de déterminer qui ira au Paradis et qui ira en Enfer. Il accompagne ensuite les heureux élus aux portes du Paradis : on dit alors de lui qu'il est psychopompe, c'est-à-dire qu'il guide les âmes des morts.


Marie Mayot, adjointe à la directrice

du musée du Petit Palais

# 3 Qui suis-je ?


du musée Lapidaire

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

" Je suis toute petite. Les enfants grecs me pourchassent comme ici Erôs, le dieu enfant, qui bondit vers moi, les deux bras tendus. Petits et grands me gardent dans des cages d’osier car mon chant est jugé très harmonieux.


Deuxième indice : Je suis aussi crainte pour ma voracité, détruisant les récoltes. Ici, ma taille est disproportionnée et je suis perchée sur un épi de blé.


Qui suis- je ? La sauterelle."

On pourrait mettre en exergue une épigramme (épitaphe versifiée) de l’Anthologie Palatine :

« Sauterelle, toi qui trompes mes regrets et apaises mon sommeil, muse au vol mélodieux, imitation naturelle de la lyre, dis- moi quelque chant aimé, en frappant de tes ailes tes pattes sonores ».

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Relief avec Eros

pourchassant une sauterelle

Œuvre gréco- romaine,

Fin de l’époque hellénistique,

Collection Nani di San Trovaso.

Achat de la Fondation Calvet, 1841,

Avignon, Musée Lapidaire,

inv. E 30.

Who's who ? # 2


du Petit Palais

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Saint Jean-Baptiste

et sainte Madeleine


Angelo Puccinelli (connu à Sienne et à Lucques de 1380 à 1407).

Inv 22809, dépôt de la Fondation Calvet

Avignon, musée du Petit Palais.


Crédit : RMN Grand Palais - René-Gabriel Ojéda



Nom : Marie de Magdala

Surnom : Marie-Madeleine

Signes distinctifs :

• Opulente chevelure le plus souvent dénouée (qui évoque tant le mode de vie léger qui était le sien avant qu'elle ne devienne la disciple du Christ que l'épisode où elle essuya les pieds du Christ avec ses cheveux)

• Vêtements luxueux (qui évoquent sa richesse et le soutien qu'elle apporta à Jésus), souvent de couleur rouge.

Signe bonus :

Vase à parfum (dont elle oint les pieds du Christ après les avoir essuyés avec ses cheveux).

Principale figure féminine présente aux côtés du Christ avec la Vierge Marie, Marie-Madeleine reste aujourd'hui un personnage mystérieux, à la réputation sulfureuse, qui a suscité de nombreuses légendes.

Parmi les légendes qui résonnent encore aujourd'hui, on peut citer celle qui fait de Madeleine l'épouse du Christ et la mère de ses enfants. C'est sur cette théorie, sans fondement historique mais néanmoins très vivace, que Dan Brown s'appuya pour écrire son roman à succès, Da Vinci Code.

Une autre tradition bien connue car issue de notre terre de Provence et reprise par le chroniqueur de la vie des saints Jacques de Voragine dans sa Légende dorée écrite entre 1261 et 1266, indique que Marie-Madeleine débarqua aux Saintes-Maries de la Mer en compagnie de Marie Salomé et Marie Jacobé et qu'après voir évangélisé la Provence, elle se retira dans une grotte dans le massif de la Sainte-Baume où elle termina ses jours.



Marie Mayot, adjointe à la directrice

du musée du Petit Palais

# 2 Qui suis-je ?


du musée Lapidaire

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

Sur la face principale : le défunt, un cavalier, en compagnie de ses parents à l’intérieur d’un naïskos ( monument funéraire imitant la façade principale d’un temple ).


Devinette : je suis le plus gracieux des volatiles et, pourtant, dans mon enfance on se moquait de moi et on me maltraitait.


Deuxième indice : La maîtresse que j’accompagne dans ses pérégrinations dans la sphère céleste est la plus belle des déesses. Elle est la déesse de l’amour, de la fécondité sous toutes ses formes. En Italie du sud, les colons grecs l’invoquent sous le nom de Mélainis, « la Noire », épithète cultuelle la désignant comme la divinité qui règne sur le royaume d’Hadès et protège les défunts.


Qui sommes- nous ? Le cygne et la déesse Aphrodite

En exergue : un passage du conte d’Andersen sur Le vilain petit canard, un trésor de la littérature pour petits et grands .

" Le cygne…. songeait à la manière dont il avait été persécuté et insulté et voilà qu’il les entendait tous dire qu’il était le plus beau de tous les beaux oiseaux ! Alors, ses plumes se gonflèrent, son cou élancé se dressa et il s’écria de tout son cœur : Je ne rêvais pas de tant de bonheur quand j’étais le vilain petit canard ".

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Cratère à volutes à figures rouges

Apulie ( Italie méridionale ),

vers 320 av.J.C.,

Achat de la Ville, 1998,

inv. 998. 4.

Who's who ? # 1


du Petit Palais

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« Who's who ? du Petit Palais ».

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Saint Jean-Baptiste

avec un donateur,


Giovanni Angelo d'Antonio.

Inv 20183, dépôt du musée du Louvre

Avignon, musée du Petit Palais


Crédit : RMN Grand Palais - René-Gabriel Ojéda



Nom : Jean

Surnom : le Baptiste

Signes distinctifs :

• Porte une barbe et une peau de bête (en effet, il vécut longtemps en ermite dans le désert)

• Est souvent représenté très maigre (dans le désert, la légende raconte qu'il se nourrissait uniquement d'insectes et de miel)

• Tient une banderole sur laquelle est inscrit Ecce Agnus Dei, Voici l'agneau de Dieu (car ce sont les paroles qu'il a prononcées quand il reconnut en son cousin, Jésus, le fils de Dieu).

Signe bonus :

Une petit bulle renfermant l'image d'un agneau (voir ci-dessous)

Fils de la cousine de Marie, Elisabeth, Jean le Baptiste ou Jean-Baptiste est considéré comme le dernier des prophètes. Il pratiquait le baptême comme acte de purification dans les eaux du fleuve Jourdain ce qui lui valut son épithète. C'est là qu'il refusa de baptiser son cousin Jésus, venu le trouver, car il reconnut en lui le Messie dont il annonçait la venue.

Arrêté par Hérode Antipas qui craignait que Jean-Baptiste n'usa de son influence pour soulever le peuple contre lui, il fut exécuté vers 28-29 ap. J.-C.

Les récits bibliques nous content une fin plus romanesque. A l'occasion d'un banquet, séduit par la danse offerte aux convives par la fille de sa nouvelle femme, Herodiade, Hérode lui promit de lui offrir tout ce qu'elle voudrait. Celle-ci, guidée par la rancoeur de sa mère contre le Baptiste qui dénonçait son mariage, demanda la tête du prophète, qui lui fut apportée sur un plateau. Bien que les Evangiles ne mentionnent pas le nom de la jeune fille, la tradition a retenu celui de Salomé.


Marie Mayot, adjointe à la directrice

du musée du Petit Palais

Musée Calvet


~ Spiritualités 3

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

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Sainte Barbe,

Ippolito Scarcella dit Scarcellino


(Ferrare, 1550 ou 1551 – Ferrare, 1620 ),

huile sur toile, vers 1570- 1580.

Dépôt du Musée du Louvre, 1872 ,

Musée Calvet

inv. D. 872.12.



Le tableau est précoce dans l’œuvre de ce peintre ferrarais prolifique. Le traitement du paysage, du ciel surtout, évoque l’influence des œuvres de deux maîtres de la peinture vénitienne, le dernier Titien et Le Tintoret.

" Mon plumage est somptueux et se renouvèle au printemps. Je suis le symbole de la résurrection. Mon attribut est une tour et je protège de la foudre."

Qui sommes- nous ?

Le paon, symbole de renaissance, de renouveau dans la pensée antique devient celui de la Résurrection pour les premiers chrétiens. Barbe était une jeune fille originaire de Bithynie, une province orientale de l’empire romain. Comme elle refusait le mariage, son père la fit enfermer dans une tour à deux fenêtres mais après son baptême, elle en perça une troisième en signe de son adoration de la Trinité. Elle subit le martyre. Son père reçut l’ordre de la décapiter de sa propre main mais à l’instant fatidique, il fut frappé par le feu du ciel. Sur le tableau du musée Calvet, la sainte élève une plume de paon d’une main et une tour de l’autre. Barbe passait pour protéger de la foudre. A ce titre, elle était la patronne des artilleurs, canonniers, des mineurs également.

Odile CAVALIER,

Conservateur en chef du musée Lapidaire

et du musée Calvet

Musée Lapidaire


☆ Devinette 3

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

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Stèle de Doryphoros,


Syrie du nord,

Epoque impériale,

IIè-III è siècles ap.J.C. ,

Achat de la Fondation Calvet, 2000,

Avignon, Musée Lapidaire,

inv. 2000.7

" On me déroule pour me lire. Mon nom signifie : Qui porte une lance."

Qui sommes-nous ?

Le uolumen (rouleau de papyrus) et le substantif utilisé ici comme nom, Doryphoros, porte-lance, en grec.

La stèle représente en buste, un jeune homme debout, de face, aux grands yeux interrogateurs, vêtu d’une tunique (chiton) et d’un manteau (himation).

De la main gauche, il exhibe un uolumen (rouleau de papyrus), accessoire qui le désigne comme un lettré et met l’accent sur sa condition sociale relevée. L’usage de ce matériau pour les travaux d’écriture et de lecture supplanta peu à peu la tablette de terre cuite (pinax).

L’exécution du relief, très soignée, et l’iconographie sont caractéristiques de la Grèce d’Orient, plus particulièrement, la Syrie du nord entre Séleucie sur l’Euphrate et Hiérapolis. L’inscription se lit ainsi : « Doryphoros, mort prématuré ». L’aspect juvénile de la physionomie donne à penser que le défunt a été ravi à l’affection des siens dans sa jeunesse.

Odile Cavalier,

Conservateur en chef du musée Lapidaire

et du musée Calvet.

Musée Lapidaire


☆ Devinette 2

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

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" Je suis confectionné dans du bois et cerclé de fer. Les Gaulois m’ont inventé. J’ai détrôné l’amphore grecque."


Qui suis- je ?

Réponse : le tonneau.

A l’époque impériale, pour le stockage et le transport de vin, le tonneau a concurrencé puis remplacé l’amphore grecque et romaine.

Musée Lapidaire


Devinette Mythes et Légendes

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

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Autel consacré par Anthès à Pan et à Apollon,


Marbre,

Grèce,

Attique, II-Ier siècles av. J.C.,

Achat de la Fondation Calvet, 1989,

Musée Lapidaire

inv. 24 200 ,


cliché Musée Calvet, André Guerrand

"On m’appelle Nymphagète, « conducteur des Muses », mon attribut est une cithare et moi, « Chèvre- Pieds » . Le mien est une syrinx."

Qui sommes-nous ?

« Deux divinités, Apollon et Pan. Grand dieu pastoral, oraculaire (en rapport avec la divination), Apollon règne sur la mousikè, la culture poétique et musicale. La cithare désigne un instrument musical à cordes. Pan, mi-homme, mi-animal, affectionne les grottes, les espaces agrestes. Il est l’inventeur de la syrinx, dite flûte de Pan au son de laquelle il accompagne les rondes des Nymphes, ses compagnes. Sur l’autel du Musée Lapidaire, Pan n’occupe pas comme à l’accoutumé une position subalterne mais apparaît l’égal d’Apollon ».

Autel consacré par Anthès à Pan et à Apollon à l’intérieur d’une grotte. A gauche, Apollon élève une cithare. A droite, Pan tient le lagôbolon (houlette de berger et arme de jet) d’une main et accomplit de l’autre une libation sur un pilier hermaïque (terminé par une tête du dieu Hermès).

Anthologie Palatine, livre VI, Epigrammes votives, n° 79, d’Agathias le Scholastique

« Ce domaine qui n’est plus ensemencé, il t’a été consacré, Pan, dieu des collines, par le laboureur Stratonicos pour te remercier de tes bienfaits. Goûte la joie d’y faire paître tes troupeaux, t’a- t-‘il dit et regarde comme tienne cette terre que le soc ne fendra plus .Tu y trouveras les séjour propice à tes vœux ; car Echo ( une Nymphe ) s’y plait aussi et elle consentira à y consommer votre union ».


Odile Cavalier,

Conservateur en chef du musée Lapidaire

et du musée Calvet.

Musée Lapidaire


~ Spiritualités 2

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

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Table d’autel en marbre,


Provenance, Vaugines (Vaucluse).

Legs Deydier à la Fondation Calvet, 1919,

Antiquité tardive,

VIè- VII è siècle ap. J.C. ,

Avignon, Musée Lapidaire,

inv. 16 274

" Mes plumes sont blanches et mon cri très doux. Je suis un symbole de pureté, de paix. Nous sommes ici douze."

Qui sommes - nous ?

Réponse : La colombe et les Apôtres.

Sur l’autel du Musée Lapidaire, en forme de table, (mensa), la tranche est décorée de douze colombes, se dirigeant vers le chrisme : un monogramme, composé des deux premières lettres du nom de Jésus -Christ, en grec, Ièsous Christos. Les colombes symbolisent ici les compagnons de Jésus, les douze Apôtres mais ces oiseaux peuvent également désigner l’âme des martyrs. Sur le revers de l’autel, la tranche offre un décor végétal de rinceaux, symbole de renouveau.

Odile CAVALIER,

Conservateur en chef du musée Lapidaire

et du musée Calvet

Musée Lapidaire


☆ Devinette 1

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

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" Je vis la nuit, j'ai de grands yeux ronds et mon cri, très doux. La déesse dont je suis l'attribut protège la cité d'Athènes. Elle est sortie toute armée du crâne de son divin père. J'ai donné mon nom à un vase à boire."

Qui sommes- nous ?

La chouette, la déesse Athéna et le glaux, nom de la chouette en grec qui désigne un type particulier de skyphos (vase à boire) utilisé durant le banquet.

Musée Calvet


~ Spiritualités 1

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

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Poème de LI HE (779- 843),

Vingt- trois poèmes sur les chevaux. XIX

« Au temple Xiao l’on porte des soûtras / Des pays d’Inde on est originaire/ De noble aspect- nous ne l’ignorons pas/ On ne court pas la rue à la Tour- Claire »

C’est un cheval blanc qui apporta en Chine les premiers soûtras indiens. L’empereur Wu qui régna de 502 à 549, Xiao de son nom de famille (xing) fonda de nombreux monastères ou temples qui portèrent ce nom.

La Tour- Claire était une maison de courtisanes de Chang- an. Le cheval qui prend la parole dans le poème, pieux bouddhiste, est une allégorie du poète (Traduction et notes de Paul Jacob dans « Poèmes bouddhistes des Tang » Paris , 1987).

Quelle spiritualité le poète célèbre t’-il ?


Réponse : le bouddhisme.


Odile CAVALIER,

Conservateur en chef du musée Lapidaire

et du musée Calvet

# 1 Qui suis-je ?


du musée Lapidaire

Une œuvre, une devinette, un commentaire proposé par le conservateur

" Nous sommes frères jumeaux, cavaliers émérites. Sur cette terre, nous protégeons les voyageurs, les marins mais assurons également la stabilité du foyer."

Dans l’au- delà, nous sommes les « douaniers » du ciel . Notre sœur, née comme nous d’un œuf, est réputée pour sa très grande beauté.

Qui sommes- nous ?

Les Dioscures, Castor et Pollux, de grands héros grecs et leur sœur Hélène. Pollux et Hélène sont nés des amours de Zeus, le plus grand des dieux qui revêtit pour séduire Léda la forme d’un cygne. Castor est le fils de Léda et de son époux, Tyndare."

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Relief votif consacré aux Dioscures (Castor et Pollux)

Grèce, Péloponèse,

Époque impériale,

Achat de la Fondation Calvet, 1841.

inv. E 29